Chères amies, chers amis,

En ce week-end, je relaie le lien vers la Lettre n°8 de la FEDEPSY de mai 2022, avec: un éditorial de Jean-Richard Freymann, un texte de Guillaume Riedlin, et les activités de la FEDEPSY.

Ce séminaire, animé par Jacob Rogozinski (Professeur de Philosophie, Univ. Strasbourg) et par Dimitri Lorrain (FEDEPSY), travaille à approfondir le dialogue entre philosophie et psychanalyse. C’est un séminaire commun au Département de philosophie de l’Université de Strasbourg et à la FEDEPSY.

S’il n’est pas en ligne, l’enregistrement d’une séance peut être transmis aux personnes le demandant.

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Programme et enregistrements 2022:

10.2.2022 : Jacob Rogozinski (Professeur de philosophie, Univ. Strasbourg): « Introduction » et Dimitri Lorrain (FEDEPSY): « La parole psychanalytique »

– 24.2.2022 : Frédérique Riedlin (psychanalyste, psychologue, FEDEPSY): « Avidités, dévoration et saturation: actualités des archaïsmes et de la pulsion »

– 10.3.2022 : Julie Rolling (pédopsychiatre, FEDEPSY): « L’enfant face aux différentes crises »

– 24.3.2022 : Guillaume Riedlin (psychanalyste, psychiatre, FEDEPSY): « En-corps, à la limite du sexuel »

– 7.4.2022 : Martin Roth (psychanalyste, psychiatre, FEDEPSY) : « Corps à corps ou l’absence de parole »

– 28.4.2022 : Philippe Choulet (philosophe): « Les formes d’évolution de la frérocité (après-coup de l’ouvrage de Jean-Richard Freymann, Frères humain qui… Essai sur la frérocité, avec introduction de Ph. Choulet, Arcanes-érès, 2003). »

Programme et enregistrements 2021:

-26.1.21 : Dimitri Lorrain (FEDEPSY) : La folie du corps et ses destins : une perspective freudo-lacanienne

http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1611651337010

-9.2.21 :   Elise Tourte (Univ. Strasbourg) : « Expérience de la folie » chez Henri Michaux

https://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1612861100246

Vous trouverez ici un texte d’Elise Tourte qui présente sa réflexion lors des 10 premières minutes de son intervention, car ces 10 minutes sont manquantes dans la vidéo:

ecc81lise-tourte-e280a2-expecc81rience-de-la-folie-chez-henri-michauxTélécharger

– 9.3.21  : Martin Roth (psychanalyste, psychiatre, FEDEPSY) : Quel insu porte le corps ? Mémoire de ce qui s’oublie

http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1615280258899

-16.3.21: Stefan Kristensen (philosophe, Univ. Strasbourg) : Vers une phénoménologie du métabolisme : l’obésité comme maladie socio-psycho-somatique

Vidéo: http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1615885212874

-30.3.21 et 6.4.21 : Jacob Rogozinski (philosophe, Univ. Strasbourg): Artaud, une méprise de Deleuze?

http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1617091137525

http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1617696064202

13.4.21: Laure Barillas (philosophe, Univ. Strasbourg): Entre Freud et Butler : mélancolie, deuil et incorporation.

Vidéo: http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1618300261280

20.4.21: Séance d’ouverture:

Vidéo: http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1618905336842

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Le thème porte sur la « folie du corps »:

Dans le Timée, Platon écrit que « l’âme devient folle chaque fois qu’elle est enchaînée à un corps mortel » (44 ab). Le corps serait donc à l’origine de la folie de l’âme. Le corps, notre corps, rend fou parce qu’il est fou, qu’il est le lieu le plus « propre » de la folie (à supposer qu’elle ait un lieu). Même s’ils ont rompu plus ou moins radicalement avec Platon, les philosophes ont continué à partager secrètement sa méfiance envers le corps et la folie qu’il génère. Ils ne nous donnent cependant que peu d’indications sur cette folie du corps. La psychanalyse peut nous permettre de mieux appréhender la folie envisagée comme une pathologie, comme une psychose. Tout en évitant de la réduire à un trouble somatique (ou à un dysfonctionnement neuronal), elle peut nous aider à repérer le rôle que joue la relation au corps dans les hallucinations et les délires. Car la découverte de Freud avait d’abord affaire au corps : c’est en cherchant à comprendre et à guérir les symptômes « corporels » des hystériques qu’il avait jeté les bases de la psychanalyse. Il s’était ainsi confronté, en deçà du corps objectif, à l’énigme d’une « anatomie fantasmatique », d’un « moi-corps » traversé de fantasmes, de mots et d’affects, et l’analyse des psychoses allait encore enrichir cette découverte. Ce sont ces élaborations freudiennes, enrichies par un siècle d’avancées théoriques et pratiques de la psychanalyse, qu’il s’agit d’examiner en faisant également appel à l’expérience de praticiens de la psychiatrie et de la psychanalyse.

