Chers amis, une passionnante réflexion du philosophe Jacob Rogozinski sur notre situation au temps du Covid-19. Il y élabore entre autres, pour nous éclairer, et en dialogue avec la psychanalyse, les questions de la chair (problème dont il a largement traité (1)), de l’auto-immunitė (avec Derrida) et du Moi-plaisir purifié (avec Freud):

« J’essaye de réfléchir sur les transformations que l’épidémie provoque dans la rencontre des autres, marquée -même après la fin du confinement- par l’ambivalence du hostis, de l’hôte que je pourrais accueillir et qui est aussi vécu comme hostile dans la mesure où il porte la menace de la contagion. Il me semble que cela entraîne une expérience de la réversibilité, à la fois éthique, politique et peut-être ontologique, qui prend à revers nos certitudes immédiates et nos fantasmes les plus originaires. En effet, ce n’est plus seulement l’autre, l’étranger, qui m’apparaît comme une menace, mais moi-même qui devient une menace pour l’autre et aussi pour moi-même, à travers la dimension auto-immunitaire de cette maladie. Ce qui nous amène à nous interroger sur le fantasme du « corps sans organes », sur l’échec des défenses qu’une souveraineté menacée érige contre son dehors et sur la possibilité de micro-frontières « intelligentes » qui ne se fonderaient plus seulement sur un fantasme. »

(1): voir particulièrement son livre « Le Moi et la chair », Cerf, 2006.

Chères amies, chers amis, le sixième volet du « Journal du confinement » des psychanalystes de la FEDEPSY a été mis en ligne.

Il y est question du déconfinement, du covid-19, du confinement, de la psychanalyse dans notre situation actuelle, mais aussi de poésie, d’art, de littérature, de sciences humaines, de philosophie…

Textes (ou oeuvres) de : Jean-Richard Freymann, Guillaume Riedlin, Jean-Louis-Doucet-Carrière, Claudine Hunault, Matthieu Dollfus, Marie-Noëlle Wucher, Liliane, Sophie Néhama, Francis, Aléna, Médée.

Chères amies, chers amis, le cinquième volet du « Journal du confinement » des psychanalystes de la FEDEPSY a été mis en ligne.

Il y est question du confinement, du covid-19, du déconfinement, de la psychanalyse dans notre situation actuelle, mais aussi de poésie, d’art , de littérature, de sciences humaines, de philosophie…

Textes (ou oeuvres) de : Jean-Richard Freymann, Cyrielle Weisgerber, Julie Rolling, Jean-Georges Rohmer, Alain Casse, Martin Roth, Pauline Wagner, Marc Lévy, Marie-Noëlle Wucher, Sophie Néhama, Aléna, Lisa, Marie-Odile Biry-Fétique, Médée.

Chères amies, chers amis, les troisième et quatrième volets du « Journal du confinement » des psychanalystes de la FEDEPSY ont été mis en ligne.

Il y est question du confinement, du covid-19, du déconfinement, de la psychanalyse dans notre situation actuelle, mais aussi de poésie, d’art , de littérature, de sciences humaines, de philosophie…

Textes (ou oeuvres) de : Jean-Richard Freymann, Cyrielle Weisgerber, Guillaume Riedlin, Martin Roth, Myriam Riegert, Jennifer Griffith, Yves Dechristé, Marie-France Schaefer, Marie-Noëlle Wucher, Matthieu Dollfus, Sophie Néhama, Médée, Marie-Paule Arpin-Bott, Marie-Odile Biry-Fétique, et moi-même.

Pour ma part, dans un texte du troisième volet du Journal du confinement, je vous présente le séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » que je coanime avec Yves Dechristé (début octobre 2020), ainsi que mes pistes de travail, sur Freud, sur Aby Warburg, sur Hamlet ou encore, sur la relation entre psychanalyse et philosophie.

« Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses,

le jour est paresseux mais la nuit est active »

(Paul Éluard, Notre mouvement, dans Le dur désir de durer)

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«« Ca marchera mieux quand vous allez commencer

à accepter que vos patients vous déforment un peu.

