Chères amies, chers amis,

J’aimerais ici vous dire quelques mots de la très belle série « #Philo: sapere aude » diffusée sur Netflix.

https://www.netflix.com/watch/81519252?trackId=254761469

C’est une passionnante série sur la jeune génération (si attachante, comme j’ai la chance de le constater avec mes étudiantes et étudiants et comme j’ai pu le constater avec mes élèves au lycée) et l’aventure de la jeunesse; sur les rencontres amoureuses et amicales et sur la tentative de se créer, vaille que vaille, une vie singulière (par delà le deuil, les difficultés extérieures et inhérentes à la subjectivité); mais aussi sur l’expérience gay (pour reprendre la belle expression de mon ami Jorge N. Reitter (1)) et sur l’histoire de la communauté LGBT (particulièrement la 2e saison).

Et puis bien sûr l’on y parle, très justement, de philosophie (au sens noble et existentiel du terme, mais aussi des grands philosophes), de la découverte de la philosophie lorsqu’on est jeune, de l’enseignement de la philosophie – et donc de la transmission entre les générations.

L’on y trouve aussi de très subtiles références à la littérature, à la psychanalyse – ou au Talmud.

Le scénario est très efficace, les dialogues profonds, les acteurs excellents – dont Carlos Cuevas qui est ce que l’on appelle un grand acteur.

Bref, je suis dithyrambique, mais cela le mérite.

C’est une série en catalan et espagnol (je vous conseille la VO sous-titrée) créée par Héctor Lozano et réalisée par Menna Fité. Diffusée en France par Netflix (2).

Voici la situation de départ : trois mois après la mort de Merlí, son professeur de philosophie au lycée, Pol Rubio choisit de tenter sa chance à l’université de Barcelone en étudiant la philosophie pour devenir lui-même enseignant.


Bref, en cherchant, l’on trouve choses vraiment intéressantes sur Netflix, et celle-ci est, avec la (très shakespearienne) « House of cards », la meilleure série que j’y aie vue pour l’instant.

Avec, entre autres, la très queer « Transparent » (Amazon vidéo), et la très argentine, féministe et lacanienne (!) « La fin de l’amour » (Amazon vidéo – la personnage principale y fait une analyse, et élabore librement en citant Lacan… – tout en renouant avec le judaïsme (sous sa forme libérale) (3)), voilà des séries fort intéressantes.

Pour traiter de notre aujourd’hui, ce sont des séries dont je vous parlerai au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » (FEDEPSY) que j’anime sur Zoom avec Dominique Marinelli et Emmanuelle Chatelat:

NOTES:

(1): voir https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/

(2): https://fr.wikipedia.org/wiki/Philo_:_Sapere_aude

(3): Merci à Jorge Reitter de m’avoir fait connaître cette série

Chères amies, chers amis,

Je vous mets ici le lien vers la passionnante intervention de Patricia Gherovici à la librairie Le Divan (Paris), le 12 octobre 2021. Elle y dialogue, entre autres, avec Luis Izcovich et Patrick Landman, à propos de son très important ouvrage « Transgenre. Lacan et la différence des sexes (Stilus, 2021) :

En effet, le livre majeur de Patricia Gherovici ouvre à une avancée fondamentale dans la réflexion psychanalytique contemporaine, en ce qui concerne la clinique des sujets trans, mais aussi plus généralement concernant ce que la prise en compte des subjectivités trans permet d’ouvrir en psychanalyse et dans la pensée et dans la société contemporaines.

Pour cela, la réflexion de l’autrice retraverse Freud et Lacan autrement. Cela ouvre une nouvelle lecture de leurs œuvres, mais aussi à une psychanalyse – et à une psychanalyse freudo-lacanienne (1) – prenant pleinement en compte la diversité sexuelle et la diversité des cheminements de genre, mais aussi la féconde démocratisation qui a lieu dans les jeunes générations, avec ce qu’elle apporte de fécond pour la subjectivation (2).

Présentation de l’éditeur (3)

Ce livre porte sur un sujet d’actualité, celui de l’identité sexuelle. Relève-t-elle de l’anatomie, de la culture, du discours ? Quelle est la part du choix du sujet par rapport à l’identité assignée ?
Il s’agit, dans cet ouvrage en français, de la version augmentée du livre Transgender Psychoanalysis, paru en 2017 aux États-Unis. Au moment où l’on assiste à des bouleversements de société concernant le sexe et les transformations du corps, ce livre constitue une contribution fondamentale au débat sur la norme sexuelle.

Il prend appui sur des questions qui traversent la société américaine et il aborde, à partir des récits cliniques, la place de la psychanalyse avec des patients dits « trans ».

Traduit de l’anglais par Marie-Mathilde Bortolotti-Burdeau.

Patricia Gherovici est psychanalyste, elle exerce à Philadelphie et à New York. Elle a obtenu en 2020 le Sigourney Award pour son travail clinique et théorique à propos de la question du genre et de la communauté latino aux Etats-Unis.

Elle a est la co-fondatrice et la directrice du Philadelphia Lacan Group et de l’Associate Faculty, Psychoanalytic Studies Minor, University of Pennsylvania (PSYS).

Elle est membre honoraire de l’IPTAR, l’Institute for Psychoanalytic Training and Research à New York.

Elle participe aussi aux travaux de l’institution de Formation Pulsion : https://pulsioninstitute.com/

Elle est encore membre fondatrice de l’institut de Das Unbehagen qui associe autour de la psychanalyse des cliniciens, des universitaires, des artistes et des intellectuels.

A noter encore: sa passionnante intervention (en anglais) sur le futur de la psychanalyse (avec le Covid, la mondialisation des échanges psychanalytique grâce à Internet…), sur le site de Vanessa Sinclair (New York), dans le cadre du podcast « Rendering unconscious »:

RU212: PATRICIA GHEROVICI – IS THERE A FUTURE FOR PSYCHOANALYSIS?

D’ailleurs, je vous conseille très vivement ce podcast: http://www.renderingunconscious.org/

Ici le site (en anglais) de Patricia Gherovici : https://www.patriciagherovici.com/

Et le site passionnant (en anglais), que je vous conseille (beaucoup de vidéos, de textes etc.) de Das Unbehagen : http://dasunbehagen.org/


​Parmi ses autres livres, l’on trouve son absolument passionnant « Lacan dans le ghetto. Psychanalyser le « syndrome porto-ricain », qui a reçu le Gradiva Award et le Boyer Prize. Mais aussi  Please Select Your Gender: From the Invention of Hysteria to the Democratizing of Transgenderism (Routledge, 2010).

Elle a aussi publié différents ouvrages collectifs : avec Manya Steinkoler, Lacan On Madness: Madness Yes You Can’t ( Routledge, 2015) et Lacan, Psychoanalysis and Comedy (Cambridge University Press, 2016); avec Chris Christian, Psychoanalysis in the Barrios: Race, Class, and the Unconscious  (Routledge, 2019, vainqueur du Gradiva Award et du American Board and Academy of Psychoanalysis Book Prize.