Ce séminaire est associé au réseau de recherche et de dialogue international entre philosophie, psychanalyse et esthétique « Corps-Chair-Psychè » mis en place par Jacob Rogozinski et Stefan Kristensen (Université de Strasbourg) (1).

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Bibliographie non exhaustive :

– S. Freud, « Le cas Schreber », dans Cinq psychanalyses, PUF

– S. Freud, Névrose, psychose et perversion, PUF

– D. S. Schreber, Mémoires d’un névropathe, Seuil

– J. Lacan, Le Séminaire, Livre III., Les psychoses, Seuil

– J. Rogozinski, Le moi et la chair, Cerf

– J.-R. Freymann et M. Patris, Du délire au désir, Arcanes-érès

– J.-M. Jadin, La structure inconsciente de l’angoisse, Arcanes-érès

– D. Anzieu, Le moi-peau, Dunod

– G. Pankow, L’homme et sa psychose, Flammarion-Champs

– H. Maldiney, Penser l’homme et sa folie, J. Millon

– Ch. Azouri, « J’ai réussi là où le paranoïaque échoue », Arcanes-érès

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Diverses élaborations:

Elaborations sur le séminaire du 26.1 :

– Deux textes passionnants de Jacob Rogozinski sur David Nebreda et sur la relation entre phénoménologie et psychanalyse:

– échanges de mails:

secc81minaire-articulations-philosophie-psychanalyse-26-1-21-ecc81laborations-par-mails-1-1Télécharger

-Un billet du blog, sur « La structure inconsciente de l’angoisse de J.-M Jadin, fait écho à la séance du 9.2:

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Billets de blog:

Autour de ce séminaire, voici les billets du blog consacrés au dialogue entre philosophie et psychanalyse :

-Jacob Rogozinski: « Phénoménologie et psychanalyse : une rencontre différée? » (1999)

https://dimitrilorrain.org/2021/03/04/jacob-rogozinski-phenomenologie-et-psychanalyse-une-rencontre-differee-1999/

– « Moïse – Les Cahiers Philosophiques de Strasbourg n°47 »

– « Où Lacan nous invite à nous laisser enseigner par l’expérience… »

– « Amour et transfert avec Jean-Richard Freymann et Marcel Ritter, 27.6.20 »

– « Nicolas Janel : corps et psychanalyse »

– « Naïveté et aventure en psychanalyse »

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Note :

(1) : https://philo.unistra.fr/actualites-agenda/agenda/evenement/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=20835&cHash=e538a7edd885b42a83aeca8936435be6

Chères amies, chers amis,
Vous trouverez ici le lien vers la 1e séance du séminaire « Articulations philosophie-psychanalyse » (26.1.21), commun à la Faculté de philosophie de l’université de Strasbourg et à la FEDEPSY, et que j’anime avec Jacob Rogozinski.

http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1611651337010

J’y donne une intervention sur « La folie du corps et ses destins: une perspective freudo-lacanienne ». C’est une tentative d’introduction à la psychanalyse en général, mais aussi pour les philosophes, et présentement pour les étudiants en philosophie. Je pars bien sûr de l’apport de Freud, de Lacan, et de notre Ecole psychanalytique de Strasbourg.

Nous y étions une bonne quarantaine, et le dialogue fut fort fécond.

Ici le programme du séminaire:
https://dimitrilorrain.org/seminaire-articulations-philosophie-psychanalyse-univ-strasbourg-fedepsy/

Nous avons appris hier qu’environ 50 personnes, dont plusieurs enfants, étaient morts dans le bombardement de la gare de Kramatorsk. Un « crime contre l’humanité », d’après le ministre des Affaire étrangères français. Il ne se trouvait là que des civils en fuite, des familles en route pour l’exil. 

            Beaucoup l’ont sans doute lu : sur le fuselage d’une des roquettes meurtrières, retrouvée sur place, les soldats de Poutine avaient inscrit quelques mots doux. Ils peuvent se lire de deux façons, semble-t-il (je lis sans comprendre le russe). 

