(Il est nécessaire de s’inscrire: https://www.librairie-kleber.com/agenda-197123/rencontre-autour-de-gay-shame/ )

Librairie Kléber (éphémère), 30 rue du 22 Novembre, 67000 STRASBOURG

Semaine des visibilités : FestiQueer : https://festiqueer.fr/agenda/

Présentation de l’ouvrage par Sandra Boehringer, Laurie Laufer, Michel Briand

C’est autour du phénomène des cortèges nommés « Gay Shame », en réaction à la « Gay Pride », que David Halperin et Valerie Traub décident, en 2003, d’organiser un colloque.  

Le moment, en effet, était venu de réinterroger les raisons de cette fierté (pride). Elle était devenue visible et bruyante, effaçant le chemin parcouru par la honte qui lui était consubstantielle. 

Cette fierté-là, celle qui a suscité une forme de libération chez celles et ceux qui étaient les parias et les exclus d’un système hétéronormé et oppressif, avait lentement effacé les marges honteuses d’où elle était issue, fait oublier l’histoire violente de destins isolés.  

Voilà que certaines eurent honte de l’effacement de la honte passée, honte aussi de constater que cette fierté, récupérée, affadie, transformée, avait perdu sa force subversive. 

Les réflexions soulevées par le volume Gay Shame sont plus que jamais d’actualité.   

*

Présentation par l’éditeur :

28,00 €

David M. Halperin et Valerie Traub (dir.)

Sandra Boehringer (préface et traduction dir.)

Laurie Laufer (préface et traduction dir.)

Ce fut une Gay Pride comme il y en eut et il y en aura tant d’autres. Ils ont marché, joyeux, épuisés, puis se sont réunis à quelques-uns, quelque part, autour d’un verre. Un propos a alors été dit, on ignore par qui, on ne s’en soucie guère, qui les a amusés : « Et si maintenant on redevenait honteux ! » Il s’est ensuivi un mémorable colloque, publié aux États-Unis, maintenant traduit en français, à sa place dans la collection « Les grands classiques de l’érotologie moderne ».

La honte à l’encontre de laquelle s’élevait leur fierté n’est pas celle qu’ils allaient faire leur, ni même celle qui fut la leur et qui fut leur force de soulèvement ; entre ces deux hontes, on chercherait en vain un lien dialectique qui permettrait de les prendre ensemble dans une synthèse. Mais alors, de quelle honte s’agit-il ? On l’apprendra en lisant les diverses contributions de Gay Shame.

Jean Allouch

Ouvrage dirigé par David M. Halperin et Valerie Traub.

Traduction sous la direction de Sandra Boehringer & Laurie Laufer

Contributions de Barry D. Adam, Neil Bartlett, George Chauncey, Douglas Crimp, Terry Galloway, Deborah B. Gould, Ellis Hanson, David M. Halperin, Heather K. Love, Jennifer Moon, Gayle Rubin, Eve Kosofsky Sedgwick, Tobin Siebers, Valerie Traub, Michael Warner, Abby Wilkerson, Amalia Ziv.

Préface à la traduction française par Sandra Boehringer et Laurie Laufer.

En librairie le 4 juin 2026.

Collection : Les grands classiques de l’érotologie moderne
Date de parution : Juin 2026
Nombre de pages : 420 pages

*

Sandra Boehringer est maîtresse de conférences en histoire grecque à l’Université de Strasbourg et membre du laboratoire Archimède (UMR 7044). Ses travaux portent sur les questions de genre et de sexualité dans l’Antiquité grecque et romaine. Elle a récemment publié:

.

Laurie Laufer exerce la psychanalyse à Paris. Elle est directrice de l’UFR Institut des Humanités, sciences et sociétés de l’Université Paris Cité. Elle a récemment publié:

.

Michel Briand est professeur émérite en langues et littératures anciennes à l’Université de Poitiers. Il a entre autres publié :

– Émotions. Histoire étymologique et culturelle de nos sentiments, Arkhê, 2025.

– Michel Briand (Dir.). Corps (in)croyables. Pratiques amateures en danse contemporaine, Centre national de la Danse, 2017.

Bonjour,

Je vous informe ici d’un séminaire auquel je me réjouis beaucoup de participer. C’est le séminaire animé par Sandra Boehringer, Lucile Girard, Fabien Hildwein, Anne-Claire Marpeau, Sophie Suma, lié au Réseau interdisciplinaire des études de genre à l’Université de Strasbourg, et intitulé : « Les études de genre : approches interdisciplinaires » qui a lieu à Strasbourg en présentiel, et à l’avenir sur zoom, sur inscription.

Pour s’inscrire : https://groupes.renater.fr/sympa/info/etudesgenre_unistra (liste d’information sur les études de genre à Strasbourg), cliquer sur « s’abonner »

Contact : etudesgenre_unistra@proton.me

Lieu : Salle de Conférence de la Maison Interuniversitaire des Sciences sociales et des Humanités d’Alsace | MISHA, 5 allée du Général Rouvillois, 67000 Strasbourg

Format : en présentiel puis à l’avenir hybride (zoom)

*

Texte de présentation :

Nous sommes nombreuses et nombreux, de différents champs disciplinaires, à recourir à la méthode du genre (gender). Mais quels sont plus précisément nos usages, nos définitions, nos références théoriques ? Avons-nous le même genre ? 

Cette deuxième séance du séminaire, intitulée « Les perspectives du care en SHS », vise à présenter ce concept, à défricher ses nombreuses acceptions (parfois contradictoires tant il a été repris par des autrices différentes), à en montrer la force intellectuelle pour la recherche et à en dégager les différentes facettes et les enjeux contemporains. Ce séminaire s’appuiera principalement sur les travaux en sciences politiques de Joan Tronto et sur la recherche francophone, laquelle a la chance d’avoir vu se développer depuis la fin des années 2000 une école française du care, caractérisée par son interdisciplinarité (éthique, sociologie morale, psychologie sociale), son intersectionnalité et son attention portée à la notion de travail. Une liste de lecture sera fournie pour poursuivre vos propres investigations.

Toutes les personnes recourant à l’outil du genre ou souhaitant découvrir les travaux en cours sont conviées. Cette démarche collective sera l’occasion de mieux situer nos recherches et également de partager des ressources et des méthodes.

N’hésitez pas à diffuser cette information.

Chères amies, chers amis,

Vous trouverez ici la passionnante conférence de Jean-Pierre Marcos (psychanalyste, philosophe, Univ. Paris 8) intitulée «  Comment dire ? – Psychanalyse et parole », le 12 février 2026 à la SPF.

Pour ma part, je dirais qu’il nous propose une théorisation du dispositif de parole analytique. A l’écoute de cette conférence, j’ai été particulièrement marqué par tout un ensemble de formulations – et de références à la philosophie et à la littérature – qui transmettent de manière si singulière et si juste la psychanalyse, son écoute des mots, et sa traversée ouvrante de la compulsion de répétition.

Cette rencontre est organisée par  Isabelle Alfandary et Daniel Koren dans le cadre des Conférences pour la psychanalyse de la SPF (1).

*

Jean-Pierre Marcos est psychanalyste, philosophe, Maître de conférence (en philosophie) à l’Université Paris 8.

Il a publié tout un ensemble de textes, entre clinique, théorie et philosophie, tous écrits dans une langue d’une grande finesse, car nourris de littérature et d’art.

Parmi l’ensemble de ses publications, je citerai ici:

  • ouvrage collectif dirigé par lui: La lettre et le lieu. Présence du modèle et action de la structure en psychanalyse(Freud et Lacan), éd. Kimé, coll. Collège International de Philosophie, Paris, 2005

Pour plus de détails: https://philosophie.univ-paris8.fr/Jean-Pierre-MARCOS

NOTES:

(1) : https://www.spf.asso.fr/conferences-pour-la-psychanalyse/

¡Hola! / bonjour / hello,

Les informo sobre las actividades de la Escuela Libre de Psicoanálisis (Buenos Aires), que tiene muchas actividades en línea:

/ Pour les personnes qui comprennent l’espagnol, je vous informe des activités de l’Escuelalibredepsicoanalisis (Buenos Aires), qui a beaucoup d’activités en ligne :

/ For those who understand Spanish, I would like to inform you about the activities of the Escuelalibredepsicoanalisis (Buenos Aires), who has a lot of online activities:

(les sous-titres youtube sont en général excellents / YouTube subtitles are generally excellent)

Pequeño Manifiesto de la ELP / Petit manifeste de la ELP / Short manifesto of the ELP :

La Escuela Libre de Psicoanálisis propone un espacio de formación y de interlocución donde el psicoanálisis se despliegue en la diversidad y complejidad de sus teorizaciones y donde dialogue de forma abierta y no dogmática con otros discursos.

La Escuela no sigue una línea teórica, sino que convivan en sus espacios distintos modos de leer y entender la teoría y la praxis del psicoanálisis. La idea es promover es un espacio que fomente la creatividad y la invención, y no la repetición de un saber supuestamente ya constituido.

La Escuela reconoce y se nutre del legado de los maestros que la precedieron, pero orienta su trabajo hacia devenires inesperados e innovadores. En ese sentido, considera fundamental sostener un diálogo permanente con los discursos contemporáneos, siempre mutantes, ya que la vitalidad del pensamiento reside en el cambio y no en la recitación de dogmas incuestionados.

*

La escuela está coordinada por : / L’école est coordonnée par : / The school is coordinated by:

Bruno Bonoris, Psicoanalista, Escritor y Docente Universitario

Mauricio Portillo, Psicoanalista y Docente Universitario

Jorge Reitter, Psicoanalista, Escritor y Docente Universitario

Matías Tavil, Psicoanalista y Divulgador

*

Membres:

Elena Bravo Cecineros, Psicoanalista y Escritora

Emiliano Exposto, Doctor en filosofía, Docente y Investigador,

Rodrigo Aguilera Hunt, Psicoanalista, Docente, Investigador y Escritor

Tomàs Pal, Psicoanalista y Editor

Julia Lorena Silveira, Silveira, Psicóloga y Psicoanalista

Agostina Silvestri, Investigadora, Docente y Ensayista

Débora Tajer, Doctor en Psicología, Docente, Escritora

…

*

https://www.instagram.com/escuelalibredepsicoanalisis/?hl=fr

Bonjour,

Je vous informe ici d’un séminaire auquel je me réjouis beaucoup de participer. C’est le séminaire animé par Georges Bocchini-Revest et Jean-Pierre Marcos, lié à la SPF, et intitulé : « Langue affectée / discours désaffectés et affects retranchés » qui a lieu à Marseille en présentiel et sur zoom, sur inscription.

Dates :  samedi 9h30 à 12h30, 24/01,07/02, 07/03, 11/04, 23/05, 27/06

Lieu : Les Arcenaulx, 25 cours Estienne d’Orves, 13001 Marseille

Format : hybride (zoom)

Invités : Dorothée DUSSY, « Corps/Inceste » et Malik BOURICHE, « Corps/Colonisation »

Texte de présentation

Nos pratiques d’aujourd’hui, issues de l’œuvre freudienne (la métapsychologie) et de l’héritage lacanien, s’inscrivent dans une tradition intellectuelle occidentale où le langage et le discours ont été érigés en principes fondamentaux, souvent au détriment du sensible et des émotions. Cette perspective, qui structure encore largement notre clinique, nous engage à approfondir cette recherche qui se nourrit de l’apport de S. Ferenczi, A. Green, P. Aulagnier, J. McDougall, en particulier dans ce séminaire.

La clinique analytique, via l’analyse du transfert, nous pousse à réfléchir à la fonction de traducteur, de transmetteur qu’il nous arrive parfois de pratiquer, face à des affects, ou à l’absence curieuse d’affects non reliés à des représentations.

Cette année nous continuons la recherche en axant vers la question somatique.
S’inscrire auprès de l’un d’entre nous.

Pour s’inscrire, contacter l’un de nous par mail ou par téléphone:

Georgette BOCCHINI-REVEST

45, quai de Rive-Neuve
13007 Marseille
04 91 55 63 62
revest.georgette@wanadoo.fr

Jean-Pierre MARCOS

57 bis, rue de Tocqueville
75017 Paris
06 60 82 69 41
jnprrmrc@aol.com

Cher.e.s tou.te.s,

Puisque, le 5 février 2026 (21h), Isabelle Alfandary nous fera la joie et l’honneur de participer au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » sur le « masculin »/ »féminin » (sur zoom), pour une discussion autour de ce son si important « Le scandale de la séduction. D’Oedipe à #Metoo » (PUF, 2025).

Donc je relaie ici la belle émission qu’elle a fait sur France Inter, dans le Grand Face-à-Face, chez Thomas Snégaroff. Dans ce passage à la radio, elle nous parle de son si important « Le scandale de la séduction. D’Oedipe à #Metoo » (PUF, 2025).

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-face-a-face/le-grand-face-a-face-du-samedi-23-novembre-2024-3742488

Présentation du livre par l’éditeur :

La séduction est à double tranchant : elle peut s’avérer la plus douce ou la plus redoutable des expériences. Elle est indispensable et potentiellement menaçante. 

Aux premières heures de la psychanalyse, Freud écoute des femmes qui se remémorent des scènes d’abus sexuels. Il en conclut que la séduction est une cause majeure de traumatisme psychique avant de se raviser et de ramener ces « souvenirs » à des fantasmes. 

Malgré cette volte-face initiale, la séduction ne cesse d’opérer un retour en psychanalyse, et de hanter son histoire. 

La séduction est porteuse d’un scandale, celui du sexuel, et plus particulièrement de la sexualité infantile qui vient rebattre les cartes du normal et du pathologique, de l’innocence et de la perversion.

Isabelle Alfandary tente d’éclairer ce scandale, en prenant en compte les débats les plus récents autour de la sexualité, de la vie érotique et amoureuse, de leurs éventuels impasses et débordements traumatiques.

**

Isabelle Alfandary est professeure de littérature américaine à l’université Sorbonne-Nouvelle, philosophe et psychanalyste. Elle a été présidente du Collège international de philosophie de 2016 à 2019. Ses recherches sont à la croisée de la psychanalyse, la philosophie et la littérature.

**

Ouvrages en philosophie, psychanalyse

– Derrida – Lacan : L’écriture entre psychanalyse et déconstruction, Paris, Editions Hermann, 2016

– Science et fiction chez Freud. Quelle épistémologie pour la psychanalyse? Édition originale : Paris, Ithaque, 2021

            – (pt) Traduction portugaise (Brésil) : Ciência e ficção em Freud: qual epistemologia para a psicanálise?, São Paulo, Blucher, 2022

            – (es) Traduction espagnole (Argentine) : Ciencia y ficcion en Freud. Qué epistémologia para el psicoanalisis?, Buenos Aires, Manantial, 2023, 193

– Le Scandale de la séduction. D’Œdipe à #Metoo, Paris, Presses universitaires de France, 2024

Ouvrages sur la littérature américaine

– E. E. Cummings ou la minuscule lyrique, Paris, Belin, 2002

– Le risque de la lettre : lectures de la poésie moderniste américaine, Lyon, ENS-éditions, 2012

Direction d’ouvrages en philosophie, psychanalyse, théorie critique

– Lire depuis le Malaise dans la culture, en collaboration avec Chantal Delourme et Richard Pedot. Paris, Hermann, 2012

– L’Enigme Nietzsche, en collaboration avec Marc Goldschmit. Paris, Manucius, 2019

– Dialoguer l’archive, Paris, INA éditions, 2019

– La littérature sans condition, Paris, Le Bord de l’Eau, 2021

– Crise dans la critique. Une cartographie des studies. Paris, Le Bord de l’Eau, 2023

– Qui a peur de la déconstruction ?, en collaboration avec Anne-Emmanuelle Berger et Jacob Rogozinski, PUF 2023  

– Où va la philosophie française ?, en collaboration avec Sandra Laugier et Raphael Zagury-Orly, Vrin, 2024

Direction d’ouvrages en littérature anglophone

– Modernism and Unreadability, en collaboration avec Axel Nesme, Montpellier, Presses Universitaires de la Méditerranée, 2011

– Genre/genres I, en collaboration avec Vincent Broqua. Paris, Michel Houdiard éditeur, 2015

– Genre/genres II, en collaboration avec Charlotte Coffin et Vincent Broqua. Paris, Michel Houdiard éditeur, 2015

– Literature and Error, en collaboration avec Marc Porée. New York: Peter Lang, 2018

– Stein et les arts, en collaboration avec Vincent Broqua. Paris, Presses du Réel, 2019

**

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Alfandary

Cher.e.s tou.te.s,

Puisque, le 4 décembre 2025 (21h), Laurie Laufer nous fera l’honneur et la joie de participer au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » sur le « masculin »/ »féminin » (sur zoom), pour une discussion autour de cet ouvrage, je relaie ici son passionnant dernier livre aux éditions de La Découverte.

Présentation par l’éditeur :

Les héroïnes de la modernité
Mauvaises filles et psychanalyse matérialiste

La médecine, la psychiatrie et la psychanalyse ont, depuis le XIXe siècle, produit nombre de discours savants sur les paroles, les corps, les sexualités et les comportements des femmes. Diagnostics, médicalisation, pathologisation ont servi à les assigner à des rôles genrés et à maintenir les hiérarchies et les normes sociales. Pour ces  » experts « , les lesbiennes sont malades, les prostituées sont folles, celles qui refusent d’être mères sont anormales, les femmes qui avortent sont amorales, les jeunes filles libres sont déséquilibrées. Elles sont toutes hystériques, mélancoliques, psychotiques, perverses.
Mais que font ces  » mauvaises filles  » de ce que l’on a fait d’elles, de ce que l’on a dit d’elles ? Elles racontent des histoires différentes. Elles écrivent et parlent de leur liberté. Elles arrachent les camisoles et, ensemble, se soulèvent. Les Madeleine Pelletier, Natalie Clifford Barney, Virginia Woolf, Monique Wittig, Wendy Delorme et toutes celles que nous rencontrons dans ce livre se sont frayé un chemin en dépit des résistances et du mépris. Refusant d’être objets de discours, elles ont pris des voies tortueuses, détournées, jusqu’à risquer leur vie pour déployer une liberté érotique, poétique et politique.
Comment l’inventivité de ces héroïnes de la modernité peut-elle inspirer la psychanalyse ? Il s’agit, dans ce livre, de penser une psychanalyse qui entende enfin les conditions de vie des  » mauvaises filles  » et prenne en compte les dispositifs sociaux qui les oppressent. Car l’inventivité de ces héroïnes de la modernité pourrait bien inspirer la psychanalyse et l’aider à redevenir, enfin, une pratique de la liberté.

https://www.editionsladecouverte.fr/les_heroines_de_la_modernite-9782348081934

**

**
**
**
**
**
**

**

**
**

**

**

**

**
**


Laurie Laufer exerce la psychanalyse à Paris. Elle est directrice de l’UFR Institut des Humanités, sciences et sociétés de l’Université Paris Cité.

Elle est aussi l’autrice de :
– L’inconscient, Liens liens qui libèrent , 2024, tire du podcast sur France Inter.

– Vers une psychanalyse émancipée, renouer avec la subversion. Paris, 2022, La Découverte

– Murmures de l’art à la psychanalyse, Paris Hermann, 2021

– avec Sandra Boehringer, Après Les Aveux de la chair. Généalogie du sujet chez Michel Foucault, Paris, EPEL, 2020

–  « De quoi LGBTQI++ est-il le nom ? une psychanalyse en mutation », In analysis.