Particulièrement : à noter la sortie d’un nouveau passionnant livre collectif qu’elle a dirigé  avec Manya Steinkoler : Psychoanalysis, Gender and Sexualities: From Feminism to Trans* (Routlegde, novembre 2022) :

https://www.routledge.com/Psychoanalysis-Gender-and-Sexualities-From-Feminism-to-Trans/Gherovici-Steinkoler/p/book/9781032257600

NOTES :

(1) : Pour un telle psychanalyse freudo-lacanienne ouverte, voir: Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, Flammarion, 2022 ( https://dimitrilorrain.org/2022/01/18/a-noter-la-sortiede-louvrage-de-benjamin-levy-lere-de-la-revendication-flammarion-janvier-2022/); Dimitri Lorrain, « Apports de la psychanalyse créative », in Lettre de la FEDEPSY n°10, juillet 2022 (https://dimitrilorrain.org/2022/07/22/apports-de-la-psychanalyse-creative-texte-paru-dans-lettre-de-la-fedepsy-n10-juillet-2022/; André Michels, « De la pulsion comme subversion du genre », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Erès, 2018.; Stéphane Muths, « ’’Un garçon dans un corps de fille’’, identités de genre et effraction pubertaire », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., p. 99-120; Jonathan Nicolas, « A l’ombre des jeunes gens en fleurs, une esquisse des identités adolescentes », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., à. 169-180; Jorge N. Reitter, Heteronormativity and Psychoanalysis, Routledge, 2023: https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/; Frédérique Riedlin, « Sur un air de famille(s). À partir d’une question de Judith Butler. La parenté est-elle toujours déjà hétérosexuelle ? », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Toulouse, Erès, 2018. Voir encore notre réflexion collective au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » (FEDEPSY): https://dimitrilorrain.org/seminaire-freud-a-son-epoque-et-aujourdhui/

(2) :  Voir Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, op. cit.

(3) : https://www.editions-stilus.com/transgenre.html

Chères amies, chers amis,

Pour celles et ceux d’entre vous qui lisent l’anglais, je vous informe ici de la sortie du très important ouvrage de mon ami Jorge Reitter, « Heteronormativity and psychoanalysis » (1), avec une belle préface de Patricia Gherovici.

*

Dans ce livre nourri en profondeur de l’expérience de la cure, et écrit de manière fort vivante, Jorge Reitter nous éclaire sur ce qu’il appelle l’« expérience gay » envisagée dans sa spécificité, et sur la psychanalyse depuis cette expérience.

Sa réflexion élabore, de manière rigoureusement psychanalytique, les apports de la pensée de Michel Foucault, mais aussi des études féministes, queer, lesbiennes et gaies. Elle nous éclaire sur la manière dont le discours collectif hétéronormatif et binaire oriente les pratiques et les théories psychanalytiques vers une norme désubjectivante. Et en quoi cela amène à une scotomisation ou à un rejet de la subjectivité des sujets gays, et à leur normalisation s’opposant à leur subjectivation.

Aussi ce livre nous permet-il d’appréhender la position du sujet gay dans ce que Jorge Reitter appelle – en élaborant Foucault – le « dispositif de l’hétéronormativité », c’est-à-dire le dispositif de pouvoir, portant sur la sexualité, que déploie le discours collectif hétéronormatif et binaire. Un point important est d’ailleurs que ce discours collectif voit dans l’hétérosexualité la seule forme de sexualité légitime, et donc rejette la diversité sexuelle.

De plus, nous pouvons noter que l’auteur ne parle pas de l’hétérosexualité comme en soi normative ; ce que j’élabore ainsi : c’est la forme binaire (désubjectivée) de l’hétérosexualité qui est normative, mais une autre hétérosexualité (subjectivée) existe bien, même si minoritaire, à l’écart de l’hétéronormativité.

Ainsi, plus généralement, ce livre nous aide à appréhender les ressorts et l’histoire de l’hétéronormativité et de la binarité pour chaque sujet, qu’il soit LGBT+ ou hétéro.

Pour cela, Jorge Reitter relit Freud et Lacan en détails, en essayant de « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Il rappelle que Freud nous a révélé la contingence de l’objet sexuel. Ce qui fait que – comme le disait Freud lui-même – l’homosexualité ne peut être considérée comme « pathologique ». Bref, il n’existe pas de norme sexuelle, et il s’agit d’essayer d’en tirer toutes les conséquences.

Cela permet à Jorge Reitter, en s’appuyant sur toute une bibliographie souvent encore à découvrir en France, d’éclairer ce qui dans les œuvres de Freud et de Lacan pose de manière géniale les problèmes fondamentaux de la subjectivité et de la psychanalyse, mais aussi ce qui participe de l’hétéronormativité et de la binarité.

En ce sens, le complexe d’Oedipe, montre l’auteur, vaut aussi bien pour les sujets non hétérosexuels. Plus largement, le complexe d’Oedipe est relié dans le livre à la « tâche », pour le sujet, « de devenir indépendant de l’autorité (du désir) des parents » (2).  

Plus encore, Jorge Reitter nous propose une formulation fort élaborative, quand il établit que le sujet gay reconnaît la différence des sexes – envisagée au plus près de la clinique, et de manière non hétéronormative ni binaire (3). Juste, ajoute-t-il, le sujet gay se positionne autrement par rapport à celle-ci que le sujet hétérosexuel.

Bref, ce livre nous permet donc d’envisager les problèmes classiques de la psychanalyse (comme ceux du complexe d’Oedipe ou du complexe de castration, ou encore celui de la différence des sexes, mais aussi celui du symbolique) sous un nouveau jour, pleinement ouvert à la diversité sexuelle et dégagé de la gangue hétéronomative et binaire.

Et, en suivant les réflexions de Jorge Reitter, nous pouvons reprendre à notre compte de manière créative – et non normative – l’interrogation fondamentale de Freud sur le rôle central de la sexualité dans la subjectivité, et dans l’enfance du sujet : sur la sexualité en ce qu’elle est fondamentalement hors-norme – queer diront certains.

Cela ouvre au fait de solidement prendre en compte – avec Lacan – le donné fondamental consistant dans le fait que, pour citer Jorge Reitter, « être dépendant de l’Autre et être très marqué par son désir est une condition nécessaire » (4) à la subjectivation. Car, dirais-je, ce sont, dans un premier temps, cette dépendance à l’Autre (à l’Autre du langage, mais aussi à l’Autre qui a donné au sujet le langage) et cette marque du désir (liée à cette dépendance à l’Autre), qui permettront au sujet, dans un deuxième temps, de devenir indépendant de l’autorité, du désir, des parents.

Dans la cure, cela nécessite le fait que la parole du sujet déploie ce qu’il en est du signifiant, mais aussi que « l’attention de l’écoute analytique (soit) portée sur la structure du signifiant » (5).

D’ailleurs, dans son insistance de l’émancipation du sujet par rapport aux autorités, Jorge Reitter rejoint à mon sens l’insistance de Serge Leclaire, dans son débat avec Lacan, sur le fait que le désir de l’Autre gagne, dans la cure, à prendre une forme « un peu déliée » (6). En d’autres termes, il gagne à prendre une forme pleinement créative, dégagée de toute volonté directive (7). On le voit, chez Jorge Reitter comme chez Leclaire, c’est là une lecture de Lacan – et de son éclairage sur la créativité du signifiant – qui s’émancipe de Lacan, lorsque cela est nécessaire.

Aussi, au regard des vifs et fort compréhensibles débats contemporains à son propos (8), le complexe d’Oedipe (comme son pendant le complexe de castration) n’apparaît-il pas comme quelque chose d’en soi normalisateur, même si son élaboration a pu, chez Freud et après lui, prendre une forme hétéronormative et binaire.

Par là même, ce livre fort important nous propose une articulation très subtile, et au plus près de l’expérience psychanalytique, entre psychanalyse et politique. Car nous trouvons ici une réflexion très opérationnelle sur la question du pouvoir – en lien au langage. En effet, de manière très concrète, pour Jorge Reitter, il s’agit dans la cure d’ « être attentif à la place que le sujet a dans le discours qui le nomme, et qui le situe dans des relations de pouvoir » (9).