Jusqu’où ? Comment ? Je ne sais pas. »

J’erre (plus ou moins dupe !). Errons mes amis, errons ! »

(Thierry Vincent, Que diable !)

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Chères amies, chers amis, ici un lien vers la suite du « Journal du confinement » sur le site de la FEDEPSY (Fédération Européenne de Psychanalyse), avec diverses contributions psychanalytiques concernant le confinement et la pandémie, concernant la psychanalyse au temps du confinement et Amour et transfert de Jean-Richard Freymann (1), mais aussi avec des élaborations sur le mythe (pour le prochain Congrès de la FEDEPSY qui portera sur le mythe et le traumatisme), sur l’oeuvre de Lou Andreas-Salomé, ou sur la parrêsia chère à Michel Foucault. Vous y trouverez aussi des échappées littéraires (avec Shakespeare, Kadaré, Barthes, Hugo, Eluard) et poétiques.

Textes de: Jean-Richard Freymann, Thierry Vincent, Guillaume Riedlin, Martin Roth, Cyrielle Weisgerber, Guillaume Riedlin, Sophie Néhama, Jennifer Griffith, Myriam Riegert, Jean-Louis Doucet-Carrière, Alain Schaefer, Pierre-Edouard Blondel.

Bonne lecture !

NOTE:

(1): https://dimitrilorrain.org/2020/04/02/a-noter-la-sortie-du-dernier-ouvrage-de-j-r-freymann-amour-et-transfert/

Quelques poèmes

Chères amies, chers amis, ici le lien vers la page que j’ai créée hier, comprenant quelques poèmes de mon cru, afin qu’il y ait quelques poèmes à lire sur le blog. Bonne lecture !

https://dimitrilorrain.org/quelques-poemes/

Une suggestion de lecture : le journal tenu par mon ami Benjamin Lévy, du 17 mars au 2 avril 2020 :

https://benjaminlevy.wordpress.com/journal-depsydemie/

Voici un texte s’interrogeant sérieusement sur ce qui nous arrive en ce moment – dans toute son énigme et tout son tragique. Un texte élaborant le fait que « le réel, c’est quand on se cogne » (Jacques Lacan).

Aussi parce que je suis sans doute troublé face à cette question du « que nous arrive-t-il en ce moment? », il m’est difficile de présenter en quelques mots cette réflexion très associative, partant de la subjectivité de son auteur pour essayer d’envisager les conséquences psychiques, sociales, culturelles et politiques de la situation actuelle, non sans faire un détour par la philosophie ou les auteurs antiques.

Sachant que comme toujours, nous en saurons (seulement un peu) plus dans l’après-coup…

Qu’il me suffise de dire que ce journal est à la fois juste et lucide, décemment tragique et méditatif – ludique aussi, malgré tout – et évoquant, bien sûr, la psychanalyse… pour se conclure sur la poésie – et pas la moindre, celle de Celan:

https://benjaminlevy.wordpress.com/7-avril-retraduire-celan/

Oui, je vous invite à lire le souffle de Paul Celan dans la traduction de Benjamin Lévy (voir le lien donné précédemment), ainsi que la belle réflexion de ce dernier sur les diverses traductions de Corona – évoquant d’ailleurs l’oeuvre fort passionnante du psychanalyste anglais Wilfred Bion.

Une citation du texte de Benjamin, élaborant la question de la parenté entre poésie et psychanalyse:

« D’un autre point de vue, il me semble que ce sang, rayon de Lune, constitue le centre du poème, son noyau à interpréter.

Voici plusieurs années, j’ai contribué à traduire un ouvrage de James Grotstein consacré à Wilfred Bion avec les membres d’un groupe de travail que je salue ici.

L’ouvrage s’intitulait : Un rayon d’intense obscurité.
    
Au cœur de chaque séance analytique reposerait un point d’obscurité intense, le lieu d’exercice du transfert, diront certains.