–  « Du rire à la joie : psychanalyse, féminisme et politique », Cahiers du genre, 68, 2020

–  L’énigme du deuil, Paris, PUF, 2006

Elle co-anime le séminaire « Cliniques et critiques » avec Thamy Ayouch, Fabrice Bourlez, Lionel Le Corre, Silvia Lippi, Sinziana Ravini: https://menageriedeverre.com/evenements/seminaire-cliniques-et-critiques-indifferences-sexuelles#presentation

**

Voici le programme de notre séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui », sur le « féminin »/ »masculin »:

Et celui du cycle « (Re)découvrir Lou Andreas-Salomé », que l’association strasbourgeoise À livre ouvert / Wie ein offenes Buch consacre tout au long de la saison 2025/26 à cette intellectuelle germanophone d’origine russe. En effet, Laurie Laufer y interviendra le samedi, 11 avril 2026, 16h, pour une table ronde intitulée « Lou Andreas-Salomé et la psychanalyse : une amitié introspective ». Avec entre autres notre amie Ondine Arnould (philosophe), qui interviendra le 2 avril 2026 (21h) sur cette même Lou Andreas-Salomé à notre séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui », sur zoom.

Jorge Reitter est psychanalyste à Buenos Aires. Il a publié Edipo Gay. Heronormatividad y psicoanálisis (Letra viva, 2e édition 2024), traduit en anglais sous le titre Heteronormativity and psycoanalysis (Routledge, 2023)[1].

Il est membre de la Escuela Libre de Psicoanalisis.

Voici le très beau texte de son intervention au séminaire Freud à son époque et aujourd’hui, co-animé par Emmanuelle Chatelat, Dominique Marinelli et Dimitri Lorrain[2], le 4 décembre 2024.

La page du séminaire:

**

Bonjour à tous,

Je suis très heureux d’être ici avec vous. Malheureusement, je ne suis pas à Strasbourg. Je tiens à remercier tout particulièrement Dimitri Lorrain, qui, depuis qu’il a lu mon livre sur l’hétéronormativité dans la psychanalyse, a toujours fait preuve d’une grande générosité à mon égard. Je peux dire que nous partageons une amitié à la fois intellectuelle et affective.

Lorsque Dimitri m’a invité à participer à ce séminaire, j’ai choisi de proposer un sujet qui, bien qu’il s’écarte légèrement de l’axe principal du séminaire, me semblait pertinent à partager avec vous. Je vais vous lire un travail que j’ai écrit à partir d’un roman intitulé Les plaines (Los llanos), de l’écrivain argentin Federico Falco.

Depuis que j’ai lu Les plaines, je suis tombé amoureux de ce livre. J’ai alors décidé de lire les autres ouvrages de Falco, ceux qui l’ont précédé. J’ai été très déçu : je n’y ai rien trouvé de ce qui m’avait tant ému dans Les plaines. Si vous me le permettez, je vais avancer ce que j’admets devant vous comme une interprétation sauvage : je crois que Falco fait quelque chose de complètement différent dans ce roman. Il devient un autre écrivain que celui qu’il était (et nous verrons que cette mutation est incluse dans la trame du roman), car ce roman est en même temps sa propre sortie du placard. Le roman ne parle pas, ou plutôt ne parle que de manière tangente, de la sortie du placard. Mais, selon mon interprétation sauvage, ce roman est sa sortie du placard. J’ai l’impression que, dans ses ouvrages précédents, Falco fait semblant d’être hétérosexuel, et cela, à mon avis, enlève beaucoup de vitalité à son écriture.

Ce roman semble assez simple et linéaire, mais c’est trompeur : en réalité, de nombreux fils se croisent et s’entrelacent dans sa trame. Mon objectif est d’articuler ces fils autour de la question du placard (closet en anglais) et de son effet sur les deuils – je parle au pluriel, car, comme vous le verrez, ce n’est pas un seul deuil qui est en jeu dans cette histoire. Bien que ce sujet puisse sembler en dehors du cadre strict du séminaire, je pense qu’il peut apporter un éclairage complémentaire à vos réflexions.

**

Je vais regretter ce livre. Nous avons parcouru ensemble des chemins de terre et de mémoire.

Je l’ai acheté pour son titre et pour la photo de la couverture. Bien que « llanos » évoque des « pleins », c’est la photo d’un vide qui se trouve sur la couverture. (Dans le texte en espagnol, il y a ici un jeu de mots qui se perd dans la traduction entre « llanos », qui veut dire « plaines », et « llenos », qui veut dire « pleins »). Une piscine au milieu de nulle part. J’aurais pu prendre une photo pareille. « Ici, il n’y a nulle part où poser les yeux. N’importe quel eucalyptus, n’importe quel poteau électrique est bienvenu, car il aide à fixer le regard. » La piscine, qui se fond par son horizontalité dans la plaine, n’arrive pas à retenir le regard, qui se perd au-delà. « Le monde est si vaste qu’il semble qu’il n’y ait rien à voir : seulement le ciel, seulement le champ, toujours semblables à eux-mêmes. »

Vers la fin du roman, Falco écrit : « Le temps passe facilement dans les films, dans les romans. Seules les actions importantes sont comptées, celles qui font avancer l’intrigue. Le reste – les doutes, l’ennui, les longs jours où rien ne change, la tristesse stagnante – disparaît sous le coup des ellipses, des coupures nettes, des résumés rapides. » C’est, en négatif, ce que fait le roman, écrire la tristesse stagnante, les longs jours où rien ne change, ou bien où quelque chose change si lentement qu’on ne le perçoit pas. Et, en même temps, c’est l’écriture d’une métamorphose radicale.

C’est un roman jalonné par les mois et les saisons. De janvier à septembre, de l’été au printemps. « En ville, on perd la notion des heures du jour, du passage du temps. À la campagne, c’est impossible. » Ce sont les mots qui ouvrent le récit. À la campagne et dans le deuil, il est impossible d’oublier le temps. Les premières pages m’ont accablé. La solitude, le paysage, la sécheresse, le potager, la chaleur qui ne laisse aucun répit, le silence. Des tâches souvent condamnées à l’échec. Puis j’ai compris que c’était de cela qu’il s’agissait, ressentir l’oppression et l’angoisse du narrateur.

À la page 31 du livre en espagnol, nous apprenons que Fede, le narrateur, s’est séparé de Ciro. Ou, pour le dire avec ses propres mots, que Ciro les a séparés. Sa vie s’est alors désassemblée. Nous comprenons que, bien qu’il soit rarement mentionné, tout tourne autour de Ciro et de son absence. Cependant, ce n’est pas, du moins dans un sens conventionnel, une histoire gay. Il ne s’agit pas d’un coming out, et l’homosexualité n’est pas un thème notable du livre. C’est une histoire presque sans histoire, un récit propulsé par la perplexité, le désarroi et l’abandon du narrateur à partir du moment où Ciro lui a demandé de quitter la maison. C’est l’histoire des ruines d’un amour.

Ciro les sépare, et Fede ne comprend rien, il n’arrive plus à écrire. Il ne sait même plus s’il est écrivain. « Avant, j’étais écrivain. » Il décide de louer une maison dans les environs de Zapiola, un tout petit village de la province de Buenos Aires, et de faire un potager. « Ici, personne n’a jamais entendu même mentionner le nom de Ciro. Pourquoi croyais-je qu’en partant la lumière n’allait pas blesser mes pupilles ? » Seul dans la campagne, ou plutôt assiégé par ses fantômes, Fede habite un monde sonore : la campagne nous atteint par l’oreille. Il y a des bruits, mais presque pas de voix. Les rares paroles échangées sont banales : des commentaires sur le temps, des conseils du voisin pour améliorer le potager, de brefs échanges avec l’épicier. Le téléphone portable ne capte pas dans la maison. Les mots significatifs ne se trouvent que dans la mémoire, ils ne se prononcent pas. On n’écoute pas non plus de musique, seulement le son des oiseaux, des insectes, du vent. Des bruits consubstantiels à la solitude extrême du narrateur, partition du désarroi.

Zapiola est un retour au paysage qu’il avait dû « laisser derrière, abandonner, perdre pour pouvoir être. » La plaine est le paysage de son enfance, des week-ends dans la campagne de ses grands-parents. Comme tant d’enfants différents, Fede, à un moment que l’on imagine à la puberté, sent qu’il ne trouve plus sa place. C’est pourquoi « il lisait »  : « parce que lire était ordre, harmonie, la promesse d’un troisième acte où tout s’imbriquerait, où tout aurait un sens. » La promesse d’un monde, lointain, où il trouverait sa place. Un monde qu’il imaginait élégant, parfait. « J’étais convaincu qu’une autre vie m’attendait quelque part. » Il savait qu’il ne pouvait pas gaspiller sa vie à Cabrera. La lecture et les études deviennent plan d’évasion et illusion de maîtrise, incantation magique pour que tout ait un sens, pour enfin trouver un lieu qui ne le rejetterait pas, un lieu où il voudrait revenir. « C’était seulement le besoin de tout garder sous contrôle : le chaos, le non-sens, la peur. » La lecture devient aussi un piège, un appât, une illusion que la trame parfaite pourrait le sauver de la mort et de la peur. Une tentative pour éviter de payer le prix.

« Ou bien je le savais, ou bien je l’ai su un après-midi, soudain un soupçon : et si les garçons me plaisaient ? Et si j’étais l’un de ceux-là ? » « Ne même pas me l’avouer à moi-même ou je me mettrais en danger de mort. » La mort par laquelle il doit passer dans cette seconde plaine pour donner naissance au narrateur de Les plaines. « Une fois, j’ai essayé d’en parler à maman. Non, a-t-elle dit. Son visage s’était assombri. Non, a-t-elle dit, et je n’ai jamais vraiment su ce que signifiait ce refus. Ce n’est pas vrai. Je ne te le permets pas. Je ne le crois pas. Je ne veux pas le savoir. Ne le dis pas. Je ne peux pas. Après, on n’en a plus jamais parlé. Si j’abordais le sujet, c’était comme si cette partie de la conversation n’était pas entendue. Silence. Parler d’autre chose, changer de sujet. » Fede n’a pas insisté. Peut-être sentait-il qu’il n’y aurait pas de réponse, que questionner serait inutile. « Fais ce que tu veux, » a dit le père, « mais ne t’avise même pas de te pointer avec un type au village, ni de raconter ça partout. » Parfois on croit avoir décidé de fuir et on ne voit pas qu’on avait déjà été expulsé. Fede revient à la plaine pour se faire une place, à travers nous, ses lecteurs, là où il avait été rejeté à coups de silence.

« Jusqu’au moment où, de nombreuses années plus tard, j’ai rencontré Ciro, ce sentiment ne m’a jamais quitté. Ne pas être à ma place. Ne pas avoir de lieu. » « Trouver Ciro, c’était trouver quelqu’un avec qui parler, quelqu’un avec qui cesser de faire silence. » Mais les refuges où l’on arrive en fuyant risquent facilement de devenir des prétextes pour éviter la mort et l’insensé. Ciro le lui dit lors de leur conversation au bar : « le refuge est devenu une cage. » « Tu maintenais tellement notre relation que je ne trouvais aucun moyen. » « Je ne peux pas être ta famille, tu en as déjà une. »

Le deuil par Fede de Ciro en entraîne un autre, plus profond, plus radical. « J’étais attiré par ces intrigues si bien ficelées, où le point final se transformait toujours en le soulagement de tous les tourments, la confirmation que toutes les épreuves, tous les conflits avaient valu la peine. » Happy end. Mais un jour, Ciro les a séparés, quelque chose s’est brisé, et maintenant le narrateur ne comprend plus rien et ne peut plus écrire. « Comment écrire parmi les décombres, entre la boue et les flaques, en rassemblant, ici et là, les restes détrempés de ce qui avait été un quotidien, de ce qui avait été une maison ? Comment écrire une histoire parmi les décombres d’une histoire ? » Ne s’agit-il pas de cela, en psychanalyse ?

« Parfois, je sens que je ne vais jamais comprendre ce qui nous est arrivé. Et si je le comprenais, la peine prendrait fin et tout cela serait derrière nous. Parfois, je sens que je comprends, que je comprends parfaitement, mais ça fait quand même mal. » Comme le narrateur de Les plaines, celui qui consulte un analyste cherche un sens qui soulage la douleur. Si tout se passe assez bien, cela arrivera, il ne s’agira pas tant d’un sens, mais de sens au pluriel. Fragmentaires, contradictoires, mais aussi curatifs. L’attente de soulagement par le sens n’est pas totalement déçue. Mais il y a un au-delà, au fur et à mesure que l’on traverse le deuil du happy end : la rencontre avec le non-sens inéliminable. La limite de tout sens. « Et parfois, je pense qu’il y a des choses qu’on ne finit jamais par comprendre, qui restent là, flottant autour de nous, prêtes à frapper à tout moment. Que la peine ne s’éteint pas, elle s’éloigne juste pendant quelques heures, quelques jours, puis elle frappe par surprise, inonde, renverse, qu’il faut apprendre à vivre avec ça. » Je le souscrirais comme l’horizon d’une analyse : apprendre à vivre avec ça. Avec le non-sens, avec l’irrémédiable, l’irréparable. Ce qui ne cadre pas. Comme le dit le narrateur, il y a des choses qu’on ne finira jamais par comprendre, les vrais deuils ne se terminent jamais. « Un dessin plein de gribouillis, de ratures, de faux pas, de projets qui s’effondrent, de personnes aimées qui cessent d’aimer, qui disent c’est fini, pars, pars loin. »

Les plaines relate la mutation d’un écrivain. Apprendre à « ne pas demander à l’écriture ce que l’écriture ne peut donner ». Résister à « la tentation d’un monde ordonné. La sensation de contrôle que procure la narration ». « Avant, je pensais qu’il fallait traiter l’écriture comme l’argile. Maintenant, je me demande si l’on pourrait écrire comme on fait un potager ». « Avec l’argile, l’harmonie s’obtient par l’habileté et en appliquant de la force. La beauté implique de poser des limites, d’utiliser les muscles, une certaine violence, un certain effort. Dans un potager, il y a toujours quelque chose qui naît et quelque chose qui meurt. S’il y a de l’harmonie, c’est par pure contingence, elle ne dure qu’un instant ». Le livre même est la réponse en acte à la question que le narrateur se pose : « Comment raconter sans histoire ? Sans ordonner ? Sans essayer de donner du sens ? »

Écrire le conte parfait était, pour cet écrivain qu’était Fede avant que Ciro ne les sépare, l’illusion de conjurer le rejet. La panique que le lecteur abandonne le livre, qu’il le trouve mauvais. Ce rejet tant redouté, on pourrait dire en termes winnicottiens, est le rejet qui avait déjà eu lieu et qui l’avait poussé à fuir son village, celui-là même qui a façonné un lien qui finirait par étouffer Ciro. « C’est toujours cette seule peur, le rejet. De mon père, de ma famille, de mon village. C’est la douleur indicible : le rejet de Ciro ». Une douleur indicible que, pourtant, tout le livre raconte ; même lorsqu’il semble parler d’autre chose, du ciel, de la plaine.

Dans la plaine, un nouvel écrivain prend naissance, qui écrit comme on fait un potager, en composant avec la contingence, au risque que quelque lecteur abandonne le livre, un écrivain qui trouve une façon de raconter sans histoire, sans chercher à donner du sens. Alors, le sens explose dans une profondeur nouvelle, car il devient capable d’accueillir la part de non-sens qui nous absout de toute obéissance. « Aucun mot ne dompte la peine. Aucun mot ne l’effraie. Aucun mot ne parvient vraiment à la dire ». Certes, aucun mot ne la dit vraiment, mais beaucoup parviennent, peut-être, à la dire à moitié, et d’autant plus qu’on renonce à expliquer et à comprendre. C’est l’apprentissage de Fede, c’est aussi celui de tout analysant qui aura porté assez loin l’expérience analytique. Accueillir le non-sens sans mélancolie. La mélancolie est la plus féroce nostalgie d’un sens plein. Le non-sens auquel s’ouvre Fede, et auquel mène une analyse, est une ouverture à toute créativité, à toute invention. « Simplement raconter sans chercher à comprendre en chemin ».

Dans le récit de Fede, Ciro est dur, parfois cruel. « Pars maintenant », lui dit-il, « je ne veux plus de ça. Ne reste pas à attendre. Je ne veux pas revenir avec toi. Je ne crois pas que je voudrai plus tard ». Ciro, qui ne répond pas aux messages désespérés de Fede. Dans la conversation au bar, il lui dit que lorsqu’il l’a vu au bord du gouffre, il l’y a poussé. Chacun tue ce qu’il aime. Fede a la générosité de nous laisser comprendre (même si cela lui est tellement difficile) que Ciro a raison. Il lui laisse le dernier mot. Si Ciro est brutal, c’est parce que Fede, en niant désespérément le non-sens et la mort, ne lui a laissé aucune alternative. Dans son apparente cruauté, Ciro est l’accoucheur qui, en le jetant dans l’abîme, provoque le cri d’où naîtra une voix nouvelle, radicalement humaine dans son dénuement.


[1] Le roman a été traduit chez Gallimard en 2023.

[1] Pour une recension, voir : https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/

[2] https://dimitrilorrain.org/seminaire-freud-a-son-epoque-et-aujourdhui/


Chères amies, chers amis,

Mon amie Frédérique Riedlin (psychanalyste, Strasbourg) qui participe à la Convention, m’invite à relayer l’information, donc la voici.

Chères amies, chers amis,

Je tiens à vous informer de la sortie chez Chronique Sociale de ce passionnant ouvrage interdisciplinaire, auquel j’ai eu la chance de participer.

En librairie le 6 décembre.

Présentation de l’éditeur:

« L’évolution des moeurs, même ardemment souhaitée, n’est jamais socialement aisée, car cela brouille des repères souvent anciens et parfois perçus comme intangibles. Ainsi, si la majorité des citoyennes et citoyens estiment aujourd’hui pertinents les droits au divorce, à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse, au mariage pour tous, à la procréation médicalement assistée pour toutes, lors des débats préliminaires, les polémiques et les idéologies les plus conservatrices étaient pléthoriques. Toutes ces mutations ébranlent également bien des certitudes ancrées profondément dans le corps social et relatives aux stéréotypes de genre. De fait, la famille n’est plus une, mais plurielle. Ses évolutions sont marquées, entre autres, par l’abandon des diktats de la masculinité et de la féminité, de la paternité et de la maternité, des sexualités hétéronormées. Désormais ces catégorisations ne sont plus étanches et leur porosité nous invite à repenser de manière concomitante la famille et le genre. C’est l’objectif de cet ouvrage collectif. »


Ouvrage coordonné par Thierry Goguel d’Allondans (anthropologue, Univ. Strasbourg) et Jonathan Nicolas (psychologue, Univ. Strasbourg).

Prologue d’Irène Théry. Avec des contributions de : Arnaud Alessandrin, Anne-Sophie Brun-Wauthier, Aude Certin, Sébastien Chapellon, Daniel Coum, Alain Ducosso Lacaze, Thierry Goguel d’Allondans, Morgane Gouyon-Réty, Romuald Jean-Dit- Pannel, Emmanuel Gratton, Dimitri Lorrain, Aline Martin, Claire Metz, Jonathan Nicolas, Dominique Samson-Wittig, Anne Thevenot, François Vialla.

https://www.chroniquesociale.com/comprendre-les-personnes/1413-refaire-famille.html

**

J’ai eu le plaisir d’y écrire un texte (entre philosophie et études littéraires, nourri des études féministes, queer et sur le genre les plus ouvrantes, et élaborant bien sûr largement avec la psychanalyse) sur le superbe livre de Maggie Nelson, « Les Argonautes » (Éditions du sous-sol, 2018). Pour le dire trop vite, ce dernier en effet articule les questions de la transition de genre et du faire famille.