Cela nous permet aussi de nous rappeler ce que dit Lacan, en passant par les Lumières, de la relation de la psychanalyse au pouvoir : « Et dans (…) mes Écrits, vous le voyez (…) j’invoque les Lumières. Il est tout à fait clair que les Lumières ont mis un certain temps à s’élucider. (…). Contrairement à tout ce qu’on en a pu dire, les Lumières avaient pour but d’énoncer un savoir qui ne fût hommage à aucun pouvoir » (10).

En somme, cet ouvrage constitue un apport fondamental sur tout un ensemble de questions cruciales. Il en va là de la mise en place d’une psychanalyse  – et d’une psychanalyse freudo-lacanienne (11) – ouverte à la fois à la diversité sexuelle, à la diversité des cheminements de genre,  mais aussi à la féconde démocratisation qui a lieu dans les jeunes générations, avec ce qu’elle apporte de fécond pour la subjectivation (12). Cette psychanalyse ouverte se positionnant de manière psychanalytique contre les discriminations. Ici, l’enjeu est aussi que cette psychanalyse ouverte soit aussi capable de soutenir solidement la subjectivation des sujets, en utilisant pour cela les apports cliniquement fondamentaux, et toujours actuels (pour peu qu’on les réinterprète de manière créative comme le fait l’auteur), de Freud et de Lacan.

Et je finirai sur ce point : Jorge Reitter insiste sur le fait que la psychanalyse qui se positionne contre les discriminations, c’est aussi la psychanalyse qui se positionne contre elles dans les institutions psychanalytiques. Ce alors que l’institution psychanalytique a mis tant de temps à dépathologiser l’homosexualité. D’ailleurs, l’institution psychanalytique, en cela, a bien été contre la volonté de Freud qui, il s’agit de le rappeler, était favorable au fait que des gays ou des lesbiennes deviennent analystes. C’est bien ce que montre le fait qu’il a longtemps collaboré avec Hirschfeld, ce sexologue et militant historiquement important pour la reconnaissance des droits LGBT (13).

*

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur 

Heteronormativity and Psychoanalysis proposes a critical reading of the Freudian and Lacanian texts that paved the way for a heteronormative bias in the theory and practice of psychoanalysis.

Jorge N. Reitter’s theoretical-political project engages in a genealogy of how psychoanalysis approached the ‘gay question’ through time. This book determinedly seeks to dismantle the heteronormative bias in the theories of psychoanalysis that resist new discourses on gender and sexuality. Drawing on developments by Michel Foucault and lesbian and gay studies on queer theory and feminist theorizing, Reitter draws attention to the normalizing devices that permanently regulate sexuality neglected by psychoanalysis as producers of subjectivities.

Accessibly written, Heteronormativity and Psychoanalysis will be key reading for psychoanalysts in practice and in training, as well as academics and students of psychoanalytic studies, gender studies, and sexualities.

Table des matières

Prologue by Patricia Gherovici

Prologue to the first edition

I. Heteronormativity and psychoanalysis

1) Oedipus gay

2) The original entanglement. How psychoanalysis could not escape the heteronorm

3) Oedipus reloaded

4) Towards a post-heteronormative Oedipus

II. Miscellanea

5) On the political incorrectness of eroticism

6) Rethinking the possible as such

7) Felix Julius Boehm

III. Bonus tracks

8) Talking with Jorge Reitter : neither the Other nor sexuality exists outside of power relations

Epilogue

Jorge N. Reitter est psychanalyste d’orientation lacanienne, il vit et exerce à Buenos Aires (Argentine).

Il enseigne à l’Université de la République, Uruguay. Il a enseigné à la Faculté de Psychologie de l’Université de Buenos Aires et à l’Université Nationale Autonome de Zacatecas (Mexique).

Pour une présentation de l’ouvrage (en espagnol), sur la passionnante et fort subtile Chaîne Youtube Asociación Libre (en espagnol), portant sur la psychanalyse, avec Matias Tavil, voir :

Jorge N. Reitter intervient aussi régulièrement sur Asociación Libre, animée par Matias Tavil, et que je vous conseille vivement si vous comprenez l’espagnol :

https://www.youtube.com/channel/UCn-ca92YLNQjj_GSE4zxvag

NOTES :

(1) : La page Internet du livre: https://www.routledge.com/Heteronormativity-and-Psychoanalysis-Oedipus-Gay/Reitter/p/book/9781032171845#

(2) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 53.

(3) : Pour une clinique et une théorie ni hétéronormative ni binaire de la différence de sexes, voir P. Gherovici, Transgenre, Lacan et la différence des sexes, Stilus, 2021. Voir aussi Serge Hefez, Transitions, Calmann-Lévy, 2020.

(4) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 60.

(5) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 31.

(6) Serge Leclaire, Rompre les charmes, Inter Éditions, 1981, p. 167.

(7) : De ce point de vue, en ce qui concerne l’histoire de la psychanalyse en France, l’apport de Lacan, pour génial et mettant en crise le caractère massivement directif de l’enseignement de Freud (voir Moustapha Safouan, Le Transfert et le Désir de l’analyste, Seuil, 1988), n’a pas été sans réintroduire une certaine directivité. Leclaire, comme d’autres de ses élèves (Perrier La Chaussée d’Antin : Œuvre psychanalytique I., Paris, Albin Michel, 2008 et La Chaussée d’Antin II. : Œuvre psychanalytique II., Albin Michel, 2008), Lucien Israël (Boiter n’est pas pécher, Arcanes/Erès, 2010)…), proposent de mettre en crise de l’intérieur de l’apport lacanien le reste de directivité qui habite l’enseignement de Lacan.

(8) : Plus en détails, Jorge Reitter débat avec son ami Fabrice Bourlez sur cette question du complexe d’Œdipe. Dans son fort intéressant ouvrage Queer psychanalyse (Hermann, 2018), Fabrice Bourlez propose en effet une psychanalyse post-oedipienne, nourrie en premier lieu de Deleuze et de Guattari (L’Anti-Œdipe, Paris, 1972).

(9) : Heteronormativity and Psychoanalysis, p. 15.

(10) : J. Lacan, Le Séminaire, Livre XIX, Ou pire, 1971-1972, 15.12.71, éd. Valas, p. 27.

(11) : Pour un telle psychanalyse freudo-lacanienne ouverte, voir: Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, Flammarion, 2022 ( https://dimitrilorrain.org/2022/01/18/a-noter-la-sortiede-louvrage-de-benjamin-levy-lere-de-la-revendication-flammarion-janvier-2022/); Dimitri Lorrain, « Apports de la psychanalyse créative », in Lettre de la FEDEPSY n°10, juillet 2022 (https://dimitrilorrain.org/2022/07/22/apports-de-la-psychanalyse-creative-texte-paru-dans-lettre-de-la-fedepsy-n10-juillet-2022/; André Michels, « De la pulsion comme subversion du genre », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Erès, 2018.; Stéphane Muths, « ’’Un garçon dans un corps de fille’’, identités de genre et effraction pubertaire », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., p. 99-120; Jonathan Nicolas, « A l’ombre des jeunes gens en fleurs, une esquisse des identités adolescentes », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., à. 169-180; Frédérique Riedlin, « Sur un air de famille(s). À partir d’une question de Judith Butler. La parenté est-elle toujours déjà hétérosexuelle ? », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Toulouse, Erès, 2018. Voir notre réflexion collective au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » (FEDEPSY): https://dimitrilorrain.org/seminaire-freud-a-son-epoque-et-aujourdhui/

(12): Pour cette démocratisation, voir Benjamin Lévy, op. cit.