L’exercice analytique, selon cette approche, consisterait à déplier ce que l’excès de lumière a obscurci. »

Parce que j’ai fait partie des personnes auxquelles il l’envoyait par morceaux, tous les 2 jours, j’ai eu la chance de lire ce journal au fur et à mesure. Et j’aimerais ici témoigner du fait que lecture, le plus souvent le soir (ou la nuit, lors des moments où mon sommeil, comment dire, se reposait…), m’a prodigué une énigmatique résonance qui sans doute m’a aidé à me positionner dans notre étrange situation étrange – où, pour ma part, je suis extrêmement protégé… et, en disant cela, je ne peux pas ne pas avoir une pensée de vive solidarité pour les Amis et connaissances travaillant aux urgences, en EHPAD, à l’hôpital, en médecine libérale…

Bref, le texte de Benjamin Lévy m’a aidé à élaborer l’angoisse – ce qui est la fonction du psychanalyste…

Pour conclure ce billet, puisque j’ai parlé de Bion, j ‘aimerais ici juste évoquer sa proximité avec Winnicott, et surtout l’éloge par Lacan (1) de Bion, particulièrement de sa réflexion si éclairante sur le groupe (2) et sur le malaise dans la culture (3).

NOTES:

(1): La psychiatrie anglaise et la guerre » (1947), In Autres écrits, Seuil, 2001, p. 101-120.

(2): Wilfred Bion, Recherches sur les petits groupes Paris, PUF, 1965.

(3): Sigmund Freud, Le Malaise dans la culture, Das Unbehagen in der Kultur, 1930.

« Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! »
Paul Valéry,
Le cimetière marin.

Chères amies, chers amis, ici deux liens vers plusieurs textes récents qui donnent à penser le confinement, mais aussi l’engagement psychanalytique au temps du confinement – publiés sur le site de la FEDEPSY.

Dans son éditorial du 7.4.20: https://fedepsy.org/

Jean-Richard Freymann en appelle à l’engagement : « Soyez éthiques, faites offre à ceux qui vous parlent de venir « durcharbeiten » (de perlaborer), quels que soient leurs moyens. Une offre est souvent vitale quand le réel se déchaîne ! »

Plus encore, dans le « Journal du confinement »:

-Jean-Richard Freymann pose « la question actuelle des rapports entre la présence affirmée, les amours et les différents transferts »;

-Marcel Ritter réfléchit de manière fort subtile sur les formes que prennent l’attention et le regard, l’écoute et la parole dans la situation analytique liée au confinement;

-Cyrielle Weisgerber élabore, en nous rendant de manière personnelle et sensible son expérience clinique, les enjeux nouveaux liés au confinement.

A noter aussi, sur cette même page: un dialogue sur le bel ouvrage « Amour et transfert » (où J.-R.. Freymann nous propose une ouverture, justement, sur les questions de l’amour et du transfert):

-Marcel Ritter y revient, avec toute la finesse de son art de la lecture, (1) sur la différence entre le transfert selon Freud et le transfert selon Lacan (2): il nous rappelle ainsi comment Lacan a tranché le « noeud gordien » (3) concernant les problèmes du narcissisme et du symbolique;

-Martin Roth, de manière inventive et poétique (et méditant les écrivains – Shakespeare, Camus, Pirandello), nous y parle de de l’enfance, mais aussi de l’infantile dans le drame de l’analysant: « L’analysant aime son drame. Il le hait également. Il en fait vivre les personnages, les imagos parentaux, et les rejette à la fois. La discorde « aux crins de couleuvres » introduit, en passant par l’amour et son ambivalence, sa pomme ».

Bonne lecture!