**

**

Chères amies, chers amis,

Je vous transmets ici un lien vers le passionnant dialogue entre Lionel Le Corre et Jorge Reitter à propos du très bel ouvrage « L’homosexualité de Freud » (PUF, 2017) de Lionel Le Corre, dans lequel il nous éclaire largement sur un ressort fondamental de l’oeuvre et de la pratique de Freud.

(Cet échange a eu lieu le 25 novembre 2021, modération : Georgina Flores Chaires, congrès international en ligne: « Género, feminismos y sexualidades disidentes. Encrucijadas y vías », Universidad Autónoma de Zacatecas « Francisco García Salinas »).

L’intervention de Lionel Le Corre est en français, les échanges sont en espagnol.

Présentation du livre par l’éditeur :

« L’homosexualité de Freud » soutient que l’amitié de Freud avec Fliess, dont les effets de transfert orientent le désir inconscient de Freud et ses symptômes, joue un rôle crucial pour la découverte de la psychanalyse. Ainsi, Freud problématise l’homosexualité masculine à partir de son rejet social pour en produire une définition sophistiquée et élargie participant à (et de) l’autonomie du champ : plus il approfondit sa compréhension du fait homosexuel et en étend la surface définitionnelle, plus le terme « homosexualité » condense de significations englobant choix d’objet et narcissisme, entrée dans la paranoïa, lien social et transfert dans la cure. 1910 est le moment homosexuel de Freud où, du cas Léonard au cas Schreber, il livre des résultats cruciaux sur les ressorts inconscients du désir homosexuel dont les effets contribuent au renouvellement de la métapsychologie par l’introduction du narcissisme.

https://www.puf.com/lhomosexualite-de-freud

Lionel Le Corre est psychanalyste, membre du Cercle international d’anthropologie psychanalytique, chercheur associé au CRMPS.

Jorge Reitter est psychanalyste à Buenos Aires. Il a publié un ouvrage très novateur, Heternormativity and psychoanalysis (Routledge, 2023), version anglaise de Edipo gay. Sur le blog, voir : https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/

« Un spectre hante l’université française : le spectre de la déconstruction. Crée par Jacques Derrida à la fin des années 1960, il est devenu, dans l’esprit des réactionnaires de tout poil, le mot-valise désignant tout ce qu’ils haïssent dans la pensée, lorsque celle-ci cherche à émanciper davantage qu’à ordonner. Dégénérescence de la culture, mépris pour les grandes oeuvres, délire interprétatif, amphigouri linguistique, danger politique, confusion sexuelle, licence morale : à en croire les ennemis de la déconstruction, tout ce qui va mal dans le monde lui est imputable.
Mais que signifie cette peur ? Que signifie la fixation frénétique d’une frange d’intellectuels pour tout ce qui peut ressembler à une pensée différente, libre, inventive et fondamentalement démocratique ? Que cela signifie-t-il, si ce n’est la volonté de policer la pensée et ses institutions, pour pouvoir mieux, ensuite, policer les corps ? Telle est, en tout cas, l’interrogation qui a présidé au colloque « Qui a peur de la déconstruction » , qui s’est tenu à la Sorbonne en janvier 2023.
Il a fait scandale chez les tenants de la police. En voici les actes. »

.

Cet ouvrage a été dirigé par Isabelle Alfandary, Anne Emmanuelle Berger et Jacob Rogozinski. Isabelle Alfandary est professeure de littérature américaine à l’université Sorbonne-Nouvelle. Son dernier livre : Science et fiction chez Freud. Quelle épistémologie pour la psychanalyse ? (Les Editions d’Ithaque, 2021). Anne Emmanuelle Berger est professeure émérite de littérature française et d’études de genre à l’université Paris 8 et professeure invitée à Northwestern et Buffalo (USA).
Son dernier livre, Le Grand Théâtre du Genre (Belin, 2013), a été traduit en plusieurs langues.
Jacob Rogozinski est professeur émérite à la Faculté de philosophie de Strasbourg. Auteur de plusieurs livres sur Artaud, Derrida, la chasse aux sorcières, il a publié en 2022 « Moïse l’insurgé » aux Editions du Cerf.

Ont contribué à cet ouvrage Etienne Balibar, Aurélien Barrau, Seloua Luste Boulbina, Fabrice Bourlez, Danielle Cohen-Levinas, Marc Crépon, Monique David-Ménard, Marc Goldschmidt, Marta Hernandez Alonso, Denis Kambouchner, Ginette Michaud, Avital Ronell, Marta Segarra, Samuel Weber, Raphaël Zagury-Orly.

Ici mon billet relayant le colloques et certains enregistrements:

https://dimitrilorrain.org/2022/12/19/colloque-qui-a-peur-de-la-deconstruction-19-21-01-2023-paris-ecole-normale-superieure-sorbonne/

Chères amies, chers amis,

Vous trouverez ici l’enregistrement de la passionnante intervention de David Espinet intitulée « Kunstwerk der Wahrheit. L’esthétique de l’être chez Heidegger », au CREPHAC (Centre de Recherches en philosophie allemande et contemporaine)(1), le 14 juin 2023.

Il y présente la pensée de l’art et l’esthétique de l’être de Heidegger dans son texte de 1935/36 intitulé L’Origine de l’œuvre d’art.  Suite à une introduction d’Edouard Mehl (philosophe, Univ. Strasbourg).

Concernant la pensée de Heidegger en général, c’est ici pour David Espinet l’occasion de mettre en perspective la profonde complexité de celle-ci. D’un côté, en effet, il s’agit de caractériser la pensée de Heidegger comme relevant du déploiement d’un « mythe nazi » au sens de Lacoue-Labarthe et Nancy (2). De l’autre, il s’agit de repérer ce qui dans la pensée de Heidegger a ouvert des chemins nouveaux, donnant à élaborer, et que nombre des penseurs importants (ne citons en France que Lacan, Foucault, Levinas, Derrida, Nancy…) ont mis au travail de manière féconde.

Ainsi, dans le cas de L’Origine de l’œuvre d’art, d’un côté, David Espinet met en effet en lumière comment ce texte déploie une « description » phénoménologique de la puissance de vérité de l’œuvre d’art. De l’autre, il montre comment Heidegger, dans ce texte, « instrumentalise » cette phénoménologie dans une « proclamation » déployant une politique et une mythologie (de la « transcendance » de la « Terre ») spécifiquement nazies.

Pour le dire dans mes termes, David Espinet essaie ici d’éclairer, après d’autres philosophes, et de manière particulièrement convaincante, le double scandale de la pensée de Heidegger : le premier scandale, absolu, de son nazisme fondamental ; mais aussi le second scandale, terriblement inquiétant, du fait qu’une telle pensée peut aussi (et il s’agit ici il me semble de bien peser l’Horreur de ce aussi, en premier lieu au regard de la Shoah (3))… du fait donc qu’une telle pensée peut aussi a pu aussi présenter des ressources – phénoménologiques – pour penser après lui. A mon sens, c’est à l’acceptation douloureuse de ce double scandale que nous invite la réflexion très subtile de David Espinet.

Ce pour nous permettre d’avoir à l’esprit différentes choses : 

– la phénoménologie comme tradition philosophique constitue un apport fondamental – dans le champ de la philosophie mais aussi plus généralement (aussi en psychanalyse avec Lacan) ;

– Heidegger, a participé de cet apport de manière particulièrement ouvrante ;

– oui, dire cela, c’est aussi, à tout instant, lorsque je lis Heidegger, devoir avoir à l’esprit l’Horreur qu’éveille en moi la dimension nazie de cette pensée, mais aussi ce que j’appellerais l’ambiguïté instrumentalisante de celle-ci.

.

David Espinet est Professeur d’histoire de la philosophie allemande moderne et contemporaine et directeur adjoint du CREPHAC.

Parmi ses publications :

– « Heidegger lecteur de Kant. Points de vue privés et publics à partir de 1930 », in : Archives de Philosophie 81/2 (2018).

– « Politiques du bonheur. Kant, Derrida et Blumenberg », in : Archives de Philosophie 79 (2016), p. 759-774.

– « Justice, amitié, bonheur. Derrida et l’éthique kantienne », in : Les Cahiers philosophiques de Strasbourg 39/1 (2016), p. 25-41.

– Ereigniskritik. Zu einer Grundfigur der Moderne bei Kant (Sonderbände Deutsche Zeitschrift für Philosophie vol. 39), Berlin / Boston, De Gruyter 2017

 – Phänomenologie des Hörens. Eine Untersuchung im Ausgang von Martin Heidegger, Tübingen, Mohr Siebeck, 2009, 2e édi. 2016

Pour plus de détails, voir :

https://philo.unistra.fr/personnes/enseignants-chercheurs/david-espinet/

.

NOTES

(1) : https://philo.unistra.fr/recherche/crephac-ur-2326/

(2) : Ph. Lacoue-Labarthe et J.-L. Nancy, Le mythe nazi, L’Aube, 1991

(3) : Voir le texte de David Espinet : « Quand ne pas dire c’est faire. L’écoute heideggérienne et l’o(n)to-polémologie du silence », in Sophie-Jan Arrien / Christian Sommer (dir.), Heidegger aujourd’hui. Actualité et postérité de la pensée de l’Ereignis, Paris, Hermann 2021, p. 125-153

Chères amies, chers amis,

Je vous mets ici le lien vers deux interventions de Philippe Descola sur ABC Penser. Son oeuvre est maintenant devenue un grand classique de l’anthropologie et de la pensée contemporaine, qui a modifié notre regard sur le monde. Titulaire de la chaire d’anthropologie sociale au Collège de France, longtemps directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale fondé par Lévi-Strauss, il est un penseur (entre autres) de l’écologie, de l’anthropologie de la nature (en dialogue avec son ami Bruno Latour) et de l’anthropologie de la figuration. Philippe Descola a consacré sa vie d’anthropologue à étudier comment les humains composaient leurs mondes. Parti d’Amazonie il a tourné son champ de recherche vers l’Europe, afin de comprendre comment nous, les modernes, avions pu rendre la terre de moins en moins habitable.Il s’est aussi engagé pour un changement social et politique allant dans le sens d’une véritable bifurcation écologique.

Ici plus de détails: https://www.college-de-france.fr/fr/chaire/philippe-descola-anthropologie-de-la-nature-chaire-statutaire

Ici son intervention sur ABC penser à propos de son anthropologie de la nature, nous déprenant du grand partage entre nature et culture, pour étudier la composition des mondes et le rapport entre non-humain et humain:

Et là son intervention sur sa pensée et son parcours:

Ici encore son intervention à l’Université de Strasbourg le 7 novembre 2019, « L’animisme dans tous ses états, une approche comparative », proposée par l’Institut d’ethnologie de la faculté des sciences sociales de l’Université de Strasbourg dans le cadre du séminaire ethnologie et archéologie (2019-2020):

.

Parmi ses ouvrages:

·  Les Lances du crépuscule : relations Jivaros. Haute-Amazonie, Paris, Plon, 1993

·  Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005

·  Diversité des natures, diversité des cultures, Paris, Bayard, 2010

·  L’Écologie des autres. L’anthropologie et la question de la nature, Paris, éditions Quae, 2011

·  avec Tim Ingold, Être au monde. Quelle expérience commune ?, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2014

·  La Composition des mondes. Entretiens avec Pierre Charbonnier, Paris, Flammarion, 2014

·  Les formes du visible, Paris, éditions du Seuil, 2021

·  Philippe Descola et Allessandro Pignocchi Ethnographies des mondes à venir, Paris, Seuil, 2022

A noter aussi, l’ouvrage en son hommage: Geremia Cometti, Pierre Le Roux, Tiziana Manicone & Nastassja Martin (2019) – Au seuil de la forêt : hommage à Philippe Descola, l’anthropologue de la nature, Poullaouen, Tautem

https://www.prehistoire.org/offres/gestion/actus_all_515_40231-1/au-seuil-de-la-foret-hommage-a-philippe-descola-l-anthropologue-de-la-nature-geremia-cometti-pierre-le-roux-tiziana-manicone-nastassja-martin-2019.html

**

Parmi ses élèves, j’aimerais évoquer Geremia Cometti (anthropologue, Univ. Strasbourg):

J’aimerais ici évoquer

deux textes de moi sur Michel-Ange, liés au fait que j’ai eu la chance de largement collaborer avec Philippe Descola et avec le Laboratoire d’anthropologie sociale.

Chères amies, chers amis,

Je vous informe de la sortie du récent ouvrage de mon amie Muriel van Vliet, aux réflexions toujours subtiles et passionnantes.

Quatrième de couverture:

« L’anthropologie de l’art est une discipline relativement récente, qui naît au carrefour de plusieurs sciences humaines à la fin du XIXe siècle et qui se développe au XXe siècle jusqu’à connaître sa floraison actuelle. On entend par ce terme les études qui abordent l’art au travers du prisme de la diversité des cultures, donc constamment tourné vers d’autres formes telles que le langage, le rituel, la technique et la science avec lesquelles il interagit. « 

L’ouvrage présente les anthropologies de l’art: de Aby Warburg, Ernst Cassirer, Erwin Panofsky, André Leroi-Gourhan, Gottfried Semper, Michel Leiris, André Malraux, Claude Lévi-Strauss, Philippe Descola, Tim Ingold, et revient sur le rapport de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine africain.

Voir: https://www.editions-apogee.com/ateliers-populaires-de-philosophie/690-l-anthropologie-de-l-art.html

Muriel van Vliet est ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Paris (Ulm), agrégée de philosophie, actuellement membre de l’équipe de recherche de Philosophie des Normes à l’Université de Rennes 1 (UFR de philosophie). Enseignant la philosophie en classes préparatoires aux Lycées Chaptal et Renan de Saint-Brieuc, elle dispense aussi des cours d’esthétique et d’anthropologie de l’art à l’Université de Rennes 1 et de Rennes 2. Soutenue en 2011, sa thèse replace l’esthétique au sein de la philosophie de la culture et a été publiée en 2013 aux Presses Universitaires de Rennes sous le titre La forme selon Ernst Cassirer – de la morphologie au structuralisme. Outre le philosophe Cassirer, ses travaux portent sur Erwin Panofsky, Aby Warburg, Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Maurice Merleau-Ponty, André Leroi-Gourhan, Georg Simmel, Edgar Wind et Gottfried Semper – avec toujours en arrière-plan la morphologie du poète et penseur allemand que fut Johann Wolgang von Goethe.
Au travers de ses recherches, elle s’interroge de manière générale sur la production de signes, symboles et images, au travers d’une approche anthropologique qui ne sépare jamais ses diverses activités symboliques, qu’elles soient techniques, langagières, scientifiques, rituelles, religieuses ou artistiques.
Parmi ses publications, on peut citer Cassirer et l’art comme forme symbolique (Presses Universitaires de Rennes, 2011) ; « De la Philosophie des formes symboliques d’Ernst Cassirer à l’Anthropologie structurale de Claude Lévi-Strauss » (revue Philosophie, Éditions de Minuit, 2012), « Rituel et mythe chez Warburg, Cassirer et Panofsky – La place du corps dans la pensée mythique » (revue Appareil, 2014) ; « Ernst Cassirer, historien des idées politiques et philosophe critique » (Revue Française d’Histoire des Idées Politiques, n°40, 2014) et l’article « Symbole » dans L’interprétation – Un dictionnaire philosophique (Vrin, 2015). Elle a récemment coordonné le dossier sur André Leroi-Gourhan de la revue Regards croisés (n° 9/2019). 

Elle participe à la revue la Part de l’oeil: http://www.lapartdeloeil.be/fr/revues.php

Voici sa page Youtube, Le blog de Proxagora, cours de philosophie: https://www.youtube.com/@murielvanvliet/videos

Chères amies, chers amies,

Vous trouverez ici les liens vers les deux passionnantes interventions de l’anthropologue Geremia Cometti sur la RTS (8 mai 2019), concernant la crise écologique, le réchauffement climatique et les phénomènes de migration qui leur sont liés, mais aussi concernant ses recherches sur les Qu’eros du Pérou.

https://www.rts.ch/audio-podcast/2019/audio/l-invite-du-5h-6h30-premiere-partie-geremia-cometti-ethnologue-et-specialiste-des-questions-climatiques-25045787.html

https://www.rts.ch/audio-podcast/2019/audio/l-invite-du-5h-6h30-deuxieme-partie-geremia-cometti-specialiste-des-questions-climatiques-en-rediffusion-25060593.html

Geremia Cometti est anthropologue, membre du LinCS, Faculté d’ethnologie de l’Université de Strasbourg. Spécialiste de l’anthropologie de la nature, ses travaux s’intéressent aux conséquences du changement climatique, de l’industrie extractive, de l’agriculture et de l’élevage intensifs, sur les sociétés humaines. Ils s’attachent à décrire les relations que les groupes humains entretiennent avec leurs environnements. Geremia Cometti élabore sur les apports de l’anthropologie de la nature de Philippe Descola (1).

Pour plus de détails sur ses activités, ses travaux et ses publications:

https://ethnologie.unistra.fr/formations/enseignantes/enseignantes-sur-poste/geremia-cometti/

Ici une passionnante vidéo présentant son livre sur les Q’eros: Lorsque le brouillard a cessé de nous écouter’ Changement climatique et migrations chez les Q’eros des Andes péruviennes, Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2015.

NOTES

(1): Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005.

Chères amies, chers amis,

Je relaie ici la sublime interprétation par Jakub Józef Orliński de l’air « Vedrò con mio diletto », issu de l’opéra d’Antonio Vivaldi « Il Giustino ». Accompagnement : Alphonse Cemin (piano). Enregistrement en direct d’Aix-en-Provence dans le cadre de l’émission spéciale de Carrefour de L’Odéon, le 8 juillet 2017, sur France Musique.

Ici, les paroles, bouleversantes, en italien et en français, où il est question de plaisir et de joie, d’amour et d’absence :

Vedrò con mio diletto

L’alma dell’alma mia, dell’alma mia

Il core del mio cor

Pien di contento, pien di contento

Vedrò con mio diletto

L’alma dell’alma mia, dell’alma mia

Il cor di questo cor

Pien di contento, pien di contento

E se dal caro oggetto

Lungi convien che sia, convien che sia

Sospirerò penando

Ogni momento

Vedrò con mio diletto

L’alma dell’alma mia, dell’alma mia

Il core del mio cor

Pien di contento, pien di contento

Vedrò con mio diletto

L’alma dell’alma mia, dell’alma mia

Il cor di questo cor

Pien di contento, pien di contento

.

Je verrai avec mon plaisir

L’âme de mon âme, de mon âme

Le cœur de mon cœur

Plein de contentement, plein de contentement

Je verrai avec mon plaisir

L’âme de mon âme, de mon âme

Le cœur de ce cœur

Plein de contentement, plein de contentement

Et si du cher objet

Il faut qu’il soit loin, il faut qu’il soit

Je soupirerai de douleur

A chaque instant

Je verrai avec mon plaisir

L’âme de mon âme, de mon âme

Le cœur de mon cœur

Plein de contentement, plein de contentement

Je verrai avec mon plaisir

L’âme de mon âme, de mon âme

Le cœur de ce cœur

Plein de contentement, plein de contentement

.