(13) : Sur Hirschfeld et la proximité de Freud avec lui, voir P. Gherovici, Transgenre, Lacan et la différence des sexes, Stilus, 2021, p. 82-91.




Chères amies, chers amis,

Je relaie ici les informations concernant cette journée consacrée sur Lou Andreas-Salomé, qui fut écrivaine et psychanalyste, entre autres proche de Freud.

Ici le message de présentation par l’organisatrice, Ondine Arnould:

« Voici les programme, résumés d’interventions et argumentaire scientifique de la journée d’études « Lou Andreas-Salomé et son monde » qui se tiendra le 10 mars à 14h en salle Table ronde à la MISHA de Strasbourg et en distanciel (inscription par mail obligatoire à ondine.arnould@etu.unistra.fr).

Cet événement, organisé par Ondine Arnould, réunira Geneviève Fraisse, Isabelle Mons, Gérard Bensussan, Scralett Marton, Emmanuel Salanskis, Frédérique Riedlin, Dominique Marinelli et moi-même.

Cette journée sera l’occasion de consacrer une réflexion collective et pluridisciplinaire à cette grande penseuse. Lou Andreas-Salomé fut trop longtemps réduite à la figure de la muse ou encore de la femme désirée, au détriment de la considération de sa pensée propre. Elle a toujours vécu librement dans la poursuite d’elle-même et de son projet psycho-anthropologique qu’elle a mené à travers de multiples disciplines (philosophie, littératures allemande, scandinave et russe, théologie, esthétique et psychanalyse), et ce non sans ambivalences.

La journée est organisée dans le cadre du Centre de recherche en philosophie allemande et contemporaine (CRePhAC) et des Mondes germaniques et nord-européens (MGNE) de l’Université de Strasbourg.

N’hésitez donc pas à venir (en présence ou à distance) découvrir ou redécouvrir cette figure encore trop peu (re)connue du matrimoine culturel français ! »

En distanciel, inscription par mail obligatoire à ondine.arnould@etu.unistra.fr.

Ondine Arnould est philosophe et germaniste, chargée de cours à l’Université de Strasbourg. Elle travaille dans une perspective féministe.

Ici le programme et la brochure de présentation:

Animé par Dominique Marinelli, Emmanuelle Chatelat et Dimitri Lorrain.

A partir du 5 janvier 2023, le 1er jeudi du mois, à 20h30.

Par Zoom.

Pour demander à participer, écrire à : lorrain.dimitri@gmail.com ou à emmanuelle.chatelat@gmail.com.

Le séminaire porte sur la pratique psychanalytique de Freud et sur sa pensée. Nous étudions l’œuvre et le geste de Freud dans son contexte historique et culturel (psychanalytique, psychiatrique, intellectuel, philosophique, littéraire, artistique, etc.). Ce faisant, nous essayons d’envisager la portée à la fois clinique, théorique et culturelle de son œuvre dans le contexte actuel.

Il s’agit de lire Freud, de le discuter, afin d’ouvrir des pistes théoriques pour la clinique. Nous essayons aussi de caractériser la dynamique de son œuvre et la manière dont Freud a traversé ses propres résistances.

Nous lisons Freud, Lacan, mais aussi les élèves strasbourgeois de Lacan, comme d’autres de ses élèves, afin de transmettre la psychanalyse telle que l’envisage l’Ecole de Strasbourg et de pratiquer un freudo-lacanisme pleinement ouvert à l’apport féministe et queer, à la diversité sexuelle et à la diversité des cheminements de genre.

De plus, pour nous mettre à l’écoute des subjectivités contemporaines, nous envisagerons de manière psychanalytique les apports des pensées féministes et queer, et des études de genre, les plus stimulantes.

En ce sens, nous invitons des intervenantes et des intervenants psychanalystes et appartenant aux champs connexes à la psychanalyse (philosophie, sciences humaines et sociales, littérature, art, etc.).

Avec une quarantaine d’inscrits, le séminaire associe des personnes venant de différents champs : psychanalyse, psychologie, pédopsychiatrie, éducation, philosophie, anthropologie littérature, études féministes…

Ce séminaire polyphonique est pour chacune et chacun l’occasion de traverser Freud à sa manière, dans une relation de un à un avec son œuvre, avant tout depuis la clinique et depuis l’éthique de la psychanalyse.

Lors de l’année 2023 et du 1er semestre de 2024, nous traiterons du « féminin ».

.

Programme janvier-juin 2024

5.1.2023          Emmanuelle Chatelat et Dimitri Lorrain : « La situation contemporaine de la psychanalyse »

2.2.2023          Emmanuelle Chatelat et Dimitri Lorrain : « Le féminin selon Freud et aujourd’hui »

2.3.2023          Frédérique Riedlin (psychanalyste) : « Le tabou de la virginité selon Freud » 

6.4.2023          Thierry Goguel d’Allondans (anthropologue, Univ. Strasbourg) et Jonathan Nicolas  (psychanalyste) : « A propos de Choisir son genre ? (ouvrage collectif qu’ils ont dirigé) »

4.5.2023          Stéphane Muths (psychanalyste) : « La bisexualité psychique selon Freud et aujourd’hui »

                        Karina Pacheco (philosophe) : « Le virilisme dans le Brésil de Bolsonaro » (10-15’)

1.6.2023          Frédérique Riedlin et Dimitri Lorrain : Lecture de Lacan, Séminaire XX., Encore, leçon du 13.3.1973

5.10.2023        Dimitri Lorrain : « Les femmes et le féminin à l’époque de Freud selon Stefan Zweig (« Le monde d’hier ») »

9.11.2023        Dominique Marinelli : « Eléments pour une histoire des femmes psychanalystes (1) »

7.12.2023        Dominique Marinelli : « Eléments pour une histoire des femmes psychanalystes (2) »

11.1.2024        Sandra Baumlin et Emmanuelle Chatelat : « La servitude volontaire (Lacan, Dufourmantelle, Manon Garcia, La Boétie) »

1.2.2024          Jacob Rogozinski (philosophe, Univ. Strasbourg) et Emmanuelle Chatelat : « La psychanalyse, la chair, le féminin »

14.3.2024        Dimitri Lorrain : « A propos de Lucien Israël, Boiter n’est pas pécher, chapitre « Que reste-t-il de notre amour? » »

4.4.2024          Emmanuelle Chatelat : « Eléments d’histoire du genre pour la psychanalyse »

9.5.2024          Intervention à définir

6.6.2024          Intervention à définir

.

Autres intervenants à venir 

Jorge N. Reitter (psychanalyste, Buenos Aires) ; André Michels (psychanalyste); Paola Casagrande (psychanalyste); Ondine Arnould (philosophe, Univ. Strasbourg, sur Lou Andreas-Salomé) ; Benjamin Lévy (psychanalyste, sur le travail culturel) ; Leiv Fraenckel (philosophe, Univ. Strasbourg, sur le judaïsme et la psychanalyse), Thyphaine Krebs (psychologue, sur Rilke) ….

Textes étudiés

Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle(1905), Gallimard, 1989.

– Sigmund Freud, « Le tabou de la virginité » (1918), in La vie sexuelle, PUF, 1969.

– Sigmund Freud, « Sur la sexualité féminine » (1931), in La vie sexuelle, PUF, 1969.

– Sigmund Freud, « La féminité » (1932), in Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Gallimard, 2002.

– Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre XX, 1972-1973, Encore, Seuil, 1975, particulièrement  « Une lettre d’âmour », séance du 13.3.1973.

– Jacques Lacan, Le Séminaire : Livre XVII. L’envers de la psychanalyse, 1969-1970, Paris, Seuil, 1991.