NOTES:

(1): Concernant son art de la lecture, déployé avec son ami J.-M. Jadin (et d’autres), je renvoie à: Qu’est-ce que l’inconscient? ; Qu’est-ce que l’inconscient?; Ecritures de l’inconscient; La jouissance au fil de l’enseignement de Lacan: voir https://www.editions-eres.com/nos-auteurs/51045/ritter-marcel

(2): Sur cette question, on pourra aussi se référer au classique Le désir et le transfert de l’analyste de Moustapha Safouan, Seuil, 1988. Le relisant en ce moment pour le séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui », je reconstate à quel point sa lecture de Freud et de Lacan nous éclaire !

(3): Rappelons ici le séminal séminaire de Lacan: « Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse » (Livre II.), Leçon du 8 décembre 1954.

Chères amies et chers amis, cet ouvrage étant libre de droit, je suis en possibilité de le laisser en libre accès. J’y traite de la mélancolie et de l’ « utopie pluraliste » de Barthes d’ « un monde où il n’y aurait plus que des différences ». A noter que je m’appuie largement dans ce texte sur l’oeuvre de Winnicott. Aujourd’hui, je n’écrirais pas de la même manière bien des choses présentes dans ce livre. Depuis, je me suis plus solidement initié à la psychanalyse.  Bonne lecture !

Roland Barthes, la mélancolie et la vie

Dimitri Lorrain, Paris,  Lemieux éditeur, 2015,  144 p.

Auteur protéiforme, Roland Barthes (1915-1980) est l’un de ces classiques inépuisables, que notre époque lit et relit, pour se comprendre, pour ouvrir de nouvelles pistes. Dimitri Lorrain apporte un nouvel éclairage sur Barthes, qui a mené dans les années 70 une réflexion sur la modernité à la fois politique et esthétique, culturelle et existentielle, qui s’avère profondément mélancolique. Barthes a vu dans cette mélancolie pluraliste féconde le mouvement même d’une collectivité et de sujets singuliers cheminant vers une modeste mais véritable liberté. Il a aussi opposé cette mélancolie moderne à la mélancolie mauvaise fondée sur le « fantasme d’une communauté forte ». Or cette dernière se déploie de nos jours dans la société et dans bien des réflexions contemporaines pour prendre une forme autoritaire, voire populiste, idéalisant le passé patriarcal. Plus que jamais d’actualité, Barthes nous éclaire sur la tentation populiste d’extrême-droite que connaissent la France et une grande partie de l’Europe.

Préface de Marcel Ritter, avec des contributions de Guillaume Riedlin, Liliane Goldsztaub, Michel Patris 

Collection Hypothèses, chez Arcanes-érès

Repenser l’amour aujourd’hui est-ce un anachronisme ? Le rapport entre l’Amour et le Transfert reste une des questions centrales de la psychanalyse qui concerne aussi bien sa pratique que sa théorie. Sait-on que c’est par le biais du transfert analytique que résident la plupart des guérisons psychiques ? En effet, continuer à vivre c’est souvent la gageure d’un transfert dont les composantes mettent en lumière, « mehr Licht », l’inconscient et les mécanismes psychiques.

Dans ce troisième volet de son triptyque clinique – après L’inconscient pour quoi faire (érès, 2018), Les mécanismes psychiques de l’inconscient (érès, 2019) –, Jean-Richard  Freymann met en chantier les rapports entre les différentes formes de l’amour et les portées inouïes du transfert sur le plan thérapeutique et sur le plan analytique. Dans le monde contemporain, la dialectique Amour et Transfert prend de nouvelles formes singulières. Que peut-on faire aujourd’hui de la bisexualité fondamentale de l’être parlant ? Et comment comprendre chez les « psys » cet amour des formes de transfert ?

Jean-Richard Freymann est psychanalyste, psychiatre, praticien hospitalier au CHU de Strasbourg, chargé d’enseignements à l’université de Strasbourg (UDS). Il est le président de la FEDEPSY (Fédération européenne de Psychanalyse), le directeur de l’EPS (École psychanalytique de Strasbourg) ainsi que directeur scientifique des éditions Arcanes.

LIEN: https://www.editions-eres.com/ouvrage/4557/amour-et-transfert