Merci à Dominique Marinelli pour la relecture de la traduction. Je conclus ce texte par une pensée pour mon ami Jorge Reitter, avec qui j’ai la joie d’échanger largement sur la musique, entre tant d’autres choses.

Chères amies, chers amis,

Pour celles et ceux qui comprennent l’anglais, je vous mets ici le lien vers la passionnante intervention de Patricia Gherovici et Manya Steinkoler sur le récent livre collectif qu’elle ont dirigé : Psychoanalysis, Gender and Sexualities: From Feminism to Trans* (Routlegde, novembre 2022). Cette intervention, menée dans le cadre du podcast de Vanessa Sinclair Rendering uncounscious, que je vous conseille très vivement, vous présente l’ouvrage en détails.

RU231: PATRICIA GHEROVICI & MANYA STEINKOLER ON PSYCHOANALYSIS, GENDER & SEXUALITIES

Elaborant particulièrement les apports féministes et trans, mais aussi ceux des études de genre, ou encore des pensées queer, cet ouvrage collectif est un livre majeur. Il ouvre entre autres à une psychanalyse freudo-lacanienne ouverte, car relisant Freud et Lacan de manière novatrice, mais aussi, lorsque cela est nécessaire, critique. La préface de Patricia Gherovici et de Manya Steinkoler propose une réflexion particulièrement éclairante sur la situation contemporaine de la subjectivité et de la psychanalyse.

.

Présentation de l’éditeur 

Transcending the sex and gender dichotomy, rethinking sexual difference, transgenerational trauma, the decolonization of gender, non-Western identity politics, trans*/feminist debates, embodiment, and queer trans* psychoanalysis, these specially commissioned essays renew our understanding of conventionally held notions of sexual difference.

Looking at the intersections between psychoanalysis, feminism, and transgender discourses, these essays think beyond the normative, bi-gender, Oedipal, and phallic premises of classical psychoanalysis while offering new perspectives on gender, sexuality, and sexual difference. From Freud to Lacan, Kristeva, and Laplanche, from misogyny to the #MeToo movement, this collection brings a timely corrective that historicizes our moment and opens up creative debate.

Written for professionals, scholars, and students alike, this book will also appeal to psychoanalysts, psychologists, and anyone in the fields of literature, film and media studies, gender studies, cultural studies, and social work who wishes to grapple with the theoretical challenges posed by gender, identity, sexual embodiment, and gender politics.

Transcending the sex and gender dichotomy, rethinking sexual difference, transgenerational trauma, the decolonization of gender, non-Western identity politics, trans*/feminist debates, embodiment, and queer trans* psychoanalysis, these specially commissioned essays renew our understanding of conventionally held notions of sexual difference.

Looking at the intersections between psychoanalysis, feminism, and transgender discourses, these essays think beyond the normative, bi-gender, Oedipal, and phallic premises of classical psychoanalysis while offering new perspectives on gender, sexuality, and sexual difference. From Freud to Lacan, Kristeva, and Laplanche, from misogyny to the #MeToo movement, this collection brings a timely corrective that historicizes our moment and opens up creative debate.

Written for professionals, scholars, and students alike, this book will also appeal to psychoanalysts, psychologists, and anyone in the fields of literature, film and media studies, gender studies, cultural studies, and social work who wishes to grapple with the theoretical challenges posed by gender, identity, sexual embodiment, and gender politics.

.

Table des matières

Introduction 

Part 1: The Genealogy of Sex and Gender 

1. ‘Freud’s Ménage à quatre’ 

Tim Dean

2. ‘Glôssa and « Counter-Will »: The Perverse Tongue of Psychoanalysis’ 

Elissa Marder

3. ‘The Gender Question from Freud to Lacan’

Darian Leader

4. ‘Two Analysts Ask, « What is Genitality? Ferenczi’s Thalassa and Lacan’s Lamella »‘ 

Jamieson Webster and Marcus Coelen

5. ‘Undoing the Interpellation of Gender and the Ideologies of Sex’ 

Genevieve Morel

Part 2: Queering Psychoanalysis: Fantasy, Anthropology and Libidinal Economy 

6. ‘The Role of Phantasy in Representations and Practices of Homosexuality: Colm Tóibín’s The Blackwater Lightship and Edmund White’s Our Young Man‘ 

Eve Watson

7. ‘Oscar Wilde: Father and Som‘

Ray O’Neill

8. ‘Does the Anthropology of Kinship Talk about Sex?’ 

Monique David-Ménard

9. ‘From Fundamentalism to Forgiveness: Sex/Gender Beyond Determinism or Volunteerism’

Kelly Oliver

10. ‘Sexual (In)difference in Late Capitalism: « Freeing Us from Sex »‘ 

Juliet Flower MacCannell

Part 3: Being and Becoming TRANS-* 

11. ‘Tiresias and the Other Sexual Difference: Jacques Lacan and Bracha L. Ettinger’ 

Sheila L. Cavanagh

12. ‘In-Difference: Feminisim and Transgender in the Field of Fantasy’ 

Oren Gozlan

13. ‘Translation, Geschlecht and Thinking Across: On the Theory of Trans-‘ 

Ranjana Khanna

14. ‘Scenes of Self-Conduct in Contemporary Iran: Transnational Subjectivities Knitted On Site’

Dina Al-Kassim

15. ‘Lacanistas in the Stalls: Urinary Segregation, Transgendered Abjection, and the Queerly Ambulant Dead’ 

Calvin Thomas

16. Dany Nobus, ‘Becoming Being: Chance, Choice and the Troubles of Trans*cursivity’ 

Dany Nobus

17. ‘Just Kidding: Valeria Solana’s SCUM and Andrea Long Chu’s Females‘ 

Elena Comay del Junco

18. ‘Transgender Quarrels and the Unspeakable Whiteness of Psychoanalysis’

Yannik Thiem

https://www.routledge.com/Psychoanalysis-Gender-and-Sexualities-From-Feminism-to-Trans/Gherovici-Steinkoler/p/book/9781032257600

.

Patricia Gherovici et Manya Steinkoler ont déjà publié ensemble Lacan On Madness: Madness Yes You Can’t ( Routledge, 2015) et Lacan, Psychoanalysis and Comedy (Cambridge University Press, 2016).

.

Patricia Gherovici est psychanalyste, elle exerce à Philadelphie et à New York. Elle a obtenu en 2020 le Sigourney Award pour son travail clinique et théorique à propos de la question du genre et de la communauté latino aux Etats-Unis.

Elle a est la co-fondatrice et la directrice du Philadelphia Lacan Group et de l’Associate Faculty, Psychoanalytic Studies Minor, University of Pennsylvania (PSYS).

Elle est membre honoraire de l’IPTAR, l’Institute for Psychoanalytic Training and Research à New York.

Elle participe aussi aux travaux de l’institution de Formation Pulsion : https://pulsioninstitute.com/

Elle est encore membre fondatrice de l’institut de Das Unbehagen qui associe autour de la psychanalyse des cliniciens, des universitaires, des artistes et des intellectuels.

A noter encore: sa passionnante intervention (en anglais) sur le futur de la psychanalyse (avec le Covid, la mondialisation des échanges psychanalytique grâce à Internet…), sur le site de Vanessa Sinclair (New York), dans le cadre du podcast « Rendering unconscious »:

RU212: PATRICIA GHEROVICI – IS THERE A FUTURE FOR PSYCHOANALYSIS?

D’ailleurs, je vous conseille très vivement ce podcast: http://www.renderingunconscious.org/

Ici le site (en anglais) de Patricia Gherovici : https://www.patriciagherovici.com/

Et le site passionnant (en anglais), que je vous conseille (beaucoup de vidéos, de textes etc.) de Das Unbehagen : http://dasunbehagen.org/
​Parmi ses livres, l’on trouve son livre de référence sur la question trans : « Transgenre. Lacan et la différence des sexes (Stilus, 2021). Voir : https://dimitrilorrain.org/2023/01/14/video-patricia-gherovici-transgenre-lacan-et-la-difference-des-sexes-stilus-2021/

Et puis son absolument passionnant « Lacan dans le ghetto. Psychanalyser le « syndrome porto-ricain », qui a reçu le Gradiva Award et le Boyer Prize. Mais aussi  Please Select Your Gender: From the Invention of Hysteria to the Democratizing of Transgenderism (Routledge, 2010).

Elle a aussi publié avec Chris Christian, Psychoanalysis in the Barrios: Race, Class, and the Unconscious  (Routledge, 2019, vainqueur du Gradiva Award et du American Board and Academy of Psychoanalysis Book Prize).

.

Manya Steinkoler est psychanalyste à New York et professeur de littérature, cinéma et théorie psychanalytique d’orientation lacanienne, Borough of Manhattan community college, City university of New York (CUNY).

Elle a aussi dirigé, avec Vanessa Sinclair, le livre collectif On Psychoanalysis and Violence: Contemporary Lacanian Perspectives (Routledge, 2018).

En français, elle a publié différents articles, et a participé à l’ouvrage collectif dirigé par J.-J. Moscovitz (auquel a participé entre autres Benjamin Lévy) Violence en cours, Erès, 2017.

Chères amies, chers amis,

Voir: https://www.rcf.fr/articles/culture-et-societe/la-question-du-genre-sujet-pregnant-pour-les-ados-et-les-adultes

Ils y parlent de leur récent ouvrage « Choisir son genre? » (Chronique sociale, 2022).

Bonne écoute !

Chères amies, chers amis,

Vous trouverez ici, pour ceux qui comprennent l’espagnol, le lien vers la très belle intervention de mon ami Jorge Reitter (psychanalyste, Buenos Aires) sur la Chaîne Youtube mexicaine Yoica. Elle porte sur « les amours qui osent dire leurs noms », sur l’amour comme « geste courageux, qui change l’existence ». Il y traite particulièrement de l’amour gay, de la manière dont dans l’histoire il a été socialement violemment réprimé, mais aussi dont il en est venu à être collectivement reconnu, malgré tout:

Pour parler de l’amour, Jorge Reitter se met à l’école de la littérature et de la poésie. Pour ouvrir à l’ars erotica plus qu’à la scientia sexualis.

Entre autres, il nous y parle du rejet de l’amour gay ; de l’amour – des amours au pluriel, en leurs singularités – et du désir comme indisciplinés, échappant à toute normalisation, à toute norme (et donc à l’hétéronormativité) ; de la souffrance et de la joie immenses que l’amour éveille  ; du moment bouleversant où se déclare l’amour ; ou du moment – toujours énigmatique – où il s’incarne érotiquement, dans la rencontre de l’altérité, avec l’incomplétude qu’il implique…

Pour cela, il évoque : Oscar Wilde (et son destin tragique lié au rejet de son homosexualité), l’écrivain colombien Fernando Molano Vargas (« Un beso de Dick »), un poème de Eliseo Diego sur la peinture de Léonard de Vinci, Freud sur Léonard de Vinci…

Je l’ai dit à Jorge, sa réflexion me frappe d’autant qu’elle croise par bien des points l’élaboration sur l’amour de Lucien Israël dans « Boiter n’est pas pécher » (ou dans « La parole et l’aliénation »‘ (1)).

En résonance, je vous donne ici quelques belles citations de Lucien Israël sur l’amour (sur laquelle il propose une élaboration novatrice, par rapport à Freud et par rapport à Lacan):

Pour information, Jorge Reitter interviendra l’année prochaine au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » :

Jorge N. Reitter est psychanalyste d’orientation lacanienne, il vit et exerce à Buenos Aires (Argentine). Il enseigne à l’Université de la République, Uruguay. Il a enseigné à la Faculté de Psychologie de l’Université de Buenos Aires et à l’Université Nationale Autonome de Zacatecas (Mexique).

Il a récemment publié en anglais « Heteronormativity and psychoanalysis » (Routledge, 2023) (en espagnol : Edipo Gay, Lettra Viva, 2018).

Voir :

Il intervient aussi régulièrement sur la chaîne Youtube Asociación Libre, animée par Matias Tavil, et que je vous conseille vivement si vous comprenez l’espagnol :

https://www.youtube.com/channel/UCn-ca92YLNQjj_GSE4zxvag

Plus encore je vous conseille vivement Yoica, qui est un espace de diffusion et de transmission de la psychanalyse (Mexico, en espagnol) animée par Manuel Sanchez (traitant aussi entre autres de philosophie):

Que l’on retrouve donc sur Youtube, Facebook ou Instagram.

Chères amies, chers amis,

Je vous mets ici le lien vers la passionnante intervention de Patricia Gherovici à la librairie Le Divan (Paris), le 12 octobre 2021. Elle y dialogue, entre autres, avec Luis Izcovich et Patrick Landman, à propos de son très important ouvrage « Transgenre. Lacan et la différence des sexes (Stilus, 2021) :

En effet, le livre majeur de Patricia Gherovici ouvre à une avancée fondamentale dans la réflexion psychanalytique contemporaine, en ce qui concerne la clinique des sujets trans, mais aussi plus généralement concernant ce que la prise en compte des subjectivités trans permet d’ouvrir en psychanalyse et dans la pensée et dans la société contemporaines.

Pour cela, la réflexion de l’autrice retraverse Freud et Lacan autrement. Cela ouvre une nouvelle lecture de leurs œuvres, mais aussi à une psychanalyse – et à une psychanalyse freudo-lacanienne (1) – prenant pleinement en compte la diversité sexuelle et la diversité des cheminements de genre, mais aussi la féconde démocratisation qui a lieu dans les jeunes générations, avec ce qu’elle apporte de fécond pour la subjectivation (2).

Présentation de l’éditeur (3)

Ce livre porte sur un sujet d’actualité, celui de l’identité sexuelle. Relève-t-elle de l’anatomie, de la culture, du discours ? Quelle est la part du choix du sujet par rapport à l’identité assignée ?
Il s’agit, dans cet ouvrage en français, de la version augmentée du livre Transgender Psychoanalysis, paru en 2017 aux États-Unis. Au moment où l’on assiste à des bouleversements de société concernant le sexe et les transformations du corps, ce livre constitue une contribution fondamentale au débat sur la norme sexuelle.

Il prend appui sur des questions qui traversent la société américaine et il aborde, à partir des récits cliniques, la place de la psychanalyse avec des patients dits « trans ».

Traduit de l’anglais par Marie-Mathilde Bortolotti-Burdeau.

Patricia Gherovici est psychanalyste, elle exerce à Philadelphie et à New York. Elle a obtenu en 2020 le Sigourney Award pour son travail clinique et théorique à propos de la question du genre et de la communauté latino aux Etats-Unis.

Elle a est la co-fondatrice et la directrice du Philadelphia Lacan Group et de l’Associate Faculty, Psychoanalytic Studies Minor, University of Pennsylvania (PSYS).

Elle est membre honoraire de l’IPTAR, l’Institute for Psychoanalytic Training and Research à New York.

Elle participe aussi aux travaux de l’institution de Formation Pulsion : https://pulsioninstitute.com/

Elle est encore membre fondatrice de l’institut de Das Unbehagen qui associe autour de la psychanalyse des cliniciens, des universitaires, des artistes et des intellectuels.

A noter encore: sa passionnante intervention (en anglais) sur le futur de la psychanalyse (avec le Covid, la mondialisation des échanges psychanalytique grâce à Internet…), sur le site de Vanessa Sinclair (New York), dans le cadre du podcast « Rendering unconscious »:

RU212: PATRICIA GHEROVICI – IS THERE A FUTURE FOR PSYCHOANALYSIS?

D’ailleurs, je vous conseille très vivement ce podcast: http://www.renderingunconscious.org/

Ici le site (en anglais) de Patricia Gherovici : https://www.patriciagherovici.com/

Et le site passionnant (en anglais), que je vous conseille (beaucoup de vidéos, de textes etc.) de Das Unbehagen : http://dasunbehagen.org/


​Parmi ses autres livres, l’on trouve son absolument passionnant « Lacan dans le ghetto. Psychanalyser le « syndrome porto-ricain », qui a reçu le Gradiva Award et le Boyer Prize. Mais aussi  Please Select Your Gender: From the Invention of Hysteria to the Democratizing of Transgenderism (Routledge, 2010).

Elle a aussi publié différents ouvrages collectifs : avec Manya Steinkoler, Lacan On Madness: Madness Yes You Can’t ( Routledge, 2015) et Lacan, Psychoanalysis and Comedy (Cambridge University Press, 2016); avec Chris Christian, Psychoanalysis in the Barrios: Race, Class, and the Unconscious  (Routledge, 2019, vainqueur du Gradiva Award et du American Board and Academy of Psychoanalysis Book Prize.

Particulièrement : à noter la sortie d’un nouveau passionnant livre collectif qu’elle a dirigé  avec Manya Steinkoler : Psychoanalysis, Gender and Sexualities: From Feminism to Trans* (Routlegde, novembre 2022) :

https://www.routledge.com/Psychoanalysis-Gender-and-Sexualities-From-Feminism-to-Trans/Gherovici-Steinkoler/p/book/9781032257600

NOTES :

(1) : Pour un telle psychanalyse freudo-lacanienne ouverte, voir: Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, Flammarion, 2022 ( https://dimitrilorrain.org/2022/01/18/a-noter-la-sortiede-louvrage-de-benjamin-levy-lere-de-la-revendication-flammarion-janvier-2022/); Dimitri Lorrain, « Apports de la psychanalyse créative », in Lettre de la FEDEPSY n°10, juillet 2022 (https://dimitrilorrain.org/2022/07/22/apports-de-la-psychanalyse-creative-texte-paru-dans-lettre-de-la-fedepsy-n10-juillet-2022/; André Michels, « De la pulsion comme subversion du genre », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Erès, 2018.; Stéphane Muths, « ’’Un garçon dans un corps de fille’’, identités de genre et effraction pubertaire », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., p. 99-120; Jonathan Nicolas, « A l’ombre des jeunes gens en fleurs, une esquisse des identités adolescentes », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., à. 169-180; Jorge N. Reitter, Heteronormativity and Psychoanalysis, Routledge, 2023: https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/; Frédérique Riedlin, « Sur un air de famille(s). À partir d’une question de Judith Butler. La parenté est-elle toujours déjà hétérosexuelle ? », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Toulouse, Erès, 2018. Voir encore notre réflexion collective au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » (FEDEPSY): https://dimitrilorrain.org/seminaire-freud-a-son-epoque-et-aujourdhui/

(2) :  Voir Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, op. cit.

(3) : https://www.editions-stilus.com/transgenre.html

Chères amies, chers amis,

Pour celles et ceux d’entre vous qui lisent l’anglais, je vous informe ici de la sortie du très important ouvrage de mon ami Jorge Reitter, « Heteronormativity and psychoanalysis » (1), avec une belle préface de Patricia Gherovici.

*

Dans ce livre nourri en profondeur de l’expérience de la cure, et écrit de manière fort vivante, Jorge Reitter nous éclaire sur ce qu’il appelle l’« expérience gay » envisagée dans sa spécificité, et sur la psychanalyse depuis cette expérience.

Sa réflexion élabore, de manière rigoureusement psychanalytique, les apports de la pensée de Michel Foucault, mais aussi des études féministes, queer, lesbiennes et gaies. Elle nous éclaire sur la manière dont le discours collectif hétéronormatif et binaire oriente les pratiques et les théories psychanalytiques vers une norme désubjectivante. Et en quoi cela amène à une scotomisation ou à un rejet de la subjectivité des sujets gays, et à leur normalisation s’opposant à leur subjectivation.