– Lucien Israël, Boiter n’est pas pécher, Arcanes-érès, 2010, particulièrement « Que reste-t-il de notre amour ? », p. 153-162.

– Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, Chronique sociale, 2022.

– Stefan Zweig, Le Monde d’hier (1943), Livre de poche, 1996.

Autre bibliographie (psychanalyse)

– Monique David-Ménard (dir.), Sexualités, genres et mélancolie, S’entretenir avec Judith Butler, Campagne première, 2009.

– Anne Dufourmantelle, Éloge du risque. Payot, Paris 2011.

– Jean-Pierre Dreyfuss, Jean-Marie Jardin, Marcel Ritter, Qu’est-ce que l’inconscient ?, Erès, 2016.

– Jean-Richard Freymann, L’art de la clinique, Strasbourg/Toulouse, Arcanes/Erès, 2015.

– Patricia Gherovici, Transgenre : Lacan et la différence des sexes, Paris, Stilus, 2021.

– Serge Hefez, Transitions, Calmann-Lévy, 2020.

– Dimitri Lorrain, « Apports de la psychanalyse créative », in Lettre de la FEDEPSY n°10, juillet 2022.

Voir:https://dimitrilorrain.org/2022/07/22/apports-de-la-psychanalyse-creative-texte-paru-dans-lettre-de-la-fedepsy-n10-juillet-2022/

– Dimitri Lorrain, « Avec Stefan Zweig: penser la Vienne de Freud et le geste de Freud. Une lecture du « Monde d’hier » », in Ephéméride 11, FEDEPSY, novembre 2020.

Voir: https://dimitrilorrain.org/2020/12/04/avec-stefan-zweig-penser-la-vienne-de-freud-et-le-geste-de-freud-une-lecture-du-monde-dhier/

– André Michels, « De la pulsion comme subversion du genre », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Erès, 2018.

– Stéphane Muths, « ’’Un garçon dans un corps de fille’’, identités de genre et effraction pubertaire », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., p. 99-120

– Jonathan Nicolas, « A l’ombre des jeunes gens en fleurs, une esquisse des identités adolescentes », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., à. 169-180.

– Jorge N. Reitter, Heteronormativity and psychoanalysis. Oedipus gay, Routledge, 2022.

– Frédérique Riedlin, « Sur un air de famille(s). À partir d’une question de Judith Butler. La parenté est-elle toujours déjà hétérosexuelle ? », in Laurence Croix et Gérard Pommier (dir.), Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et les parentalités, Toulouse, Erès, 2018.

– Frédérique Riedlin, « ’’Extime-toi heureux ! », in Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas (dir.), Choisir son genre ?, op.cit., p. 129-142.

– Moustapha Safouan, Le Transfert et le Désir de l’analyste, Seuil, 1988.

– Donald W. Winnicott, Conversations ordinaires, Gallimard, 1988.

Autre bibliographie (hors psychanalyse)

– Judith Butler, Défaire le genre, Amsterdam, 2013.

– Didier Fassin et Roland Rechtman, L’empire du traumatisme, Flammarion, 2007.

– Michel Foucault, Herculine Barbin dite Alexina B., Gallimard, 2014.

– Camille Froidevaux-Metterie, La révolution du féminin, Gallimard, 2015.

– Manon Garcia, On ne naît pas soumise : on le devient, Flammarion, 2018.

– Olivia Gazalé, Le mythe de la virilité, Robert Laffont, 2017,

– Thierry Goguel d’Allondans, Ados LGBTI, Chronique sociale, 2016.

– Françoise Héritier, Masculin-Féminin, 2 vol., Odile Jacob, 2007.

– Ivan Jablonka, Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Seuil, 2019.

– Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontair, Flammarion, 1993.

– Thomas Laqueur, La Fabrique du sexe, Gallimard, 1992.

– Maggie Nelson, Les Argonautes, Editions du sous-sol, 2018.

– Jacob Rogozinski, Le Moi et la chair, Cerf, 2006.

Séries

– « #Philo: sapere Aude », sur Netflix, de Héctor Lozano et Menna Fité (1)

– « La fin de l’amour »  de Tamara Tenenbaum, sur Amazon vidéo 

– « Transparent », de Joey Soloway, sur Amazon Vidéo.

Documents de travail: page Internet réservée aux membres de l’équipe du séminaire

NOTE

(1): voir :


Présentation de l’éditeur (extrait de la préface de David Le Breton):

« Coordonné par Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas, cet ouvrage offre une série de variations sur la notion de “genre”, une notion qui traduit aujourd’hui à la fois la conscience approfondie de ce que le lien social est toujours au fondement de nos représentations, et le fait que ses objectivations soient révocables si l’on ne s’y reconnaît pas. Longtemps décrit comme “naturel”, le genre est désormais perçu comme une décision propre, un choix.

L’individualisation du lien social ne cesse d’élargir la marge de liberté des acteurs. Le concept de genre en sciences sociales vise à définir les représentations, les valeurs, les rôles, les attitudes, associés au masculin et au féminin en tant qu’ils relèvent d’une construction sociale et culturelle. Les représentations de genre sont des scripts à la disposition des acteurs. Les notions d’“homme” ou de “femme” ne sont pas des essences, elles se dissolvent sous les fictions plus ou moins partagées qui les mettent en scène au sein du lien social. L’individu construit l’évidence de ses comportements comme homme ou femme, sans en avoir toujours conscience, car il en a acquis le principe au cours de son enfance par la socialisation, et leur confirmation relève du jeu ordinaire de l’existence, de ce qui est tenu pour acquis.

Thierry Goguel d’Allondans et Jonathan Nicolas soulèvent une question polémique majeure : “Peut-on encore s’interroger sur ce que serait, pour chacune et chacun, être un homme ou le devenir, être une femme ou le devenir, ce qui relèverait de la masculinité ou de la féminité ? Ou faut-il – comme l’espèrent certains – en finir définitivement avec le genre ? Abandonner toute classification qui serait potentiellement stigmatisante ? » »

Avec les contributions de Natacha Aubry, Éric Bidaud, Maxime Duviau, Eva Feigerlova, Christophe Gauld, Bernard Golse, Serge Hefez, Mélanie Jacquot, David Le Breton, Gaëlle Légo, Aurélien Lubienski, Stéphane Muths, Frédérique Riedlin, David Risse, Martin Roth, Anne Thévenot, Julia Vesque et Mélissa Wolff.

**

Une rencontre aura lieu le mardi 28 mars 2023, à la MISHA, Allée du Général Rouvillois, 67000 Strasbourg, en partenariat avec les laboratoires SULISOM et LINCS de l’Université de Strasbourg, la Maison des
adolescents… Plus d’informations à venir.


Au regard de l’évolution contemporaine des discours et des mécanismes psychiques, j’aimerais ici insister sur un point qui me semble particulièrement important. Tout un ensemble de discours collectifs avancent de nos jours que la psychanalyse sous sa forme actuelle serait « dépassée » – souvent pour justifier sa minoration institutionnelle. Or cela ne me semble pas juste.

            En effet, s’il s’avère que la psychanalyse a pu souvent être dénaturée et devenir dogmatique, et ainsi renier sa créativité fondamentale, cela n’est heureusement pas toujours le cas. Elle existe aussi de nos jours sous une forme rigoureuse et créative (ce qui est la même chose). Dans ce cas-là, je dirais qu’elle se centre sur la création d’un lien de parole qui ouvre à la création du lien psychanalytique en tant que tel[1]. Bien sûr, la psychanalyse ne se réduit pas à ce lien de parole, que je définis plus loin comme désirant, même si c’est là selon moi une dimension importante, pour faire advenir et se déployer le processus psychanalytique.