            La première façon est tellement cynique que les médias français ne l’ont pas privilégiée.  

            « Pour les enfants. » 

            Cette roquette serait un cadeau envoyé aux enfants d’Ukraine : la mort. 

            Voilà qui confirmerait ce que j’écrivais dans mon précédent billet, à savoir que les soldats de Poutine répondent délibérément de façon cruelle au message inscrit en lettres immenses devant le théâtre de Marioupol (dont nous pensons maintenant savoir que 300 civils y sont morts) et sur les voitures des exilés implorant la pitié. « Enfants » écrivent les Ukrainiens pour demander la vie sauve. « Pour les enfants » répondent les soldats russes sur leurs bombes. 

           En khâgne, un enseignant de lettres nous déclara un jour que l’ironie, figure de style, consiste à reprendre ce que déclare votre interlocuteur, pour en détourner la signification. Un joli cadeau. 

                  *** 

            Mais les médias ont, je le disais, privilégié une autre traduction : « Pour nos enfants », auraient en fait écrit les soldats de Poutine. Apparemment, c’est une expression employée par les pro-russes dans le Donbass depuis plusieurs années. 

            En privilégiant cette interprétation, peut-être les journaux ont-ils aussi voulu  limiter l’impact de l’horreur sur leur lectorat. 

            Dans le même esprit, Le Monde a publié la photo d’un compartiment de train, vitres explosées, en gare de Kramatorsk. Sur le sol du train, on aperçoit une flaque noire : du sang, sans le moindre doute. Mais une petite pastille encore plus noire, quasi invisible, masque une parcelle de ladite flaque de sang. J’ai écrit au Monde pour m’enquérir de ce que cachait cette pastille. Aucune réponse. Peut-être s’agit-il d’un morceau de corps, un œil, un bout de cervelle ? 

            Et  donc, la pastille noire, dans la traduction du message écrit sur les bombes de Poutine, consisterait à changer le message en une sorte de slogan : « Pour nos enfants. » 

            Cependant… la pudique pastille révèle autant qu’elle cache. Cette version du message n’aurait rien de moins atroce que la première envisagée. Elle suppose que les soldats de Poutine disent aux civils Ukrainiens : « Si l’on vous bute, c’est pour le bien de nos enfants. » 

            Et aussi : « C’est pour donner l’exemple à nos gosses. Pour leur servir de modèle. Ça leur apprendra comment il faut vivre afin que, plus tard, vis-à-vis de vous, ils agissent comme nous. »  

            En attendant, on souhaite que les chers bambins continuent à dormir tranquilles, loin de l’horrifiante menace que font peser sur eux les grand’mères édentées du Donbass sur la route de l’exil. 

            *** 

            Un mot encore, et j’arrête. 

            Une petite énigme a été levée, grâce aux échanges entre soldats de Poutine captés par les services de renseignement allemands. 

            Car, oui, on pouvait se le demander : par suite de quels actes de cruauté étranges des cyclistes de la banlieue de Kiev ont-ils pu être retrouvés morts près de leur biclou ? 

            En fait, les communications captées par les services de renseignement allemand nous indiquent que les soldats de Poutine trouvaient ça normal, de leur tirer dessus. 

             Pas spécialement cruel. À peine un peu drôle. 

             (Pendant la guerre, c’est très connu, on s’ennuie un peu. C’est pour cela que, selon la légende, bon nombre de jeux de société – dont les échecs – ont été inventés au cours de guerres. Il faut tromper l’ennui.) 

            Donc, buter des passants était, moins qu’une atrocité, un passe-temps. 

            Tout comme écraser quelques voitures sur la route, pour les tanks de Poutine, qui écrabouillaient aussi et surtout leurs passagers. Un film amateur montre très bien comment on fait. 

            C’est marrant, rien de plus. Banal, normal, classique. N’en faites donc pas tout un pataquès, ou l’on pourrait se mettre en tête d’envoyer des cadeaux à certains enfants. 

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Benjamin Lévy est psychanalyste, psychologue, enseignant.

Il anime avec Jean-Jacques Moscovitz le séminaire Psychanalyse actuelle, hébergé dans les locaux de l’Ecole Normale Supérieure (1) .
Il publie cette année « L’ère de la revendication: manifester et débattre en démocratie » (Flammarion, 2022) (2).