Aussi ce livre nous permet-il d’appréhender la position du sujet gay dans ce que Jorge Reitter appelle – en élaborant Foucault – le « dispositif de l’hétéronormativité », c’est-à-dire le dispositif de pouvoir, portant sur la sexualité, que déploie le discours collectif hétéronormatif et binaire. Un point important est d’ailleurs que ce discours collectif voit dans l’hétérosexualité la seule forme de sexualité légitime, et donc rejette la diversité sexuelle.

De plus, nous pouvons noter que l’auteur ne parle pas de l’hétérosexualité comme en soi normative ; ce que j’élabore ainsi : c’est la forme binaire (désubjectivée) de l’hétérosexualité qui est normative, mais une autre hétérosexualité (subjectivée) existe bien, même si minoritaire, à l’écart de l’hétéronormativité.

Ainsi, plus généralement, ce livre nous aide à appréhender les ressorts et l’histoire de l’hétéronormativité et de la binarité pour chaque sujet, qu’il soit LGBT+ ou hétéro.

Pour cela, Jorge Reitter relit Freud et Lacan en détails, en essayant de « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Il rappelle que Freud nous a révélé la contingence de l’objet sexuel. Ce qui fait que – comme le disait Freud lui-même – l’homosexualité ne peut être considérée comme « pathologique ». Bref, il n’existe pas de norme sexuelle, et il s’agit d’essayer d’en tirer toutes les conséquences.

Cela permet à Jorge Reitter, en s’appuyant sur toute une bibliographie souvent encore à découvrir en France, d’éclairer ce qui dans les œuvres de Freud et de Lacan pose de manière géniale les problèmes fondamentaux de la subjectivité et de la psychanalyse, mais aussi ce qui participe de l’hétéronormativité et de la binarité.

En ce sens, le complexe d’Oedipe, montre l’auteur, vaut aussi bien pour les sujets non hétérosexuels. Plus largement, le complexe d’Oedipe est relié dans le livre à la « tâche », pour le sujet, « de devenir indépendant de l’autorité (du désir) des parents » (2).  

Plus encore, Jorge Reitter nous propose une formulation fort élaborative, quand il établit que le sujet gay reconnaît la différence des sexes – envisagée au plus près de la clinique, et de manière non hétéronormative ni binaire (3). Juste, ajoute-t-il, le sujet gay se positionne autrement par rapport à celle-ci que le sujet hétérosexuel.

Bref, ce livre nous permet donc d’envisager les problèmes classiques de la psychanalyse (comme ceux du complexe d’Oedipe ou du complexe de castration, ou encore celui de la différence des sexes, mais aussi celui du symbolique) sous un nouveau jour, pleinement ouvert à la diversité sexuelle et dégagé de la gangue hétéronomative et binaire.

Et, en suivant les réflexions de Jorge Reitter, nous pouvons reprendre à notre compte de manière créative – et non normative – l’interrogation fondamentale de Freud sur le rôle central de la sexualité dans la subjectivité, et dans l’enfance du sujet : sur la sexualité en ce qu’elle est fondamentalement hors-norme – queer diront certains.

Cela ouvre au fait de solidement prendre en compte – avec Lacan – le donné fondamental consistant dans le fait que, pour citer Jorge Reitter, « être dépendant de l’Autre et être très marqué par son désir est une condition nécessaire » (4) à la subjectivation. Car, dirais-je, ce sont, dans un premier temps, cette dépendance à l’Autre (à l’Autre du langage, mais aussi à l’Autre qui a donné au sujet le langage) et cette marque du désir (liée à cette dépendance à l’Autre), qui permettront au sujet, dans un deuxième temps, de devenir indépendant de l’autorité, du désir, des parents.

Dans la cure, cela nécessite le fait que la parole du sujet déploie ce qu’il en est du signifiant, mais aussi que « l’attention de l’écoute analytique (soit) portée sur la structure du signifiant » (5).

D’ailleurs, dans son insistance de l’émancipation du sujet par rapport aux autorités, Jorge Reitter rejoint à mon sens l’insistance de Serge Leclaire, dans son débat avec Lacan, sur le fait que le désir de l’Autre gagne, dans la cure, à prendre une forme « un peu déliée » (6). En d’autres termes, il gagne à prendre une forme pleinement créative, dégagée de toute volonté directive (7). On le voit, chez Jorge Reitter comme chez Leclaire, c’est là une lecture de Lacan – et de son éclairage sur la créativité du signifiant – qui s’émancipe de Lacan, lorsque cela est nécessaire.

Aussi, au regard des vifs et fort compréhensibles débats contemporains à son propos (8), le complexe d’Oedipe (comme son pendant le complexe de castration) n’apparaît-il pas comme quelque chose d’en soi normalisateur, même si son élaboration a pu, chez Freud et après lui, prendre une forme hétéronormative et binaire.

Par là même, ce livre fort important nous propose une articulation très subtile, et au plus près de l’expérience psychanalytique, entre psychanalyse et politique. Car nous trouvons ici une réflexion très opérationnelle sur la question du pouvoir – en lien au langage. En effet, de manière très concrète, pour Jorge Reitter, il s’agit dans la cure d’ « être attentif à la place que le sujet a dans le discours qui le nomme, et qui le situe dans des relations de pouvoir » (9).

Cela nous permet aussi de nous rappeler ce que dit Lacan, en passant par les Lumières, de la relation de la psychanalyse au pouvoir : « Et dans (…) mes Écrits, vous le voyez (…) j’invoque les Lumières. Il est tout à fait clair que les Lumières ont mis un certain temps à s’élucider. (…). Contrairement à tout ce qu’on en a pu dire, les Lumières avaient pour but d’énoncer un savoir qui ne fût hommage à aucun pouvoir » (10).

En somme, cet ouvrage constitue un apport fondamental sur tout un ensemble de questions cruciales. Il en va là de la mise en place d’une psychanalyse  – et d’une psychanalyse freudo-lacanienne (11) – ouverte à la fois à la diversité sexuelle, à la diversité des cheminements de genre,  mais aussi à la féconde démocratisation qui a lieu dans les jeunes générations, avec ce qu’elle apporte de fécond pour la subjectivation (12). Cette psychanalyse ouverte se positionnant de manière psychanalytique contre les discriminations. Ici, l’enjeu est aussi que cette psychanalyse ouverte soit aussi capable de soutenir solidement la subjectivation des sujets, en utilisant pour cela les apports cliniquement fondamentaux, et toujours actuels (pour peu qu’on les réinterprète de manière créative comme le fait l’auteur), de Freud et de Lacan.

Et je finirai sur ce point : Jorge Reitter insiste sur le fait que la psychanalyse qui se positionne contre les discriminations, c’est aussi la psychanalyse qui se positionne contre elles dans les institutions psychanalytiques. Ce alors que l’institution psychanalytique a mis tant de temps à dépathologiser l’homosexualité. D’ailleurs, l’institution psychanalytique, en cela, a bien été contre la volonté de Freud qui, il s’agit de le rappeler, était favorable au fait que des gays ou des lesbiennes deviennent analystes. C’est bien ce que montre le fait qu’il a longtemps collaboré avec Hirschfeld, ce sexologue et militant historiquement important pour la reconnaissance des droits LGBT (13).

*

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur 

Heteronormativity and Psychoanalysis proposes a critical reading of the Freudian and Lacanian texts that paved the way for a heteronormative bias in the theory and practice of psychoanalysis.

Jorge N. Reitter’s theoretical-political project engages in a genealogy of how psychoanalysis approached the ‘gay question’ through time. This book determinedly seeks to dismantle the heteronormative bias in the theories of psychoanalysis that resist new discourses on gender and sexuality. Drawing on developments by Michel Foucault and lesbian and gay studies on queer theory and feminist theorizing, Reitter draws attention to the normalizing devices that permanently regulate sexuality neglected by psychoanalysis as producers of subjectivities.

Accessibly written, Heteronormativity and Psychoanalysis will be key reading for psychoanalysts in practice and in training, as well as academics and students of psychoanalytic studies, gender studies, and sexualities.

Table des matières

Prologue by Patricia Gherovici

Prologue to the first edition

I. Heteronormativity and psychoanalysis

1) Oedipus gay

2) The original entanglement. How psychoanalysis could not escape the heteronorm

3) Oedipus reloaded

4) Towards a post-heteronormative Oedipus

II. Miscellanea

5) On the political incorrectness of eroticism

6) Rethinking the possible as such

7) Felix Julius Boehm

III. Bonus tracks

8) Talking with Jorge Reitter : neither the Other nor sexuality exists outside of power relations

Epilogue

Jorge N. Reitter est psychanalyste d’orientation lacanienne, il vit et exerce à Buenos Aires (Argentine).

Il enseigne à l’Université de la République, Uruguay. Il a enseigné à la Faculté de Psychologie de l’Université de Buenos Aires et à l’Université Nationale Autonome de Zacatecas (Mexique).

Pour une présentation de l’ouvrage (en espagnol), sur la passionnante et fort subtile Chaîne Youtube Asociación Libre (en espagnol), portant sur la psychanalyse, avec Matias Tavil, voir :

Jorge N. Reitter intervient aussi régulièrement sur Asociación Libre, animée par Matias Tavil, et que je vous conseille vivement si vous comprenez l’espagnol :

https://www.youtube.com/channel/UCn-ca92YLNQjj_GSE4zxvag

NOTES :

(1) : La page Internet du livre: https://www.routledge.com/Heteronormativity-and-Psychoanalysis-Oedipus-Gay/Reitter/p/book/9781032171845#

(2) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 53.

(3) : Pour une clinique et une théorie ni hétéronormative ni binaire de la différence de sexes, voir P. Gherovici, Transgenre, Lacan et la différence des sexes, Stilus, 2021. Voir aussi Serge Hefez, Transitions, Calmann-Lévy, 2020.

(4) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 60.

(5) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 31.

(6) Serge Leclaire, Rompre les charmes, Inter Éditions, 1981, p. 167.

(7) : De ce point de vue, en ce qui concerne l’histoire de la psychanalyse en France, l’apport de Lacan, pour génial et mettant en crise le caractère massivement directif de l’enseignement de Freud (voir Moustapha Safouan, Le Transfert et le Désir de l’analyste, Seuil, 1988), n’a pas été sans réintroduire une certaine directivité. Leclaire, comme d’autres de ses élèves (Perrier La Chaussée d’Antin : Œuvre psychanalytique I., Paris, Albin Michel, 2008 et La Chaussée d’Antin II. : Œuvre psychanalytique II., Albin Michel, 2008), Lucien Israël (Boiter n’est pas pécher, Arcanes/Erès, 2010)…), proposent de mettre en crise de l’intérieur de l’apport lacanien le reste de directivité qui habite l’enseignement de Lacan.

(8) : Plus en détails, Jorge Reitter débat avec son ami Fabrice Bourlez sur cette question du complexe d’Œdipe. Dans son fort intéressant ouvrage Queer psychanalyse (Hermann, 2018), Fabrice Bourlez propose en effet une psychanalyse post-oedipienne, nourrie en premier lieu de Deleuze et de Guattari (L’Anti-Œdipe, Paris, 1972).

(9) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 15.

(10) : J. Lacan, Le Séminaire, Livre XIX, Ou pire, 1971-1972, 15.12.71, éd. Valas, p. 27.

(11) : Pour un telle psychanalyse freudo-lacanienne ouverte, voir: Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, Flammarion, 2022 ( https://dimitrilorrain.org/2022/01/18/a-noter-la-sortiede-louvrage-de-benjamin-levy-lere-de-la-revendication-flammarion-janvier-2022/); Dimitri Lorrain, « Apports de la psychanalyse créative », in Lettre de la FEDEPSY n°10, juillet 2022 (https://dimitrilorrain.org/2022/07/22/apports-de-la-psychanalyse-creative-texte-paru-dans-lettre-de-la-fedepsy-n10-juillet-2022/; André Michels, « De la pulsion comme subversion du genre », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Erès, 2018.; Stéphane Muths, « ’’Un garçon dans un corps de fille’’, identités de genre et effraction pubertaire », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., p. 99-120; Jonathan Nicolas, « A l’ombre des jeunes gens en fleurs, une esquisse des identités adolescentes », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., à. 169-180; Frédérique Riedlin, « Sur un air de famille(s). À partir d’une question de Judith Butler. La parenté est-elle toujours déjà hétérosexuelle ? », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Toulouse, Erès, 2018. Voir notre réflexion collective au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » (FEDEPSY): https://dimitrilorrain.org/seminaire-freud-a-son-epoque-et-aujourdhui/

(12): Pour cette démocratisation, voir Benjamin Lévy, op. cit.

(13) : Sur Hirschfeld et la proximité de Freud avec lui, voir P. Gherovici, Transgenre, Lacan et la différence des sexes, Stilus, 2021, p. 82-91.




Chères amies, chers amis,

Comme j’en ai parlé récemment avec différents amis, je vous mets ici en PJ deux textes publiés (en français et en espagnol) de 2014 sur Michel-Ange comme artiste et comme poète (car Michel-Ange est aussi un immense poète). Ils traitent du « Jugement Dernier » et de ses superbes poèmes, à la fois fort délicats et très directs. J’y propose un éclairage personnel, quelque peu nouveau, sur le « Jugement Dernier ».

J’y parle de la « mélancolie » au sens de la médecine ancienne, et non pas au sens moderne, psychiatrique ou psychanalytique. A la Renaissance, la créativité, poétique, artistique, intellectuelle, existentielle, était associée à la mélancolie pour peu qu’elle soit traversée de manière inventive – « métaphorique » dit (le Pseudo-)Aristote dans son texte le Problème XXX, 1 qui a élaboré cette idée largement reprise à la Renaissance.

Dans ces textes, je me suis appuyé sur l’histoire de l’art et des images telle qu’elle est envisagée par Aby Warburg (1), et à sa suite par ceux qui ont de manière si féconde travaillé son apport, comme Georges Didi-Huberman (EHESS) et Horst Bredekamp (Univ. Humboldt, Berlin) – chez qui j’ai eu l’honneur d’être Visiting Fellow en 2011-2012. Autant d’auteurs nourris de la psychanalyse (2).

Dans ces deux textes, j’élabore aussi largement sur la question écologique du rapport entre non-humain et humain. Je me suis ici appuyé sur les apports de l’anthropologie sociale, et particulièrement de l’oeuvre de Philippe Descola (élève de Claude Lévi-Strauss, et qui a été titulaire la Chaire d’Anthropologie Sociale au Collège de France, et avec lequel j’ai eu la chance de collaborer) avec qui j’ai eu la chance de collaborer) (3) mais aussi des anthropologues du Laboratoire d’Anthropologie Sociale. En effet, j’ai eu le plaisir d’animer un séminaire au Collège de France entre 2011 et 2013, intitulé « Littératures et anthropologie », avec deux anthropologues, Corinne Fortier et Salvatore d’Onofrio.

Je les ai écrits à une époque où je n’étais pas solidement initié à la psychanalyse, mais je m’intéressais déjà à l’histoire de la sexualité (à la Renaissance). Il y a dans certains de ces textes des choses que je formulerais autrement maintenant.

Le premier texte a été publié avec le Centre Allemand d’Histoire de l’Art à Paris (DFK), dans un volume dirigé par Georges Didi-Huberman (EHESS) , Lena Bader (DFK) et Johannes Grave (Univ. Iena): « Mélancolie et parole sur l’image chez Michel-Ange », in G. Didi-Huberman et al (dir.), Sprechen über Bilder – Sprechen in Bildern, Deutscher Kunst Verlag, Berlin, 2014, p. 159-172. Il est en français.

Le second texte a été publié avec le Colegio de Mexico et le Laboratoire d’Anthropologie Sociale, dans un volume dirigé par Karine Tinat (El Colegio de Mexico) et Dimitri Karadimas : « Creencia y sexualidad en la gaya ciencia de El Juico Final », D. Karadimas et K. Tinat (dir.), in Sexo y fe. Lecturas anthropologicas de creencias sexuales e prácticas religiosas, El Colegio de Mexico, Mexico, 2014, p. 47-68. Il est en espagnol.

Ici le lien vers l’ouvrage en ligne:
https://books.google.de/books?id=KNY2CAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=de#v=onepage&q&f=false

Brillant et sympathique anthropologue, Dimitri Karadimas est malheureusement décédé en 2017. ici un lien vers ses travaux fort passionnants: http://las.ehess.fr/index.php?2120

Une dernière précision: Karine Tinat, Corinne Fortier, Dimitri Karadimas, Salvatore D’Onofrio sont (ou était) tous des élèves de Françoise Héritier et de sa très importante anthropologie du masculin/féminin (voir l’ouvrage du même nom chez Odile Jacob) (elle aussi élève de Claude Lévi-Strauss, elle a été titulaire de la Chaire d’Anthropologie Sociale au Collège de France avant Philippe Descola).

NOTE

(1) : Ici le lien vers mon intervention sur le cheminement intellectuel et psychanalytique d’Aby Warburg:

(2): Georges Didi-Huberman déploie son élaboration symptomale des images dans « L’image survivante » (Minuit, 2002). Horst Bredekamp élabore sur Lacan pour sa théorie de l’image dans « Théorie de l’acte d’image » (La Découverte,2015, trad. F. Joly).

(3): De Philippe Descola, voir particulièrement son opus « Par-delà nature et culture » (Gallimard, 2005) et son livre sur les images « Les formes du visible », Seuil, 2021). J’aimerais aussi citer son engagement écologique allant de pair avec son apport.

LES DEUX TEXTES:

Chères amies, chers amis,

Je relaie ici l’information de la tenue du Festival d’idées « Habitabilités : architecture, ville et nature à l’ère de l’anthropocène » qui se tiendra à Strasbourg au Phare Citadelle les vendredi 21 et samedi 22 octobre.

Autour de conférences, de visites, de projections et de tables rondes, le festival nous invite à réfléchir sur les manières collectives de construire, de penser l’urbanisme et sa relation à la nature, et de vivre en ville ensemble face aux enjeux écologiques.

Les manières de fabriquer l’architecture et la ville évoluent, tout comme notre regard sur les conditions actuelles de l’habitabilité de la Terre. Ce festival d’idées vise à faire dialoguer la philosophie, l’histoire, le cinéma, les architectes, les urbanistes et les citoyens, pour partager un moment de réflexion sur nos modes de vies et les potentiels à notre portée pour les faire évoluer. Il explorera les nouveaux rapports entre la ville et la nature mais aussi les modèles architecturaux et urbains alternatifs qui émergent en ce sens.

Auront lieu deux conférences majeures pour l’architecture :

Michael Ghyoot pour l’agence belge Rotor, le vendredi 21 octobre à 19h,

Le philosophe Philippe Simay et l’architecte Clara Simay de l’agence Grand Huit, le samedi 22 octobre à 18h.

Autour de ces moments nous discuterons avec Joël Danet du Lieu documentaire qui présentera le film Milieu, la philosophe Joëlle Zask, Syamak Agha Babaei, premier adjoint à la maire de Strasbourg, Yannick Grosse de l’agence Prototip pour présenter le projet Phare Citadelle, et l’historien Sylvain Piron.

Cet événement se tiendra dans la grande halle du tiers-lieu Phare Citadelle, 11 rue de Nantes (tram ligne D arrêt Citadelle).

L’entrée est libre et gratuite.