            Sous cette forme, la psychanalyse élabore sur les critiques qui lui sont adressées. De plus, elle remet au travail ses apports, afin de prendre en compte les subjectivités contemporaines.

            Dès lors, la psychanalyse a une très grande efficacité subjectivante, comme nous le constatons en pratique. C’est le cas pour peu que le processus psychanalytique se mette en place, du fait d’un positionnement fécond du psychanalyste, dans le sens de la création du lien de parole et du lien psychanalytique. Bref, la psychanalyse en soi n’est pas « dépassée », et il s’agit de mieux la faire connaître sous sa forme véritable, créative. C’est en ce sens que je voudrais ici insister sur ses apports.

            Dans ce cadre, la minoration institutionnelle actuelle de la psychanalyse acquiert à mon sens la signification suivante. Il s’agit, dans ces institutions, d’empêcher le lien de parole nécessaire au sujet, ne pas laisser exister la parole, et particulièrement pas le lien de parole ni la parole sous leurs formes psychanalytiques. Ce afin que la psychanalyse ne risque pas de sortir les sujets et les institutions de leurs routines, ni d’un ennuyeux confort. Ce confort étant lié à une logique d’adaptation et de sécurité, et au déploiement désubjectivant de la compulsion de répétition, qui vont de pair. Bref, la psychanalyse est institutionnellement souvent mise de côté pour ne pas qu’elle risque d’apporter du nouveau au niveau du lien de parole, et dès lors ni subjectivement ni collectivement[2]. Voilà à mon sens la principale raison de la minoration institutionnelle actuelle de la psychanalyse. Ce même si, en même temps, la forme dénaturée, dogmatique, qu’elle peut parfois prendre, la dessert. Cela, bien sûr, il nous faut aussi le constater.

            Sur le fond, nous avons ici affaire au malaise dans la culture – tel que Freud l’a problématisé dans son ouvrage du même nom –, et au malaise dans la culture sous sa forme contemporaine. Bref, nous avons affaire aux forces subjectives et collectives allant contre la subjectivation et contre le lien de parole et la parole en général. Ce malaise dans la culture, la psychanalyse permet de l’appréhender de manière tragique.

            Il reste qu’au regard de ce que nous dit la tradition philosophique, ce rejet de la parole et du lien de parole, que nous constatons aujourd’hui, n’a rien de nouveau. Déjà, Levinas, en 1961, dans Totalité et Infini, posait les questions vertigineuses de l’« antilangage » et de la dystopie d’un « monde absolument silencieux ». En effet, considérant que « le monde est offert dans le langage d’autrui » – et donc dans le lien de parole avec l’autre –, Levinas repérait déjà dans nos sociétés une tendance vers le déploiement de l’« antilangage », du « monde absolument silencieux ». Ici, dit-il, « l’interlocuteur a donné un signe, mais s’est dérobé à toute interprétation »[3]  – et à tout lien de parole.

            Et j’aimerais en ce point insister sur le rejet du geste d’interprétation, alors que l’interprétation introduit du subjectif, du singulier, puisque le sujet s’y autorise de sa propre lecture, de sa propre parole, et du lien de parole, marqué par la séparation – par la perte –, qu’il a avec l’autre[4].

            Ici, nous dit encore Levinas, dans ce monde absolument silencieux, règne le « pur spectacle », la « pure objectivité », qui en son fond est un rire « ricanant », et qui relève du sarcasme et non de l’humour, un « rire qui cherche à détruire le langage »[5]. En termes psychanalytiques : ici se déchaîne le surmoi en ce qu’il enjoint le sujet à se taire, à ne déployer ni parole ni lien de parole[6].

            Plus encore, dans une autre problématisation que celle de Levinas, Foucault, en 1970, avançait que, derrière la prolifération apparente des discours de surface, « il y a sans doute dans notre société (…) une profonde logophobie, une sorte de crainte sourde contre ces événements, contre cette masse de choses dites, contre le surgissement de tous ces énoncés, contre tout ce qu’il peut y avoir là de violent, de discontinu, de batailleur, de désordre aussi et de périlleux, contre ce grand bourdonnement incessant et désordonné du discours »[7]. Le coup de génie de Foucault[8] étant de montrer que cette logophobie trouve largement sa source dans les institutions, dans la manière dont les institutions en Occident sont historiquement, le plus souvent, construites et envisagées.

            Ainsi, ces deux grands philosophes, de deux manières tout à fait différentes, ont repéré dans l’histoire de nos sociétés occidentales le rejet de la parole, que Foucault a situé au niveau institutionnel et collectif. Et nous pouvons constater de nos jours le fait que cette logophobie, et le rejet du lien de parole qui va de pair, se déploient de manière encore plus extensive qu’à leur époque, particulièrement dans ce que l’on appelle le champ du soin psychique.

            Rien d’antimoderne dans mon propos. A mon sens, dans l’histoire de l’Occident, la logophobie est plus ou moins dominante suivant les époques, cela fluctue. L’œuvre de Foucault – même si je ne le suivrais pas sur tout, particulièrement concernant la psychanalyse – aide à appréhender sa logique et à en faire l’histoire[9]. Plus encore, c’est à mon sens en bonne partie la logique institutionnelle dominante dans nombre d’institutions contemporaines, liée aux relations de pouvoir, qui déploie cette logophobie, qui réprime la parole et le lien de parole. De plus, cette logique institutionnelle logophobe, existante à l’époque de Levinas et de Foucault – mais aussi de Lacan –, s’est bien depuis étendue, pour s’étendre à nombre de champs qui lui échappaient[10].

            Ainsi, l’accélération de nos rythmes d’existence[11], liée à cette logique institutionnelle, arrive dorénavant souvent (pas toujours heureusement, car il existe des institutions où la parole peut exister et se déployer) à imposer une accélération de notre relation au langage, un court-circuitage de la parole, et ainsi à empêcher toute durée – tout après-coup – permettant la parole et le lien de parole.

            Et face à cette logophobie et face à ce défaut de lien de parole[12], lorsque, dans la cure, le psychanalyste pose un lien de parole et qu’il donne la parole au patient, il arrive régulièrement (pas toujours bien sûr) que la parole surgisse, spontanément, et que, dans la cure, pour peu que le psychanalyste se positionne créativement en ce sens, il soit possible d’en faire une demande et une parole au sens psychanalytique.

            Mais quelles sont les caractéristiques du lien de parole que gagne à poser le psychanalyste, afin de créer le lien analytique ? Eh bien, je dirais que ce peut être un lien de parole désirant, car marqué par la perte, mais aussi par le nouage désirant entre le réel, le symbolique et l’imaginaire. En somme, le désir de désir – et le désir de parole – du psychanalyste pose et propose un lien de parole désirant qui en appelle au désir et à la parole du patient, et au fait que la parole du patient soit désirante – et donc en premier lieu marquée par l’écart entre le manifeste et le latent.

            Dans ce lien de parole désirant, l’écoute du psychanalyste ouvre au déploiement du désir, du latent, dans la parole du patient, ou bien, si nécessaire, à la naissance du désir, du latent, dans celle-ci. Elle ouvre à une singularisation de la parole et à une richesse symbolique, poétique, de celle-ci, ainsi qu’au nouage (ou à l’articulation sinthomale) entre le réel, le symbolique et l’imaginaire.

            Ici, dans ce lien de parole désirant que (pro)pose le psychanalyste, l’écoute de celui-ci ouvre, du côté du patient, au déploiement d’une demande – la demande allant toujours dialectiquement avec le désir. Elle ouvre au fait que la parole du patient déploie une demande au sens psychanalytique, fondatrice du processus de la cure.