Il a publié de nombreux articles (3), ainsi que plusieurs traductions d’ouvrages aux éditions Ithaque – dont par exemple la correspondance Freud-Federn (« Cartes postales, notes & lettres de Sigmund Freud à Paul Federn, 1905-1938 », Paris, Ithaque, 2018, autour de laquelle j’avais organisé une rencontre à la Librairie des Bateliers, Strasbourg, le 15.6.2019, pour un échange avec Jean-Raymond Milley.

NOTES:

(1): https://sites.google.com/site/psychanalyseactuel/seminaire-de-psychanalyse-actuelle?authuser=0

(2): https://editions.flammarion.com/lere-de-la-revendication/9782080252821

(3) Dans cet article intitulé « Comment les frustrations sociales s’expriment en démocratie »(sur AOC), il approfondit d’ailleurs sa réflexion dans « L’ère de la revendication »: https://aoc.media/opinion/2022/03/29/comment-les-frustrations-sociales-sexpriment-en-democratie/

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Chères amies, chers amis,

En ce week-end, je relaie le lien vers la Lettre n°7 de la FEDEPSY d’avril 2022, avec: un éditorial de Jean-Richard Freymann (sur la guerre) ; des textes de Cyrielle Weisgerber, Martin Roth, Frédérique Riedlin; une note par Patrick De Neuter sur son ouvrage « Les hommes, leurs amours et leurs sexualités » (Erès, 2021, préface d’Alain Vanier); et deux textes de Spyros Tsovilis sur la guerre en Ukraine (dont un très touchant poème et une Lettre ouverte à Ludmilla Skydra, poétesse ukrainienne).

Et puis les activités à venir de la FEDEPSY.

Chères amies, chers amis,

En ce dimanche, je relaie l’intervention pleine de justesse de Julie Rolling, psychanalyste (FEDEPSY) et pédopsychiatre à l’hôpital de Strasbourg, concernant la manière dont nous pouvons parler aux 10-14 ans de la guerre en Ukraine. Julie Rolling parle ici dans « Arte Junior, Le Mag » dans l’émission du 13.3.22..

https://www.arte.tv/fr/videos/106148-011-A/arte-junior-le-mag/

Chères amies, chers amis,

En ce dimanche, je relaie l’intervention très éclairante de Martin Roth, psychanalyste (FEDEPSY) et pédopsychiatre, concernant la manière dont nous pouvons parler aux jeunes générations de la guerre en Ukraine.

https://www.alsace20.tv/VOD/Actu/grand-format/GRAND-FORMAT-Guerre-en-Ukraine-Quelle-est-maniere-parler-ce-conflit-plus-jeunes-Martin-Roth-pedopsychiatre-est-notre-invite-QczvlGks5S.html

Chères amies, chers amis,

En ce dimanche, je relaie le lien vers la Lettre n°6 de la FEDEPSY de mars 2022, avec: un éditorial de Jean-Richard Freymann; un texte de Cyrielle Weisgerber; et un entretien avec Moustapha Safouan: « À propos de ‘la formation des analystes’ «  ». Et puis les activités à venir de la FEDEPSY.

Bonne lecture !

Ici le lien vers la Lettre n°5 de la FEDEPSY de février 2022, avec: un éditorial de Jean-Richard Freymann; un texte de Cyrielle Weisgerber, et un hommage d’Hervé Gisie au cinéaste Jean-Jacques Beneix; ainsi qu’un entretien avec ce dernier, à l’occasion de la sortie de « Mortel transfert » (2002). Et puis les activités à venir de la FEDEPSY.

Bonne lecture !

Chères amies, chers amis,

Je vous conseille très vivement la très belle exposition à la KinoStub, sur l’artiste Lucile Bally (1969-2014).

Vous y trouverez des œuvres profondément reliées à l’histoire de l’art, en même temps qu’inspirées par l’art brut, Dada et l’Arte povera, ou encore par la sculpture de Louise Bourgeois ou la peinture de Joseph Beuys.

L’exposition a quelque chose du cabinet de curiosité, avec tout un ensemble de pièces différentes : entre autres donc des peintures, des sculptures, mais aussi des objets créés et des assemblages avec des restes d’objets trouvés… Ce sont là des œuvres de tous les formats (micro-sculptures jusque assemblages de grande taille).

Bref, dans cette exposition se déploie tout un univers singulier – et qui n’est qu’un aperçu d’une œuvre plus vaste de cette artiste strasbourgeoise et grenobloise.