En parallèle de cet événement, le Phare Citadelle est ouvert à la restauration à partir de 17h et programme des sessions de DJ Set à partir de 19h. (https://phare-citadelle.eu/)

Ce festival d’idées s’est construit dans le cadre du projet USIAS « Par-delà ville et nature » porté par le philosophe Mickaël Labbé. Il s’inscrit dans le cadre de la programmation culturelle des Journées de l’Architecture qui court sur tout le mois d’octobre en Alsace, à Bâle et au Bade-Wurtemberg, dont le thème de l’édition 2022 est « Architecture & Ressources ».

Chères amies, chers amis,

Ici la passionnante séance du 15.6..22 du séminaire « Freud, Lacan et nous. Les incidences du contemporain dans les processus de subjectivation », de l’association Psychanalyse actuelle, animé par J.-J. Moscovitz et Benjamin Lévy. Elle est consacrée au très important ouvrage de ce dernier, « L’ère de la revendication » (Flammarion, 2022). J’ai eu le plaisir de participer aux échanges.

Voici la présentation du livre sur le site de l’éditeur:

« Le ressentiment, l’indignation, la colère, la défiance et l’anxiété sont désormais omniprésents dans l’espace public, mais certaines voix s’élèvent pour réclamer le droit à un avenir meilleur. Se mettre à l’écoute des revendications collectives, aussi hétérogènes qu’elles puissent sembler ( féministes, antiracistes, écologistes, etc.), c’est devenir sensible à des trajectoires de vie, à des désirs singuliers qui incitent des femmes et des hommes à se montrer inventifs pour transformer la société.
D’un autre côté, la frustration prend parfois un chemin mortifère, s’inscrivant dans une dynamique paranoïaque, une radicalisation des pensées. Comment la revendication reste-t-elle porteuse d’avenir, et en vertu de quels mécanismes risque-t-elle au contraire de se retrouver du côté de la haine, de la destructivité ou même du meurtre ? J’ai voulu dans ce livre découvrir moins “si” que “comment” revendiquer peut être un bien en démocratie.
J’invite le lecteur à un voyage sur des eaux tumultueuses : des Gilets jaunes aux antivax, du mouvement #MeToo à Black Lives Matter en passant par les revendications LGBTQIA+, ce livre offre des outils pour mieux comprendre les débats contemporains. »
B. L.

A propos de ce livre:

Benjamin Lévy est psychanalyste, psychologue, philosophe, enseignant, ancien élève de l’ENS. Il a publié de nombreux articles, ainsi que plusieurs traductions d’ouvrages aux éditions Ithaque – dont par exemple la correspondance Freud-Federn (Cartes postales, notes & lettres de Sigmund Freud à Paul Federn, 1905-1938, Paris, Ithaque, 2018), autour de laquelle j’avais organisé une rencontre à la Librairie des Bateliers, Strasbourg, le 15.6.2019, pour un échange avec Jean-Raymond Milley.

Il publie aussi régulièrement des textes sur le blog (1).

Il anime avec Jean-Jacques Moscovitz le séminaire « Freud Lacan et Nous. Les incidences du contemporain dans les processus de subjectivation », de l’association Psychanalyse actuelle, hébergé dans les locaux de l’Ecole Normale Supérieure (2) .

Voici le lien vers son blog: https://benjaminlevy.wordpress.com/

NOTES:

(1): https://dimitrilorrain.org/category/textes-de-benjamin-levy/

(2): https://sites.google.com/site/psychanalyseactuel/seminaire-de-psychanalyse-actuelle?authuser=0

Je vous transmets cette information en lien à la sortie de ce si important ouvrage.

**

David M. Halperin (né le 2 avril 1952) est un helléniste, historien et théoricien queer des États-Unis.
Il est titulaire de la chaire W. H. Auden d’histoire et de théorie de la sexualité à l’université du Michigan. Il est aussi le co-fondateur de la revue GLQ. Son « Saint Foucault », traduit en français par Didier Eribon (Paris, Epel, 2000), est un des ouvrages majeurs des queer, gay and lesbian studies. Il est également l’auteur de « Cent ans d’homosexualité et autres essais sur l’amour grec » ; « Platon et la réciprocité érotique » ; et « Oublier Foucault ».
Il est connu pour ses travaux sur l’homosexualité dans l’Antiquité, notamment dans l’œuvre de Platon, avançant que les notions étaient si différentes à cette époque qu’on ne peut pas encore parler d’homosexualité, la notion se construisant à partir de la création du mot par Karl-Maria Kertbeny. Il se montre influencé par des historiens comme George Chauncey.
Il a aussi écrit un ouvrage critique sur les biographies de Michel Foucault. Il montre que ses biographes ont parfois soumis sa vie à des distorsions homophobes. Il reconnaît aussi l’apport du philosophe français aux recherches queer, notamment l’Histoire de la sexualité qui l’a beaucoup influencé.

Sa réflexion se porte sur la manière d’écrire l’histoire de l’homosexualité. Il étudie l’évolution des notions d’amour entre hommes, notamment en prenant en compte les travaux d’Eve Kosofsky Sedgwick qui met en évidence la coexistence de conceptions différentes voire contradictoires de l’homosexualité sur une même période.

Publiés dans la collection « Les grands classiques de l’érotologie moderne »:

**

Sandra Boehringer est maîtresse de conférences en histoire grecque à l’Université de Strasbourg et membre du laboratoire Archimède (UMR 7044). Ses travaux portent sur les questions de genre et de sexualité dans l’Antiquité grecque et romaine. Elle a récemment publié:

Laurie Laufer exerce la psychanalyse à Paris. Elle est directrice de l’UFR Institut des Humanités, sciences et sociétés de l’Université Paris Cité. Elle a récemment publié:

Gonzalo Percovich est psychanalyste à Montevideo. Il anime le séminaire:

Cher.e.s tou.te.s,

Vous trouverez ici le fort éclairant échange de Laurie Laufer avec Roland Gori à propos de son si beau livre, « Les héroïnes de la modernité. Mauvaises filles et psychanalyse matérialiste » (La Découverte, 2025).

Ce dialogue se déploie dans le cadre de l’émission Deux psychanalystes dans la ville, animée par Roland Gori et Vincent Hein.

**

Présentation par l’éditeur :

Les héroïnes de la modernité
Mauvaises filles et psychanalyse matérialiste

La médecine, la psychiatrie et la psychanalyse ont, depuis le XIXe siècle, produit nombre de discours savants sur les paroles, les corps, les sexualités et les comportements des femmes. Diagnostics, médicalisation, pathologisation ont servi à les assigner à des rôles genrés et à maintenir les hiérarchies et les normes sociales. Pour ces  « experts », les lesbiennes sont malades, les prostituées sont folles, celles qui refusent d’être mères sont anormales, les femmes qui avortent sont amorales, les jeunes filles libres sont déséquilibrées. Elles sont toutes hystériques, mélancoliques, psychotiques, perverses.
Mais que font ces  « mauvaises filles » de ce que l’on a fait d’elles, de ce que l’on a dit d’elles ? Elles racontent des histoires différentes. Elles écrivent et parlent de leur liberté. Elles arrachent les camisoles et, ensemble, se soulèvent. Les Madeleine Pelletier, Natalie Clifford Barney, Virginia Woolf, Monique Wittig, Wendy Delorme et toutes celles que nous rencontrons dans ce livre se sont frayé un chemin en dépit des résistances et du mépris. Refusant d’être objets de discours, elles ont pris des voies tortueuses, détournées, jusqu’à risquer leur vie pour déployer une liberté érotique, poétique et politique.
Comment l’inventivité de ces héroïnes de la modernité peut-elle inspirer la psychanalyse ? Il s’agit, dans ce livre, de penser une psychanalyse qui entende enfin les conditions de vie des  « mauvaises filles » et prenne en compte les dispositifs sociaux qui les oppressent. Car l’inventivité de ces héroïnes de la modernité pourrait bien inspirer la psychanalyse et l’aider à redevenir, enfin, une pratique de la liberté.

**

Ici la présentation de l’émission « Deux psychanalystes dans la ville »:
Roland Gori et Vincent Hein ont eu l’idée de se retrouver régulièrement pour engager une série de conversations autour de la psychanalyse, de la politique, de la philosophie, de la société, de la littérature ou de l’actualité.
Intitulé « Deux psychanalystes dans la ville – Conversation entre Vincent Hein et Roland Gori », ce projet propose deux fois par mois au moins, un dialogue libre entre ces deux voix d’écrivains et de psychanalystes désireuses de confronter leurs réflexions à la complexité du monde contemporain.
Ces échanges, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ont vocation à constituer, au fil du temps, une bibliothèque d’idées vivante et accessible à tous.
Ils offriront à chacun la possibilité de suivre, une pensée en mouvement, ouverte sur la cité et sur le temps présent.

**

Laurie Laufer nous a fait l’honneur et la joie de participer au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » sur le « masculin / féminin » (sur zoom), pour une discussion autour de cet ouvrage. Voici le programme du séminaire :

**


Laurie Laufer exerce la psychanalyse à Paris. Elle est directrice de l’UFR Institut des Humanités, sciences et sociétés de l’Université Paris Cité.

Elle est aussi l’autrice de :
– L’inconscient, Liens liens qui libèrent , 2024, tire du podcast sur France Inter.

– Vers une psychanalyse émancipée, renouer avec la subversion. Paris, 2022, La Découverte

– Murmures de l’art à la psychanalyse, Paris Hermann, 2021

– avec Sandra Boehringer, Après Les Aveux de la chair. Généalogie du sujet chez Michel Foucault, Paris, EPEL, 2020

–  « De quoi LGBTQI++ est-il le nom ? une psychanalyse en mutation », In analysis.

–  « Du rire à la joie : psychanalyse, féminisme et politique », Cahiers du genre, 68, 2020

–  L’énigme du deuil, Paris, PUF, 2006

Elle co-anime le séminaire « Cliniques et critiques » avec Thamy Ayouch, Fabrice Bourlez, Lionel Le Corre, Silvia Lippi, Sinziana Ravini: https://menageriedeverre.com/evenements/seminaire-cliniques-et-critiques-indifferences-sexuelles#presentation

**

Voici aussi le programme du cycle « (Re)découvrir Lou Andreas-Salomé », que l’association strasbourgeoise À livre ouvert / Wie ein offenes Buch consacre tout au long de la saison 2025/26 à cette intellectuelle germanophone d’origine russe. En effet, Laurie Laufer y interviendra le samedi, 11 avril 2026, 16h, pour une table ronde intitulée « Lou Andreas-Salomé et la psychanalyse : une amitié introspective ». Avec entre autres notre amie Ondine Arnould (philosophe), qui interviendra le 2 avril 2026 (21h) sur cette même Lou Andreas-Salomé à notre séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui », sur zoom.

Dear friends,

I would like to inform you about the seminar led by Marcus Coelen: « The “Structure” of Psychoanalysis ».

The seminar is free of charge and open to anyone. It is possible to join at any moment.

Dates : October 17, 31; November 7, 21; December 12; January 9, 30; February 13, 27; March 13.

Times : 3:15 pm – 4:45 pm EST / 21:15 – 22:45 CET.

Marcus Coelen is psychoanalyst / New York / Berlin // +1 (347) 232-5102 // Comparative Literature / University of Munich // mcoelen@lmu.de.

See:

Affiliation :

DasUnbehagen New York
Berlin School for Psychoanalysis after Freud and Lacan
Pulsion – International Institute of Psychoanalysis and Psychoanalytic Psychosomatics
The Foundation for Community Psychoanalysis

SPF : https://www.spf.asso.fr/

Places : The sessions will each time take place on “zoom” via https://us06web.zoom.us/j/82940235571 // as well as in person in New York (at The Foundation for Community Psychoanalysis, 81 Court Street, Brooklyn NY 11201) // and in Berlin (Forum for Psychoanalytic Practice – PsyBi, Geisbergstraße 27, Schöneberg) // next meeting in Berlin on December 12th.

Access : While joining the virtual meetings you might be asked to provide a code.

Code : 383 877

List : The seminar has a mailing list for those who would like to exchange ideas, share texts etc. To join the list please email mcoelen@icloud.com.

Box : A Dropbox will be provided with texts relevant to the seminar. The link to the box can be obtained by joining the mailing list.

Clinical : The seminar will be accompanied by a clinical study group starting in January 2026, the participation in which is determined by certain conditions: if interested, please email mcoelen@icloud.com. Dates: January 16, February 20, March 6, April 3.

Quotes :

« […] the word structure is no better than the word free association […] »
(J. Lacan, … ou pire)
« […] that stupid structure of mine—turns out to be a knot […] »
(J. Lacan, Les non-dupes errent)
« […] boeuf, lac, ciel, rouge, triste, cinq, fendre, voir […]
(F. de Saussure, Ms. fr. 3961)
« Let’s leave de Saussure alone! »
(J. Lacan, Les écrits techniques de Freud)

Dissonance

A peculiar dissonance: Whereas no science or theory today would claim to be exclusively “structuralist,” would embrace “structure” as the first and last word on either the model or the real of its object, the term structure enjoys ample usage in psychoanalysis, especially where it defines itself under some influence of the teachings and writings by Jacques Lacan.

Structure

Does “Lacanian” psychoanalysis cling—for reasons perhaps justifiable—to a notion elsewhere seen as epistemologically obsolete? And then why? Or has the term simply fallen from a height of theoretical precision and rigor into the everydayness of language games where it is bestowed with a halo of gravity, and employed almost synonymously with “system,” “architecture,” “construction,” “inner core,” etc.? Is “structure” able to afford such imprecision? And what happens to structure—or to that, what the concept once tried to catch—if “structure” can mean almost anything and next to nothing? Is the sexual structural? Which afterlife of linguistic structuralism is implied in using “signifiers”? What do we inherit from the “elementary structures of kinship” in anthropology? Which resonances with “mathematical structures” could be taken into account? What affect does structure “trigger”?

Structures

And perhaps most importantly, how do the so-called “clinical structures,” or the “way someone is structured”—expressions often used as if designating the property, the inner make-up of a person, mind, or psyche—relate to the attempt at divesting psychoanalysis from psychology by minimalizing its vocabulary and projecting it onto a plane that is determined by the notion of “structure” and only a few others?

Questions

This seminar aims to address these questions and elaborate on their relevance for psychoanalytic theory and practice today. We will cover pieces of the history of structuralism as well as of the history of the term “structure” preceding or surrounding it; we will think through the theoretical implications of structure for psychoanalysis’s relation to contemporary science; we will confront the structure (in Lacan) with the psychic apparatus (in Freud) as well as the grid (in Bion); we will ask about “clinical structures” and their relevance in analytic work.

Syllabus

[1./ October 17: introduction / structure as word, concept or— »structure » / moments of structure in Lacan / Bataille and heterogeneity // 2./ October 31: more introduction and on “structure,” as well as on heterogeneity in Bataille / some words on linguistics and Saussure // 3./ November 7: the invention of linguistic structure / Saussure susurre structure // 4./ November 21: the value of structure in Lacan in the 1950s I // 5./ December 12: « let’s leave de Saussure alone! » / the value of structure in Lacan in the 1950s II // 6./ January 9: the value of structure in Lacan III / psychosis as construction-and-reduction ground // 0./ January 30: structure for structure and against formalism, or: transformation in Levi-Strauss] // 7./ Februaury 13: a drift from bottom to top towards wardward: the loose ends of Gegensinn / Benveniste, Abel, Freud // 8./ February 27: Freud and formalist writing / negation / the apparatus and the complex / nexus // 9./ February March 13: Lacan / graphs, rims, holes, typos / leftovers of structure // is there a structure in the clinic? /// The syllabus is subject to transformation.

One

In the first session (on October 17), we started presenting the cause, aim, and frame of the seminar. After some practicalities, we evoked several hypotheses concerning “structure:” An indispensable concept? A word “too many”? A contranym? An excessive gesture against language? Logic or tool? Foundational or volatile? One, many, heterogeneous? We excerpted some pieces of its archives in philosophy, science, and linguistics. We drew upon passages from various texts by Lacan (1955, 1971-72, 1973, 1974) to initiate a symptomatic reading of “structure”—to drift, with Bataille (1930a, 1930b, 1932-1934, 1933), into heterogeneity. Balmes (2011), Benveniste (1966), Derrida (1993), Dosse (1992), Freud (1925), Malabou (2002), Milner (1995, 2002), Petitot (1999), Serres (1968), and others either contributed or were in the background.

Two

In the second session (on October 31), we went again over some of the introductory elements from the first meeting, with loose reference to lemmas of “structure” in dictionaries such as Cassin (2004/2014), Chemama (1993), Lewis & Short (1879), Rey (1992), and Ritter (1971-2007). We also took another look at Bataille’s (1930b, 1932-1934, 1933) method of phantasmagoria, anxiety, and “lived experience,” and how it wrote a fable of “structure” as failing hominization. Plants, worms, coarseness, disoriented orientation, the face as excretory site, knots, nuts, and space spat out with homophonic noise appeared as some of the tendrils and spandrels often accompanying the utterance of “structure.” From structure as word, we then made first steps towards the word as structure: to where the “word” and other elements of speech and language, from phonemes to syntax, came to be discovered—or invented—as “structural,” i.e., in modern linguistics. With the help of commentaries by Milner 1995, 2002), we briefly referred to Jakobson (1962; 1971), Benveniste (1962), and other “structuralists” to then start drawing a picture of structuralism’s “figure or origin,” Ferdinand de Saussure.

Three

The third session (on November 7) was devoted to some elements of what is attached to the name Ferdinand de Saussure. Saussure (1857 – 1913) is not only considered the originator of 20th-century linguistics, its generalizing tendencies via semiology, and the structuralist paradigm, but also a figure of heteroclite scientism. He coined the terms “diachronic” and “synchronic” to distinguish between historical and systematic approaches, which he both practiced. He also delved into a dimension of text, speech, and apperception in which “anagrams” are both examples and the name for a dimension otherwise difficult to determine. In all three orientations, something of the unconscious is at stake, which allows for an expansion of what comes with “structure” alone: unification, alienation, and dispersion could be names for it. In Saussure, structure might be originated but when he’s voicing it, it never ceases to not be one. We referred to Saussure’s Course, his posthumous notes, as well as to some of his commentators (Arrivé 1994, Bravo 2011, Culler 1976, Maniglier 2006, Milner 1995, 2002, Utaker 2002, Starobinski 1971, Testenoire 2013).

Four

The fourth session (on November 21) continued the discussion of de Saussure’s heteroclite relation to “structure.” His splitting of structure—without using the word—into the enigma of discourse, phonation, and “transmission” on the one hand and the paradox of a system in which nothing is positively given on the other guided our first glance at Lacan. We started seeing how Saussure’s « split » reappears in Lacan.

Five

In the fifth session (on December 12) we continued to detect the saussurian split in the shape of “subject” and “signifier” in Lacan’s 1950s (in « The Freudian Thing, » « The Signification of the Phallus, » « The Instance of the Letter, » « Field and Function of Speech, » as well as his seminars of the time). Starting from his allergic-sounding exhortation « Let’s leave de Saussure alone! » in his seminar on Freud’s technical writings, we saw that Lacan both insists on how « structure » originates in language and, paradoxically, appears at its outside. The topology of this paradox resonates with Freud’s navel (1900) and its site in « thought »–and with the unconscious as part of a « structure » of continuity from speech to the unmarked (unerkannt).

Six

In the sixth session (on January 9), we continued our reading of the saussurian impact on Lacan’s « construction » and « reduction » of psychoanalysis. In the dimension of the psychoses in particular, structure and language start to resonate of each other in a constellation that gives an unheard-of meaning to « structure »–and to « language » as well (Milner 1995 and Balmes 2011 were of help).