            Plus encore, le phénomène contemporain du défaut et du rejet de lien de parole dans les institutions, je crois que c’est quelque chose que beaucoup de nos contemporains appréhendent. Avec la dite « crise du Covid », s’est en effet à mon sens révélé au grand jour le fait que les institutions contemporaines rejettent la parole et le lien de parole. Et cela est maintenant allé si loin en ce sens que, par contrecoup, les demandes de parole, de lien de parole, affluent. En effet, culturellement, il faut à mon sens noter qu’une bonne partie de nos contemporains refusent la logophobie, refusent le défaut de lien de parole. J’en veux pour preuve les éléments suivants. Avant tout, les demandes aux « psys », et particulièrement aux psychanalystes, affluent. L’intérêt en France pour la série « En Thérapie », malgré ses imperfections, témoigne aussi de cela. Plus encore, nombre de revendications contemporaines sous leurs formes ouvertes et démocratiques[13], particulièrement les revendications féministes ou liées au mouvement LGBTQIA+, sont aussi le plus souvent liées (comme elles le disent d’ailleurs elles-mêmes très régulièrement) à un refus du défaut et du rejet de la parole et du lien de parole dominant dans les institutions.

            Mais, pour en revenir plus généralement aux nouvelles formes de mécanismes psychiques et de discours, il me semble que, parmi les différents facteurs contemporains expliquant ces formes nouvelles de mécanismes psychiques et de discours, pèsent à mon sens particulièrement deux éléments : le fait que le lien de parole est très souvent (pas toujours heureusement) empêché dans les institutions, parce que la logophobie y règne ; mais aussi l’appréhension par nombre de nos contemporains concernant ce défaut de lien de parole et cette logophobie. C’est un point important à relever cliniquement, il me semble, pour nous positionner dans le bon sens. Car si nous partons de cela, nous pouvons il me semble alors appréhender le fait que, si le psychanalyste se positionne dans le sens de la création d’un lien de parole désirant (qui est donc à mon sens régulièrement – et donc pas toujours – souhaité par les patients en quête d’un lien de parole), eh bien les choses peuvent s’ouvrir, et même qu’elles s’ouvrent assez régulièrement, dans le sens de la création du lien psychanalytique. Ainsi, telle que je l’envisage, la psychanalyse, pour tragique, relève d’un optimisme tragique, malgré tout.

            Pour ma part, je vois dans les nouvelles formes de discours et de mécanismes psychiques, une nouvelle forme de demande[14], et même une nouvelle forme de possibilité de demande. À mon sens, cela implique, du côté du psychanalyste, une forme renouvelée de l’écoute psychanalytique[15], positionnée dans le sens de la création du lien de parole désirant et de la création du lien analytique.

            C’est en ce sens que, comme le pointe le titre de ce texte, j’ai voulu ici insister sur les apports de la psychanalyse créative telle que je la conçois. J’ai ainsi voulu insister sur le fait que, sous sa forme créative, le psychanalyste peut travailler dans le sens de l’émergence, en une rencontre fondatrice[16], du lien de parole désirant entre le psychanalysant et le psychanalyste, et donc sur la création du lien psychanalytique. Alors, comme l’expérience de la cure permet de le constater et de l’éclairer, la psychanalyste a une grande efficacité subjectivante[17].


[1] Ce que j’élabore ici se situe dans l’apport de Lacan et de sa relecture créative. Sur la création du lien psychanalytique, voir particulièrement Lucien Israël, Boîter n’est pas pécher, Arcanes/érès, 2010 ; Jean-Richard Freymann, La naissance du désir, Arcanes/érès, 2005.

[2] Sur ce point, ce que dit Israël (op. cit.) n’a pas pris une ride.

[3] E. Levinas, Totalité et infini, essai sur l’extériorité, Livre de poche, 1991 (1961), p. 90-94.

[4] Sur l’interprétation, je me permets de renvoyer à ma réflexion intitulée « Sur l’interprétation. Une lecture de « Le rabbin et le psychanalyste » de Delphine Horvilleur. https://dimitrilorrain.org/2020/12/04/avec-delphine-horvilleur-sur-linterpretation-une-lecture-de-le-rabbin-et-le-psychanalyste-hermann-2020/ 

[5] E. Levinas, op. cit., p. 90-94.

[6] Tel que le psychanalyste Didier-Weill, d’ailleurs en lecteur de Levinas, le montre. Voir A. Didier-Weill, Les Trois temps de la loi, Seuil, 1995.

[7] M. Foucault, L’ordre du discours, Gallimard, 1971, p. 92-93. La leçon a été prononcée en 1970.

[8] De ce Foucault-ci, qui n’est pas le Foucault plus tardif. Ce dernier insiste plutôt sur la manière dont ce qu’il appelle le « pouvoir » fait parler. Autant de problématisations fécondes, d’hypothèses de travail différentes et donnant à élaborer la complexité des choses.

[9] C’est une longue histoire que le rejet du langage et de la parole : pour d’autres éléments concernant cette histoire, voir aussi l’admirable ouvrage du linguiste allemand J. Trabant, Humboldt ou le sens du langage, Mardaga, 1992. J’ai eu la chance de collaborer avec lui lorsque j’ai été Visiting Fellow à l’Université Humboldt de Berlin en 2011-2012.

[10] Sur l’institution contemporaine, voir les réflexions de R. Gori, par exemple La Fabrique des imposteurs, Les liens qui libèrent, 2013.

[11] Be. Stiegler, Dans la disruption, Les liens qui libèrent, 2016 ; H. Rosa, Accélération, La Découverte, 2010.

[12] Sur cette question du lien de parole et du défaut de lien de parole, j’élabore aussi sur la réflexion de Winnicott. Winnicott parle pour sa part de « déprivation » concernant ce que j’appelle le défaut de lien de parole. Voir par exemple Jeu et réalité, Gallimard, 2002.

[13] Il existe aussi des revendications contemporaines prenant une forme fermante, avec ses excès problématiques – ce qui à mon sens d’ailleurs sans doute reconduit une forme de logophobie. Sur cette question des revendications contemporaines, dans leur apport démocratique et leur complexité, voir Benjamin Lévy, L’ère de la revendication, Flammarion, 2022.

[14] J’élabore ici sur les récentes réflexions d’André Michels. Ainsi lors de la soirée de l’ASSERC « De la clinique psychanalytique à venir. Comment la concevoir ? », Strasbourg, le 25.2.22.

[15] Toujours comme nous y invite André Michels.

[16] Sur cette rencontre fondatrice, Lucien Israël a des pages fort éclairantes lorsqu’il parle de la « rencontre symbolique », dans Boiter n’est pas pécher, op. cit.

[17] La question est alors de savoir comment l’on peut penser plus en détails ce lien de parole désirant, et comment l’on peut envisager la création du lien de parole désirant, et donc du lien psychanalytique. C’est de cette question dont je traiterai, comme de notre situation discursive et psychique contemporaine, dans deux textes à venir, l’un dans la Lettre de la FEDEPSY, et l’autre sur le site de la FEDEPSY.