Pour ma part, ces pièces m’ont semblé déployer un véritable théâtre d’ombres, hanté par la disparition. La figure du père (avec comme animal totem le chien), et sa jeunesse à Douala, sont aussi au cœur de son travail.

Entre autres, j’ai été particulièrement frappé par les très intéressantes peintures sur plexiglas, faite pour une pièce obscure, produisant des images projetées des usines de la Viscose à Grenoble. Il en va là d’une mise en forme artistique de la dynamique de la mémoire, en sa matérialité, ainsi que d’un témoignage historique.

J’ai aussi (bien sûr !) été très marqué par un portrait de Lacan, à partir d’une photo de lui.  Sans doute est-ce ici le témoignage de la fréquentation par Lucile Bally de la psychanalyse. Cela est à mon sens à relier au fait que, comme y insiste le film sur l’exposition, elle a « transformé ses démons » pour en faire un « labyrinthe de sens ».

L’exposition a été initiée par Claude Klein, chercheur en littérature française, générale et comparée, et féru d’art (1), ainsi que par les ami(e)s de Lucile Bally.

Vous trouverez ici des liens vers :

– un article des DNA sur l’exposition :

https://c.dna.fr/culture-loisirs/2022/02/10/retrospective-lucile-bally-a-la-kinostub

– la Kinostub :

www.kinostub.org

– un premier film de présentation de l’exposition :

– un second sur Facbook :

– le site consacré à l’œuvre de Lucile Bally :

http://lucilebally.free.fr

Ici encore le portrait de Lacan dont je vous parlais plus avant :

Quant à la Kinostub (que je vous conseille aussi très vivement), c’est tout à la fois un atelier d’artistes en résidence, un cabinet de curiosités, et un lieu de formation, de projection et d’exposition. Plus généralement, la KinoStub est une association qui œuvre à la création, la production et la diffusion de films, et d’art contemporain (art analogique, art(s) numérique(s), art vidéo). En ce lieu se poursuit une réflexion sur les médias, ainsi qu’un geste de transmission, pour tout public, d’un regard critique et ludique sur l’image et sur les médias.

L’association KinoStub a été cofondée par Julien Mathis (qui est plasticien, vidéaste et ethnologue) (2).

Association KinoStub :

2 Place du Pont-aux-Chats 67000 Strasbourg

Quartier de la Krutenau

info@kinostub.org

NOTES :

(1) : Voici sa page Internet : https://ea1337.unistra.fr/ceriel/enseignants-chercheurs-du-ceriel/claude-klein/

(2) : Voici ses pages Internet : www.strasbourg.eu/julien-mathis et http://www.julienmathis.com/

Chères amies, chers amis,

Ici l’enregistrement de la passionnante rencontre autour de David Lemler, pour son très bel ouvrage « Création du monde et limites du langage » (Vrin, 2020), ayant eu lieu à la Librairie des Bateliers, le 15.1.22.

David Lemler dialogue à cette occasion avec Leiv Fraenckel.

J’ai eu le plaisir d’organiser et de présenter cette rencontre.

David Lemler est Maître de conférences à l’UFR d’études arabes et hébraïques de la Sorbonne Université. Parmi ses différentes publications, citons: l’ouvrage collectif qu’il a dirigé sur André Neher: « André Neher, figure des études juives » (Hermann, 2017) ; mais aussi son article sur la figure de Moïse chez Spinoza et Maïmonide dans les Cahiers philosophiques de Strasbourg (1); ainsi que son article « Création, révélation et rédemption dans le rationalisme juif médiéval » dans ces mêmes Cahiers philosophiques de Strasbourg (2).

Leiv Fraenckel est professeur de philosophie au lycée Aquiba de Strasbourg. Parmi ses publications, citons son article sur la question du messianisme, traitant de Freud, dans le numéro des Cahiers philosophiques de Strasbourg évoqué précédemment (3). Il anime la chaîne Youtube philosophique « Serial Thinker » (4).

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Présentation de l’ouvrage par l’éditeur:

Les philosophes juifs médiévaux – de Saadia Gaon à Hasday Crescas, en passant par Maïmonide – emploient des stratégies d’écriture ésotérique lorsqu’ils traitent de la question de la création du monde. L’usage d’un tel art d’écrire ne saurait s’expliquer par le seul impératif de prudence ou la crainte de la persécution (il ne fait pas bon de mettre en cause des opinions traditionnelles). Il s’impose quand se rencontrent les sciences philosophiques et l’herméneutique rabbinique : la pensée est alors exposée à des problèmes qui mettent en défaut les capacités du langage. En atteste notamment l’effort répété des philosophes pour tenter d’énoncer le surgissement du dicible.