Seven

After the session of January 30th had to be cancelled due to illness unfortunately, we will make, in the seventh meeting (on February 13), a leap back into the thickets of psychoanalysis and linguistics as it presents itself to the philologist’s eye in the French 1960s. We will read two texts by the linguist Émile Benveniste, which can be considered exemplary for this constellation: first, a broad presentation of the « notion of structure » (1962), and second, a critique of Freud’s « linguistics » (1966), in particular his use of Abel (1925a). Milner’s chapter on Benveniste (2002) is helpful for situating Benveniste within the structuralist constellation. These readings will prepare a discussion and interpretation of the linguistics of negation in Freud, which will be our focus in the next session (February 27), allowing us to get a sense of a different, Freudian, « structuralism. »

Eight

This session will be devoted, after a summary of Benveniste’s essay on Freud (1966), to a reading of Freud’s « On Negation » (1925b). It will show an aspect of Freudian « structure »: holes in the discourse.

Texts

This bibliography will be updated continuously throughout the seminar.
///
Arrivé, M. (1994). Linguistique et psychanalyse. Freud, Saussure, Hjelmslev, Lacan et les autres. Paris: Méridiens Klincksieck. English translation: Arrivé, M. (1994). Linguistics and Psychoanalysis: Freud, Saussure, Hjelmslev, Lacan and Others, trans. by James Lehmann. Amsterdam and Philadelphia: John Benjamins, 1995.
//
Balmes, F. (2011). Structure, logique, aliénation : recherches en psychanalyse. Paris: Éditions Erès.
//
Barbut, M. (1966). Sur le sens du mot structure en mathématiques. Les Temps Modernes, 246, pp. 791–814.
//
Bataille, G. (1930a). La valeur d’usage de D.A.F. de Sade (II). Documents, vol. 3 (no. 6), pp. 336–351. Reprinted in: Œuvres complètes, vol. I: Premiers écrits 1922–1940, pp. 187–201. Paris: Gallimard, 1970. English translation: The Use Value of D.A.F. de Sade (Part II). In: Visions of Excess: Selected Writings, 1927–1939, ed. and trans. by Allan Stoekl with Carl R. Lovitt and Donald M. Leslie Jr. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1985, pp. 91–104.
/
Bataille, G. (1930b). L’œil pinéal. Documents, vol. 3 (no. 7), pp. 382–395. Reprinted in: Œuvres complètes, vol. II: Écrits posthumes, 1922–1940. Articles, essais, fragments, pp. 9–66 (dossier L’œil pinéal). Paris: Gallimard, 1970. English translation: The Pineal Eye. In: Visions of Excess: Selected Writings, 1927–1939, ed. and trans. by Allan Stoekl with Carl R. Lovitt and Donald M. Leslie Jr. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1985, pp. 80–90.
/
Bataille, G. (1932–1934). Dossier Hétérologie. In: Œuvres complètes, vol. II: Écrits posthumes, 1922–1940. Articles, essais, fragments, pp. 69–138. Paris: Gallimard, 1970. English translation: Dossier Heterology (Science of the Other). In: The Bataille Reader, ed. Fred Botting and Scott Wilson. Oxford: Blackwell, 1997, pp. 111–126.
/
Bataille, G. (1933). La structure psychologique du fascisme. La Critique sociale, 7 (mars), pp. 12–25. Reprinted in: Œuvres complètes, vol. I: Premiers écrits 1922–1940, pp. 331–350. Paris: Gallimard, 1970. English translation: The Psychological Structure of Fascism. In: Visions of Excess: Selected Writings, 1927–1939, ed. and trans. by Allan Stoekl with Carl R. Lovitt and Donald M. Leslie Jr. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1985, pp. 137–160.
//
Benveniste, É. (1962). La notion de structure en linguistique. Word: Journal of the Linguistic Circle of New York, 18(2), pp. 197–210. Reprinted in: Problèmes de linguistique générale, vol. I, pp. 91–104. Paris: Éditions du Seuil, 1966. English translation: The Notion of Structure in Linguistics. In: Problems in General Linguistics, trans. by Mary Elizabeth Meek, pp. 97–106. Coral Gables: University of Miami Press, 1971.
/
Benveniste, É. (1966). Remarques sur la fonction du langage dans la découverte freudienne. In: Problèmes de linguistique générale, vol. I, pp. 75–87. Paris: Éditions du Seuil. English translation: Remarks on the Function of Language in the Freudian Discovery. In: Problems in General Linguistics, trans. by Mary Elizabeth Meek, pp. 80–92. Coral Gables: University of Miami Press, 1971.
//
Bravo, F. (2011). Anagrammes. Sur une hypothèse de Ferdinand de Saussure. Limoges: Éditions Lambert-Lucas.
//
Cassin, B. (ed.) (2004). Vocabulaire européen des philosophies : Dictionnaire des intraduisibles. Paris: Éditions du Seuil / Le Robert. Reprinted in: Cassin, B. (ed.) (2019). Vocabulaire européen des philosophies : Dictionnaire des intraduisibles. Paris: Éditions du Seuil, coll. Points Essais. English translation: Cassin, B. (ed.) (2014). Dictionary of Untranslatables: A Philosophical Lexicon, trans. by Steven Rendall, Christian Hubert, Jeffrey Mehlman, Nathanaël Stein, and Michael Syrotinski. Princeton: Princeton University Press.
//
Cassirer, E. A. (1945). Structuralism in Modern Linguistics. Word, 1(2), pp. 99–120. Reprinted in: Cassirer, E. A. (1950). Selected Essays on the Theory of Science, Symbolic Forms and Language. New Haven: Yale University Press.
//
Châtelet, G. (1988). Le potentiel démoniaque. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 199–210.
//
Chemama, R. (ed.) (1993). Dictionnaire de la psychanalyse. Paris: Larousse.
//
Culler, J. (1976). Saussure. London: Fontana. Reprinted in: Culler, J. (1977). Ferdinand de Saussure. New York: Penguin. Revised edition: Culler, J. (1986). Ferdinand de Saussure. Ithaca, NY: Cornell University Press.
//
Dautrey, J. (2011). Boulez et Lévi-Strauss : la question de la structure. In: Maniglier, P. (ed.) Le moment philosophique des années 1960 en France, pp. 447–461.
//
Deleuze, G. (1972). À quoi reconnaît-on le structuralisme ? In: Histoire de la philosophie, vol. VIII: Le XXe siècle, ed. François Châtelet, pp. 299–335. Paris: Hachette. Reprinted in: Deleuze, G. (2003). L’Île déserte et autres textes: Textes et entretiens 1953–1974, ed. David Lapoujade. Paris: Les Éditions de Minuit. English translation: Deleuze, G. (2004). How Do We Recognize Structuralism? In: Desert Islands and Other Texts (1953–1974), ed. David Lapoujade, trans. by Michael Taormina. Los Angeles and New York: Semiotext(e).
//
Derrida, J. (1963). Force et signification. Critique, 195–196 (août–septembre), pp. 865–906. Reprinted in: Derrida, J. (1967). L’écriture et la différence. Paris: Éditions du Seuil. English translation: Derrida, J. (1978). Force and Signification. In: Writing and Difference, trans. by Alan Bass. Chicago: University of Chicago Press.
//
Dosse, F. (1991). Histoire du structuralisme. Tome I : Le champ du signe, 1945–1966. Paris: La Découverte. Reprinted in: Histoire du structuralisme (2 vols). Paris: La Découverte, 1991–1992. English translation: History of Structuralism: The Rising Sign, 1945–1966, trans. by Deborah Glassman. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1998.
/
Dosse, F. (1992). Histoire du structuralisme. Tome II : Le chant du cygne, 1967 à nos jours. Paris: La Découverte. Reprinted in: Histoire du structuralisme (2 vols). Paris: La Découverte, 1991–1992. English translation: History of Structuralism, Volume II: The Sign Sets 1967–Present, trans. by Deborah Glassman. Minneapolis: University of Minnesota Press, 1998.
//
Dufour, D.-R. (1988). Le bégaiement des maîtres: Lacan, Benveniste, Lévi-Strauss. Paris: François Bourin. Reprinted in: Dufour, D.-R. (1999). Le bégaiement des maîtres, nouvelle édition revue et corrigée, coll. Hypothèses. Paris: Arcanes; diffusion Éditions érès.
//
Fehr, J. (1997). Linguistik und Semiologie. Notizen aus dem Nachlass. Frankfurt: Suhrkamp.
/
Fehr, J. (2000). Saussure entre linguistique et sémiologie. Paris: PUF.
//
Freud, S. (1900). Die Traumdeutung. Leipzig and Wien: Franz Deuticke. Reprinted in: Freud, S. Gesammelte Werke, Bd. II–III: Die Traumdeutung. London: Imago Publishing, 1942. English translation: Freud, S. (1953). The Interpretation of Dreams. In: The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, Vols. IV–V (1900): The Interpretation of Dreams, ed. and trans. by James Strachey. London: Hogarth Press.
/
Freud, S. (1925a). Der Gegensinn der Urworte. Imago. Zeitschrift für Anwendung der Psychoanalyse auf die Geisteswissenschaften, 11, pp. 3–9. Reprinted in: Gesammelte Werke, Bd. XIV. London: Imago Publishing, 1948. English translation: The Antithetical Meaning of Primal Words. In: The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, Vol. XIX (1923–1925): The Ego and the Id and Other Works, ed. and trans. by James Strachey. London: Hogarth Press, 1961.
/
Freud, S. (1925b). Die Verneinung. Imago, 11, pp. 217–221. Reprinted in: Freud, S. Gesammelte Werke, Bd. XIV. London: Imago Publishing, 1948. English translation: Freud, S. (1961). Negation. In: The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, Vol. XIX (1923–1925): The Ego and the Id and Other Works, ed. and trans. by James Strachey. London: Hogarth Press, pp. 235–239.
//
Genette, G. (1966). Structure et critique littéraire. Communications, 8, pp. 157–169. Reprinted in: Genette, G. (1966). Figures I, pp. 155–170. Paris: Éditions du Seuil. English translation: Genette, G. (1982). Structuralism and Literary
//
Goodwin, B. C. (1988). Les organismes comme structures. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 217–220.
//
Heidegger, M. (1927). Sein und Zeit. Halle (Saale): Niemeyer. Reprinted in: Heidegger, M. (1977). Sein und Zeit, in Gesamtausgabe, Bd. 2. Frankfurt am Main: Vittorio Klostermann. English translation: Heidegger, M. (1962). Being and Time, trans. by John Macquarrie and Edward Robinson. New York: Harper and Row.
//
Jakobson, R. (1962). Selected Writings I: Phonological Studies. The Hague: Mouton. Reprinted in: Jakobson, R. (1971). Selected Writings I: Phonological Studies, 2nd ed. The Hague: Mouton.
//
Jakobson, R. (1971). Selected Writings II: Word and Language. The Hague: Mouton. Reprinted in: Jakobson, R. (1979). Selected Writings II: Word and Language, 2nd ed. The Hague: Mouton.
//
Lacan, J. (1955). La chose freudienne ou le sens du retour à Freud en psychanalyse. La Psychanalyse, 1, pp. 401–436. Reprinted in: Écrits. Paris: Éditions du Seuil, 1966. English translation: The Freudian Thing, or the Meaning of the Return to Freud in Psychoanalysis. In: Écrits: A Selection, trans. by Alan Sheridan. New York: Norton, 1977.
/
Lacan, J. (1973). L’étourdit. Scilicet, 4, pp. 5–52. Reprinted in: Autres écrits. Paris: Éditions du Seuil, 2001. English translation: The Instance of the Letter in the Unconscious or Reason Since Freud. In: Écrits, trans. by Bruce Fink. New York: Norton, 2006.
/
Lacan, J. (1974–1975). Le Séminaire, Livre XIX: …ou pire. Paris: Éditions du Seuil, 2011. English translation: The Seminar, Book XIX: …or Worse, trans. by A.R. Price. Cambridge: Polity Press, 2018.
//
Lewis, C.T. and Short, C. (1879). A Latin Dictionary. Oxford: Clarendon Press. Reprinted in: Lewis, C.T. and Short, C. (1987). A Latin Dictionary, revised edition with a new introduction by Peter Glare. Oxford: Oxford University Press.
//
Lévi-Strauss, C. (1958). Anthropologie structurale. Paris: Plon. English translation: Lévi-Strauss, C. (1963). Structural Anthropology, trans. by Claire Jacobson and Brooke Grundfest Schoepf. New York: Basic Books.
/
Lévi-Strauss, C. (1958). L’analyse structurale en linguistique et en anthropologie. In: Anthropologie structurale, pp. 37–62. Paris: Plon. English translation: Structural Analysis in Linguistics and in Anthropology. In: Structural Anthropology, trans. by Claire Jacobson and Brooke Grundfest Schoepf. New York: Basic Books, 1963, pp. 31–54.
/
Lévi-Strauss, C. (1958). Les organisations dualistes existent-elles ? In: Anthropologie structurale, pp. 147–180. Paris: Plon. English translation: Do Dual Organizations Exist? In: Structural Anthropology, trans. by Claire Jacobson and Brooke Grundfest Schoepf. New York: Basic Books, 1963, pp. 132–163.
//
Le Lionnais, F. (1948). Les grands courants de la pensée mathématique. Paris: Cahiers du Sud. Reprinted in: Le Lionnais, F. (ed.) (1962). Les grands courants de la pensée mathématique, 2e éd. Paris: Blanchard. English translation: Le Lionnais, F. (ed.) (1971). Great Currents of Mathematical Thought, 2 vols., trans. by A. F. W. Hughes. New York: Dover.
//
Lucchelli, J.-P. (2014). Lacan avec et sans Lévi-Strauss. Paris: Éditions Nouvelles Cécille Defaut.
//
Malabou, C. (2002). Une différence d’écart. Revue Philosophique de la France et de l’Étranger, 127(4), pp. 403–420. Reprinted in: Malabou, C. (2004). La plasticité au soir de l’écriture. Paris: Léo Scheer. English translation: Malabou, C. (2010). Plasticity at the Dusk of Writing: Dialectic, Destruction, Deconstruction, trans. by Carolyn Shread. New York: Columbia University Press.
//
Macherey, P. (2011). Spinoza 1968 : Guéroult et/ou Deleuze. In: Maniglier, P. (ed.) Le moment philosophique des années 1960 en France, pp. 293–313.
//
Maniglier, P. (2006). La vie énigmatique des signes : Saussure et la naissance du structuralisme. Paris: Léo Scheer. Universitaires de France.
//
Maniglier, P. (ed.) (2011). Le moment philosophique des années 1960 en France. Paris: Presses Universitaires de France.
//
Maniglier, P. (2011). Introduction – Les années 1960 aujourd’hui. In: Maniglier, P. (ed.) Le moment philosophique des années 1960 en France, pp. 5–33.
//
Milner, J.-C. (1995). L’œuvre claire. Lacan, la science, la philosophie. Paris: Seuil. English translation: Milner, J.-C. (2011). The Clear Work: Lacan, Science, and Philosophy, trans. by D. Brody and C. Vance. Evanston: Northwestern University Press.
/
Milner, J.-C. (2002). Le périple structural. Figures et paradigmes. Paris: Verdier.
//
Petitot, J. (1986). Structure. In: Sebeok, T. (ed.) Encyclopedic Dictionary of Semiotics, vol. II, pp. 991–1022. Berlin: Mouton de Gruyter.
/
Petitot, J. (1986). Structure. In: Sebeok, T. (ed.) Encyclopedic Dictionary of Semiotics, vol. II, pp. 991–1022. Berlin: Mouton de Gruyter.
/
Petitot, J. (ed.) (1988). Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom. Paris: Éditions Patiño.
/
Petitot, J. (1988). Structuralisme et phénoménologie : la théorie des catastrophes et la part modale de la raison. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 359–375.
/
Petitot, J. (1999). La généalogie morphologique du structuralisme. Critique, 620–621, pp. 97–122. Reprinted in: The Cambridge Companion to Lévi-Strauss, ed. Boris Wiseman. Cambridge: Cambridge University Press, 2009, pp. 75–101.
//
Piaget, J. (1968). Le structuralisme. Paris: Presses Universitaires de France. English translation: Piaget, J. (1970). Structuralism, trans. by C. Maschler. New York: Harper & Row.
//
Pomian, K. (1988). La philosophie de René Thom. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 313–326.
//
Rabouin, D. (2011). Structuralisme et comparatisme en sciences humaines et en mathématiques : un malentendu. In: Maniglier, P. (ed.) Le moment philosophique des années 1960 en France, pp. 37–58.
//
Rey, A. (ed.) (1992). Dictionnaire historique de la langue française. Paris: Le Robert. Reprinted in: Rey, A. (ed.) (2016). Dictionnaire historique de la langue française, 4 vols., nouvelle édition revue et augmentée. Paris: Le Robert.
//
Ritter, J. and Gründer, K. (eds.) (1971–2007). Historisches Wörterbuch der Philosophie. 13 vols. Basel and Stuttgart: Schwabe Verlag.
//
Salmon, G. (2011). Du système à la structure : la redéfinition de la méthode comparative dans Les systèmes de transformations (La pensée sauvage, chapitre III). In: Maniglier, P. (ed.) Le moment philosophique des années 1960 en France, pp. 159–177.
//
Saussure, F. de (1916). Cours de linguistique générale, ed. by Charles Bally and Albert Sechehaye with the collaboration of Albert Riedlinger. Lausanne and Paris: Payot. Reprinted in: Saussure, F. de (1972). Cours de linguistique générale, édition critique préparée par Tullio De Mauro. Paris: Payot. English translation: Saussure, F. de (1959). Course in General Linguistics, trans. by Wade Baskin. New York: Philosophical Library; reprinted as Saussure, F. de (2011). Course in General Linguistics, ed. Perry Meisel and Haun Saussy, trans. Wade Baskin (revised edition). New York: Columbia University Press.
/
Saussure, F. de (2013). Anagrammes homériques, éd. et présentés par Pierre-Yves Testenoire; préface de Daniele Gambarara. Limoges: Éditions Lambert-Lucas.
//
Scubla, L. (2004). Structure, transformation et morphogenèse ou le structuralisme illustré par Pascal et Poussin. In: Izard, M. (ed.) Claude Lévi-Strauss, Cahier de l’Herne, pp. 207–222. Paris: Éditions de l’Herne
//
Seiler, H. (1988). La dynamique dans la dimension linguistique de la prosaisité. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 405–409.
//
Serres, M. (1968). La communication. In: Hermès I: La communication. Paris: Éditions de Minuit. English translation: Serres, M. (1982). Hermes: Literature, Science, Philosophy, ed. Josué V. Harari and David F. Bell. Baltimore: Johns Hopkins University Press.
//
Solms, M. and Gamwell, G. (2015). From Neurology to Psychoanalysis: Sigmund Freud’s Neurological Drawings and Diagrams of the Mind. London: Other Press.
//
Stengers, I. (1988). La démarche de Thom et la tradition de la physique théorique. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 327–356.
//
Starobinski, J. (1971). Les mots sous les mots : les anagrammes de Ferdinand de Saussure. Paris: Gallimard. Reprinted in: Starobinski, J. (2009). Les mots sous les mots : les anagrammes de Ferdinand de Saussure. Limoges: Éditions Lambert-Lucas. English translation: Starobinski, J. (1979). Words upon Words: The Anagrams of Ferdinand de Saussure, trans. by Olivia Emmett. New Haven and London: Yale University Press.
//
Testenoire, P.-Y. (2013). Ferdinand de Saussure à la recherche des anagrammes. Limoges: Éditions Lambert-Lucas; 2014 reprint.
//
Thom, R. (1972). Structural Stability and Morphogenesis. Reading, MA: W.A. Benjamin. English translation: Thom, R. (1994). Structural Stability and Morphogenesis: An Outline of a General Theory of Models, trans. by D.H. Fowler. Redwood City, CA: Addison-Wesley.
//
Utaker, A. (2002). La philosophie du langage – Une archéologie saussurienne. Paris: PUF. Reprinted in: Utaker, A. (2016). La philosophie du langage – Une archéologie saussurienne. Limoges: Éditions Lambert-Lucas.
//
Wisman, H. (1988). La logique de l’atome : à propos de la théorie démocritéenne de la connaissance. In: Petitot, J. (ed.) Logos et théorie des catastrophes : à partir de l’œuvre de René Thom, pp. 473–485.
//
Zafiropoulos, M. (2003). Lacan et Lévi-Strauss, ou le retour à Freud 1951-1957. Paris: Presses Universitaires de France. English translation: Zafiropoulos, M. (2018). Lacan and Lévi-Strauss or The Return to Freud (1951–1957), trans. by John Holland. Abingdon and New York: Routledge.