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Pour accompagner cela je vous mets deux liens vers deux billets:

-le premier renvoie à une intervention de David Lemler, sur Akadem avec Ruben Honigmann, intitulée « Le judaïsme est-il créationniste? » concernant son ouvrage: https://dimitrilorrain.org/2021/10/30/david-lemler-univ-sorbonne-le-judaisme-est-il-creationniste-akadem-2020/

-le second renvoie à une intervention de Leiv Fraenckel sur la relation entre judaïsme et philosophie, traitant largement de Maïmonide, intitulée « Torah et philosophie » au Consistoire Israélite du Bas-Rhin le 17/11/2020 : https://dimitrilorrain.org/2021/10/30/leiv-fraenckel-torah-et-philosophie17-11-2020/

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Librairie des Bateliers

5 Rue Modeste Schickelé, 67000 Strasbourg

03.88.37.90.60 – librairiedesbateliers@wanadoo.fr

Le pass sanitaire sera demandé, en accord avec la législation.david-lemler-librairie-des-bateliers-15-1-22Télécharger

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NOTES:

(1): « Spinoza, critique ou lecteur radical de Maïmonide ? », in Les cahiers philosophiques de Strasbourg, 47, 2020, n° sur « Moïse », sous la direction de Roberto Formisano et Jacob Rogozinski.

Voir: https://dimitrilorrain.org/2020/06/18/moise-les-cahiers-philosophiques-de-strasbourg-n47/

(2): Les cahiers philosophiques de Strasbourg, 37, 2015, no « Messianisme, souveraineté et sécularisation » sous la direction de Coralie Camilli : https://journals.openedition.org/cps/495

(3): »Le Messie hors-la-Loi », Les cahiers philosophiques de Strasbourg, 37, 2015, no « Messianisme, souveraineté et sécularisation » sous la direction de Coralie Camilli : https://journals.openedition.org/cps/495

(4): voir https://dimitrilorrain.org/2021/10/30/leiv-fraenckel-freud-la-religion-est-une-nevrose-serial-thinker-13-9-2021/

Benjamin Léy publie en ce mois de janvier « L’ère de la revendication: manifester et débattre en démocratie » (Flammarion) (1). Je vous en conseille très vivement la lecture !

Voici la présentation sur le site de l’éditeur:

« Le ressentiment, l’indignation, la colère, la défiance et l’anxiété sont désormais omniprésents dans l’espace public, mais certaines voix s’élèvent pour réclamer le droit à un avenir meilleur. Se mettre à l’écoute des revendications collectives, aussi hétérogènes qu’elles puissent sembler ( féministes, antiracistes, écologistes, etc.), c’est devenir sensible à des trajectoires de vie, à des désirs singuliers qui incitent des femmes et des hommes à se montrer inventifs pour transformer la société.
D’un autre côté, la frustration prend parfois un chemin mortifère, s’inscrivant dans une dynamique paranoïaque, une radicalisation des pensées. Comment la revendication reste-t-elle porteuse d’avenir, et en vertu de quels mécanismes risque-t-elle au contraire de se retrouver du côté de la haine, de la destructivité ou même du meurtre ? J’ai voulu dans ce livre découvrir moins “si” que “comment” revendiquer peut être un bien en démocratie.
J’invite le lecteur à un voyage sur des eaux tumultueuses : des Gilets jaunes aux antivax, du mouvement #MeToo à Black Lives Matter en passant par les revendications LGBTQIA+, ce livre offre des outils pour mieux comprendre les débats contemporains. »
B. L.

Benjamin Lévy est psychanalyste, psychologue, enseignant. Il a publié de nombreux articles, ainsi que plusieurs traductions d’ouvrages aux éditions Ithaque – dont par exemple la correspondance Freud-Federn (Cartes postales, notes & lettres de Sigmund Freud à Paul Federn, 1905-1938, Paris, Ithaque, 2018), autour de laquelle j’avais organisé une rencontre à la Librairie des Bateliers, Strasbourg, le 15.6.2019, pour un échange avec Jean-Raymond Milley.

NOTES:

(1): https://editions.flammarion.com/lere-de-la-revendication/9782080252821