**

Dears friends,

Here you will find the link to the fascinating lecture by Marcus Coelen (psychoanalyst) entitled « Clinical Geologies. The Pre- or Para- of the Human in Psychoanalysis », given on June 13, 2025, at the Sigmund Freud Museum.

He offers us a reinterpretation of Freud’s text that sheds light on the misreading inherent in the expression « bedrock of castration », which has become commonplace in psychoanalysis.

**

Cher.e.s ami.e.s,

Vous trouverez ici le lien vers la passionnante conférence de Marcus Coelen (psychanalyste) intitulée « Géologies cliniques. Le pré- ou le para-humain en psychanalyse », donnée le 13 juin 2025 au Musée Sigmund Freud.

Il nous y propose une réinterprétation du texte de Freud qui nous éclaire sur l’erreur de lecture que déploie l’expression, devenue courante en psychanalyse, de « roc de la castration ».

**

(Sous-titres en différentes langues accessibles sur Youtube.)

Lecture as part of the conference « What Is “Nature” in Human Nature? » at the Sigmund Freud Museum, 13.06.2025.

Conférence dans le cadre du colloque « Qu’est-ce que la “nature” dans la nature humaine ? » au Musée Sigmund Freud, le 13 juin 2025.

One of the most wrongly quoted Freudian images refers to the geological term of “bedrock.” Its apocryphal outcrop is the ‘bedrock of castration,’ an expression not to be found in Freud, and one which tends to distort the image in question. It is, we read in Analysis Terminable and Interminable, “the biological that plays for the psychological the role of the bedrock.” But even more disturbing than ‘simply’ castration is the element which Freud places at the end of his chain of terms that led to the stony level of inscrutable interminability of analysis: “The repudiation of femininity,” posed as “a biological fact” and “part of the enigma of sexuation [Geschlechtlichkeit] »

Bedrock of repudiation?

A lot of scrutiny and criticism have been addressed, and necessarily so, to the question of why the unextractable misogyny, as a trait of society or even civilization, is turned into a biological real, impossible to dig into. But what to make of the geological image—if it is one—at the bottom?

Yet, with bedrock, we curiously don’t hit bottom rock: in German, it is “gewachsener Fels. »

While it refers to the oldest unaltered rock for the longest time, it is not necessarily the most solid. A certain plasticity, however imperceptible, might even be attributed to it as it has grown, moved, or developed slowly over unfathomably long periods.

While it has become established that the dichotomic concepts of “culture” and “nature,” repress more fallacies and poorly analyzed forces than contain truths, and while humans can best be defined as unstable subjects mainly concerned with defining themselves through violent divides and repudiations of the non-human, the fossilization of the sexual remains still, largely, and interminably unanalyzed. With the bedrock, we meet the stratum of enigmatic Nature. I will unearth some geological elements, terms, and layers in the formations that make up the psychoanalytic planet. Can we still be called “human” as we, while fracking, drilling, extracting from and inserting into it, continue to attempt to live and die on it?

**

L’une des images freudiennes les plus souvent mal interprétées renvoie au terme géologique de « roche-mère ». Son affleurement apocryphe est celui de la « roche-mère de la castration », une expression absente chez Freud et qui tend à déformer l’image en question. Il s’agit, comme on peut le lire dans Analyse terminable et interminable, « du biologique qui joue pour le psychologique le rôle de la roche-mère ». Mais plus troublant encore que la « simple » castration est l’élément que Freud place au terme de sa chaîne de termes qui aboutit à l’impasse insondable et interminable de l’analyse : « le rejet de la féminité », présenté comme « un fait biologique » et « une partie de l’énigme de la sexuation [Geschlechtlichkeit] ».

Le fondement du rejet ?

Nombreuses ont été les analyses et les critiques, et à juste titre, adressées à la question de savoir pourquoi la misogynie inextirpable, en tant que trait de société, voire de civilisation, est transformée en une réalité biologique, impossible à sonder. Mais que penser de l’image géologique – si tant est qu’il s’agisse d’une image géologique – qui se trouve à la base ?
Pourtant, avec le terme « fondement », on ne parle pas de « roche du fond » : en allemand, on dit « gewachsener Fels ». Bien que ce terme désigne la roche la plus ancienne et la plus stable depuis le plus longtemps, il ne s’agit pas nécessairement de la plus solide. On pourrait même lui attribuer une certaine plasticité, aussi imperceptible soit-elle, car elle s’est développée, a évolué, s’est transformée lentement sur des périodes insondables.
S’il est désormais admis que les concepts dichotomiques de « culture » et de « nature » recèlent davantage d’erreurs et de forces mal analysées que de vérités, et si l’on peut définir l’être humain comme un sujet instable, principalement préoccupé par sa définition à travers des divisions violentes et le rejet du non-humain, la fossilisation de la sexualité demeure, en grande partie et interminablement, inexplorée.
Avec le socle rocheux, nous rencontrons la strate de l’énigmatique Nature. Je vais mettre au jour certains éléments géologiques, termes et strates des formations qui composent la planète psychanalytique. Peut-on encore nous qualifier d’« humains » alors que, tout en la fracturant, en la forant, en en extrayant et en y insérant des ressources, nous continuons d’essayer d’y vivre et d’y mourir ?

**

Marcus Coelen is a psychoanalyst and psychoanalytic supervisor, mainly in Berlin and New York. He also teaches literature and theory, most recently at Columbia University, New York, and at the Ludwig-Maximilians-Universität Munich, where he is on the faculty of the comparative literature department. He is the founder and co-editor of the book series “Neue Subjektile” with the Turia+Kant and one of the editors of the journal RISS. Zeitschrift für Psychoanalyse. His publications include, among others, a book on Proust and Kant’s aesthetic judgement (« Die Tyrannei des Partikularen », Munich, Fink, 2007), a volume on Georges Bataille (together with Mark Hewson, Key Concepts, London, Routledge, 2015), several translations and editions in German of texts by Maurice Blanchot (« Vergehen [Le pas au-delà] », Berlin, diaphanes, 2011); [zusammen mit Jonathan Schmidt-Dominé und Christian Driesen], Das unendliche Gespräch, Vienna, Turia+Kant, 2023), as well as many articles in journals such as Yale French Studies, Critique, texte and other journals.

He publicly defends and advocates for the concept of a ‘free’ psychoanalysis, as expressed by Freud in “The Question of Lay Analysis” and in branches of the Lacanian tradition. This refers to a psychoanalysis that remains independent of state control, regulation by the health industry, institutional orthodoxy, and subversive regarding commodity economy while subjecting itself to the rigor and creativity of its discoveries and inventions.

See his recent publication, together with Mai Wegener and Monique David-Ménard, « Die Freiheit der Psychoanalyse. Eine kommentierte Ausgabe von Sigmund Freud, Die Frage der Laienanalyse », Vienna, Turia+Kant 2024.

Marcus Coelen est psychanalyste et superviseur psychanalytique, exerçant principalement à Berlin et à New York. Il enseigne également la littérature et la théorie, notamment à l’Université Columbia de New York et à l’Université Ludwig-Maximilians de Munich, où il est membre du corps professoral du département de littérature comparée. Il est le fondateur et codirecteur de la collection Neue Subjektile avec Turia+Kant et l’un des rédacteurs de la revue RISS_. Zeitschrift für Psychoanalyse.

Ses publications comprennent, entre autres, un livre sur le jugement esthétique de Proust et Kant (« Die Tyrannei des Partikularen », Munich, Fink, 2007), un volume sur Georges Bataille (avec Mark Hewson, Key Concepts, Londres, Routledge, 2015), plusieurs traductions et éditions en allemand de textes de Maurice Blanchot (« Vergehen [Le pas au-delà] », Berlin, diaphanes, 2011; [zusammen mit Jonathan Schmidt-Dominé und Christian Driesen], Das unendliche Gespräch, Vienna, Turia+Kant, 2023), ainsi que de nombreux articles dans des revues telles que Yale French Studies, Critique, texte et autres.

Il défend publiquement le concept d’une psychanalyse « libre », tel qu’exprimé par Freud dans « La Question de la psychanalyse profane » et dans certains courants de la tradition lacanienne. Il s’agit d’une psychanalyse indépendante de tout contrôle étatique, de toute régulation par l’industrie de la santé et de toute orthodoxie institutionnelle, et qui se veut subversive vis-à-vis de l’économie de marché, tout en s’appuyant sur la rigueur et la créativité de ses découvertes et inventions.

Voir sa récente publication, en collaboration avec Mai Wegener et Monique David-Ménard, « Die Freiheit der Psychoanalyse. Eine kommentierte Ausgabe von Sigmund Freud, Die Frage der Laienanalyse », Vienne, Turia+Kant, 2024 :

Che.r.es ami.e.s,

Je vous transmets ici les informations concernant les rencontres de la « Fabrique du dire » qui a lieu les 14 et 15 mars 2026, à la Clinique de la Toussaint – Strasbourg. Cette année, il sera question des « Écritures du Réel… Quitter l’impossible réel pour écrire ce qui ne peut se Dire. »

**

De nos partages… : Je pense aux lectures que j’ai faites il y a quelques années en grec et en français des poèmes de Yannis Ritsos et, dont Louis Aragon a écrit qu’il était « le plus grand poète vivant de ce temps ».

Il a été déporté (en tant que résistant politique, il était militant du Parti communiste grec), à plusieurs reprises, sur différentes îles, entre autres à Makronissos où des milliers de déportés étaient soumis aux privations et à la torture.

Interné dans des camps de concentration, le poète écrivait en cachette avec acharnement sur de petits carnets ou sur des paquets de cigarettes…

Dessins, lettre gravée dans le marbre de la déportation, bouteilles enterrées avec, cachée, une écriture dont l’auteur ne saura pas si elle trouvera, un jour, son destinataire.

Misère de l’exil où l’horreur de l’indicible réel ne se fait récit, chant ou poésie que de la médiation d’une ou d’un autre.

Nécessité, plus qu’urgence, de mettre des mots sur ce qui du réel ne se laisse pas dire.

Écriture du réel quand l’écriture est ce qui excède le pouvoir dire.

Urgence et impossibilité auxquels sont convoqués Georges Semprun comme Imre Kertesz (et d’autres), au sortir des camps (1).

Il faudrait commencer par l’essentiel de cette expérience… L’essentiel ? Je crois savoir, oui. Je crois que je commence à savoir. L’essentiel, c’est de parvenir à dépasser l’évidence de l’horreur pour essayer d’atteindre à la racine le Mal radical, das radikal Böse (2).

À l’inverse de nos écritures pulsionnelles où le destinataire ne reçoit plus son message sous forme inversée (Lacan), de nos mots qui ne s’entendent plus du long écho (Lévinas) que l’épreuve (Erlebnis) dépose en soi, l’écriture du réel est d’abord l’impossibilité de dire, l’impossibilité de continuer à vivre, un impossible (3) qui se mue en roman (Kertesz, Semprun) ou en poésie (Hölderlin). En promesse !

Et notre embarras même, de mettre des mots pour une session que nous voulons ouverte, chemin pour que quelque chose de ce réel puisse faire vérité pour nous. Ce Nous que nous appelons ailleurs : « Collectif », « petite machine abstraite pour traiter l’aliénation », celle qui fait le lit de ce Mal radical, quand l’Histoire se conjugue au présent mais que le geste désintéressé est infini.

(texte de Pierre Isenmann)

NOTES:

(1) Jorge Semprun « L’écriture ou la vie », folio, Gallimard 1994, Imre Kertesz, « Être sans destin », Actes Sud.

(2) Jorge Semprun, Ibid p. 119.« das radikal Böse », référence à Kant.

(3) « Trois termes demandent à être précisés : le nécessaire, le contingent et l’impossible tels que Lacan en donne l’écriture. Il s’agit de trois termes de logique que Lacan reprend d’Aristote en les modifiant et il propose cette écriture : « Le nécessaire c’est ce qui ne cesse pas de s’écrire ; l’impossible c’est ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire ; le contingent c’est ce qui cesse de ne pas s’écrire. » (Du réel contingent, par Chantal Bonneau).

**

Cet événement est organisé par : Marie-Dominique Bolitt, Martine Frezouls, Pierre Isenmann, Marielle Jourdain, Christiane Motz-Gravier, Makis Yalenios.

Avec : Les Ateliers de Lecture, 35 rue du Schnockeloch 67000 STRASBOURG.

&

La Société de Psychanalyse Freudienne, 23, rue Campagne Première, 75014 PARIS.

**

Voici le document de présentation et les renseignements pratiques :

Programme 2026 de l’ASSERC

Bonjour,

Vous trouverez ci-joint le programme et les modalités d’inscription pour les activités de l’ASSERC 2026.

Les présentations cliniques auront lieu à 18 h, en direct, dans l’amphi de la Clinique, suivies d’une discussion, aux dates suivantes : 09 janvier, 30 janvier, 13 février, 06 mars 27 mars (voir programme). 

Les conférences suivront les présentations cliniques en présentiel à 20 heures.

Il sera cependant possible de suivre les conférences en visio Zoom : le lien Zoom pour sera adressé aux inscrits à l’Asserc pour la session 2026 au cours de la semaine précédente.

Il est impératif d’être inscrit à l’ASSERC pour avoir accès à l’amphi ou recevoir le lien zoom pour les conférences.

Coordonnateurs : J.R. FREYMANN, G. RIEDLIN, M. RIEGERT, J. ROLLING, M. ROTH

Responsable universitaire : Professeur G. BERTSCHY

_____________________________________________________________

« Amours, Familles, Ruptures »

Nous avons pour ambition cette année d’explorer le triptyque « amours, familles, ruptures » au travers de la clinique, à notre habitude, et également au travers de la culture. Sous la forme de table ronde, de conférence, de représentation théâtrale, nous avons convié des auteur(e)s et nous retraverserons des images d’archives.

Le malaise dans la culture se renouvelle. Il prend des formes variées et emprunte sa présentation à l’actualité sociétale. S’il y a de grandes lignes communes aux malaises aujourd’hui (quêtes identitaires, radicalités, dépressions, burn-out, crises familiales et professionnelles, difficultés d’engagement…), d’aucuns se débrouille singulièrement avec ces malaises. Comment dé-brouiller ce dans quoi nous gisons ?

Est-ce que l’amour est une solution ? ou la rupture ? Et que faire de la famille ?

L’approche psychanalytique s’adresse au sujet, et c’est sous cet angle, c’est-à-dire avec le souci d’être à son écoute, lui qui n’affleure qu’entre deux signifiants, selon la formule de J. Lacan, que nous guiderons encore une fois nos travaux de cette année.

*

Le vendredi à 20 heures

Amphithéâtre de la Clinique Psychiatrique

Hôpital Civil, 1 place de l’Hôpital

CHU Strasbourg, aux dates suivantes :

 Vendredi 09 janvier 2026 : J.-R. FREYMANN, Guillaume RIEDLIN, Martin ROTH, Myriam RIEGERT, Julie ROLLING: Amours, Familles, Ruptures – Table ronde introductive

Vendredi 30 janvier 2026: Anne REVAH: L’intime étrangère, un voyage en folie

Vendredi 13 février 2026: Thierry VINCENT: Ne dites pas à mère que je suis Psychanalyste: Elle pense que je fais du stand-up !

Vendredi 06 mars 2026: Daniel MARCELLI : Que deviennent les liens familiaux dans la famille du XXIe siècle ?

Vendredi 27 mars 2026 :J.R. FREYMANN, Guillaume RIEDLIN, Martin ROTH, Myriam RIEGERT, Julie ROLLING, « Parlez-moi d’amour »,   A partir d’archives de films de Lucien Israël, suivi d’une discussion à plusieurs voix 

*      

Le lien d’inscription est le suivant :

Les groupes cliniques :

Les personnes qui suivent les présentations cliniques doivent s’inscrire dans un groupe clinique (s’inscrire directement auprès du responsable du groupe choisi) – voir liste et coordonnées des groupes cliniques sur le programme). Pas de visio en Zoom en ce qui concerne les présentations cliniques.

Voici le programme:

Cher.e.s ami.e.s,

Vous trouverez ici le lien vers la passionnante conférence de Monique David-Ménard (psychanalyste, philosophe, Univ. Paris-Diderot) intitulée « La psychanalyse est profane, cela veut dire quoi ? », donnée le 17 janvier 2026 à la SPF.

Cette conférence traite de la spécificité de la psychanalyse et de la question de savoir si cette spécificité peut faire son chemin de manière intéressante et efficace dans les bouleversements de nos sociétés.

Cette rencontre est organisée par  Isabelle Alfandary et Daniel Koren dans le cadre des Conférences pour la psychanalyse de la SPF (1).

Monique David-Ménard est philosophe (Univ. Paris-Diderot, où elle a dirigé le Centre d’études du vivant) et psychanalyste (membre associée de la SPF).

Elle a entre autres publié :

  • La Folie dans la raison pure. Kant lecteur de Swedenborg, Paris, Vrin, 1990
  • Tout le plaisir est pour moi, Paris, Hachette Littératures, 2001
  • Corps et langage en psychanalyse. L’Hystérique entre Freud et Lacan. 1ère édition 1983 Universitaire. Réédition Éditions Campagne Première 2016
  • Les constructions de l’universel : psychanalyse, philosophie, Paris, PUF, 1997 Réédition PUF (Quadrige) 2009
  • Deleuze et la psychanalyse, Paris, PUF, 2005
  • Éloge des hasards dans la vie sexuelle. Hermann 2011
  • La Vie sociale des choses. L’animisme et les objets. Éditions du Bord de l’eau. 2020

L’ouvrage collectif dont il est question s’intitule « Die Freiheit der Psychoanalyse. Eine kommentierte Ausgabe von Sigmund Freuds ’Die Frage der Laienanalyse’ » (« La liberté de la psychanalyse. Une édition commentée de « La question de l’analyse profane » de Sigmund Freud ») (Turia+Kant, Vienne-Berlin, 2026). Il a été co-dirigé par Marcus Coelen, Monique David-Ménard et Mai Wegener.

NOTE:

(1): https://www.spf.asso.fr/conferences-pour-la-psychanalyse/