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Chères amies, chers amis,

Je relaie ici les informations sur le colloque « Qui a peur de la déconstruction? » organisé par Isabelle Alfandary (professeur à l’Université de la Sorbonne Nouvelle, ancienne présidente du Collège international de philosophie), Anne Emmanuelle Berger (professeure émérite de littérature française et d’études de genre, Université Paris-8 / CNRS, Visiting Melodia E.Jones Chair, University at Buffalo) et Jacob Rogozinski (professeur émérite à la Faculté de philosophie de Strasbourg)

Pour obtenir le lien Zoom, envoyer une demande à : claudia.simma@cnrs.fr

Voici l’argument :

« En janvier 2022, s’est tenu à la Sorbonne un colloque intitulé “Après la déconstruction. Reconstruire les sciences et la culture”. Multipliant les contresens, les intervenants de ce colloque se sont attaqués aux recherches féministes et décoloniales, au soi-disant “wokisme” et par-dessus tout à la “déconstruction”, dénoncée comme une entreprise “nihiliste”. Sous ce nom, ils s’en sont pris aux œuvres les plus créatives de la philosophie française contemporaine, celles de philosophes comme Jacques Derrida, Michel Foucault, ou Gilles Deleuze.

Nous ne pouvons pas laisser dire que la déconstruction est destructrice, alors qu’il s’agit d’une démarche affirmative et inventive, qui s’efforce de redonner du jeu et de la vie à la pensée. C’est pourquoi nous organisons en janvier 2023 un colloque intitulé “Qui a peur de la déconstruction ?” afin de donner à entendre les voix de celles et ceux qui se revendiquent, à un titre ou un autre, de cet héritage intellectuel.

Nous voulons montrer comment la déconstruction a essaimé de manière féconde dans différents domaines de la recherche. En mettant en question les préjugés phallocentriques, elle a rendu possible l’analyse de la construction des identités de genre et un renouveau de la théorie psychanalytique. En s’interrogeant sur la prédominance de la métaphysique occidentale, elle a favorisé l’écoute de pensées subalternes et l’essor des recherches décoloniales.

Derrida en était venu à identifier la déconstruction avec la promesse d’une “démocratie à venir”. C’est bien la démocratie qui est en jeu et en danger dans l’Université et la société. C’est la liberté d’exercice et de diffusion de la pensée que nous voulons réaffirmer.’

Programme

Jeudi 19 janvier – École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, salle Dussane

Matin

-modératrice : Anne-Emmanuelle Berger (Université Paris 8, CNRS-LEGS)

-9h : présentation : Isabelle Alfandary (Université Sorbonne Nouvelle), Anne-Emmanuelle Berger (Université Paris 8, CNRS-LEGS), Jacob Rogozinski (Université de Strasbourg)

-10h : Denis Kambouchner (Université Panthéon-Sorbonne), Pourquoi lire Derrida 

-11h30 : Ginette Michaud (Université de Montréal), Du virus et de ses variants (retours sur le ressentiment, le racisme et le « wokisme »)

Après-midi

-modérateur : Jacob Rogozinski (Université de Strasbourg)

-14h30 : Marc Crépon (ENS-Ulm) L’inconditionnelle condition de la paix

-15h30 : Étienne Balibar, Un messianique sans messianisme est-il pensable ?

-17h : Danielle Cohen-Levinas (Sorbonne-Université), Plus d’une langue

Vendredi 20 janvier – Université Panthéon-Sorbonne,

12 place du Panthéon, salle 216

 Matin

-modérateur : Giustino De Michele (Université Paris 8)

-9h : ouverture : Sandra Laugier (Université Panthéon-Sorbonne)

-9h15 : Marta Segarra (CNRS-LEGS), Déconstruction des barrières entre les genres et les espèces : Hélène Cixous

-10h30 : Avital Ronell (New York University), Fight Cage

-11h30 : Marc Goldschmit (Collège International de Philosophie, Paris), Allégorie et analyse critiques de la religion – Benjamin, Freud, sources modernes de la déconstruction 

Après-midi 

-modératrice : Léonore Brassard (Université Paris 8, CNRS-LEGS)

-14h30 : Monique David-Ménard (Université Paris-Cité), Critique, déconstruction et affirmation de la pensée 

-15h30 : Seloua Luste Boulbina (philosophe, Paris), Les souterrains de la déconstruction

-17h : Hélène Merlin-Kajman (Université Sorbonne Nouvelle), Avoir ou ne pas avoir peur :  telle est la question 

Samedi 21 janvier, École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, salle Dussane

Matin

-modératrice : Claire Finch (Université Paris 8, CNRS-LEGS)

-9h : Fabrice Bourlez (ESAD, Reims), Les queer et le tact de la déconstruction

-10h : Stéphane Habib (psychanalyste, Paris), L’usure des mots

-11h30 : Marta Hernandez (Université Catholique de Louvain), Expliquer n’est pas (du tout) justifier

Après-midi

-modératrice : Isabelle Alfandary (Université Sorbonne Nouvelle)

-14h30 : Aurélien Barrau (Université Grenoble Alpes), Trahir par amour

-15h30 : Raphael Zagury-Orly (Institut Catholique de Paris), Le judéo-franco-maghrébin – “Une loi un peu folle”

-17h : Sam Weber (Northwestern University), Dé-limitation

Avec le soutien de :

  • UMR-LEGS : CNRS, Paris 8, Paris-Nanterre
  • Melodia E. Jones Chair, Department of Romance Languages and Literatures, The University at Buffalo
  • EA PRISMES, Université Sorbonne Nouvelle

Chères amies, chers amis,

Ici le lien vers la Lettre de la FEDEPSY n°13 de novembre 2022: avec, entre autres, des textes de Cyrielle Weisgerber et Emmanuelle Chatelat.

https://fedepsy.org/les-lettres-de-la-fedepsy/

Bonne lecture !

Ces deux journées d’études interdisciplinaires entre art et écologie sont proposées par l’Unité de recherche Approches contemporaines de la réflexion et de la création artistiques la Cryogénie — espace de recherche-création de l’Université de Strasbourg. Elles sont coordonnées par Sandrine Israel-Jost, philosophe et enseignante à la HEAR et Katrin Gattinger, artiste et MCF HDR en arts plastiques à l’Université de Strasbourg.

Ces journées d’études interdisciplinaires sont pensées dans le contexte des nouvelles conditions planétaires (réchauffement climatique,pandémie…), et se focalisent en particulier sur les animaux sauvages en ville, les animaux liminaires, leur présence dans les milieux agricoles et urbains, les gestes et traces qui témoignent de leurs agentivité et de leurs stratagèmes d’adaptation, ainsi que le potentiel de l’art à les représenter pour renouveler récits et sentir autrement. Il s’agira ainsi d’engager, à partir de pratiques artistiques, gestuelles ou comportementales, des questionnements autour de la cohabitation humain/non-humain, et cela particulièrement depuis l’angle de la ruse et/ou de l’appropriation. Et cela afin de spécifier les enjeux d’une interrogation croisée entre les questions ainsi corrélées de l’habitat des vivants et des moyens rusés d’appropriation improvisée.

Ces journées d’études sont également associées à l’exposition de Katrin Gattinger, Plan B, qui se tiendra en Cryogénie – Espace de recherche-création de l’Université de Strasbourg à partir de janvier 2023.

Jeudi 24 novembre

9 h 30 — Katrin Gattinger, artiste et maîtresse de conférences HDR en arts plastiques à l’Université de Strasbourg et Sandrine Israel-Jost, philosophe et enseignante à la HEAR
Accueil
10 h — 
Katrin Gattinger, artiste et maîtresse de conférences HDR en arts plastiques à l’Université de Strasbourg et Sandrine Israel-Jost, philosophe et enseignante à la HEAR
Introduction
10 h 15 — Joëlle Zask, enseignante en philosophie à l’Université d’Aix- Marseille
 Le sauvage, une affaire de conduite
11 h — Matiline Paulet, anthropologue de l’environnement 
L’Homme et le goéland en ville : adaptations, ajustements des comportements et réciprocités des relations

Après-midi

14 h — Katrin Gattinger, artiste plasticienne et maîtresse de conférences HDR en arts plastiques à l’Université de Strasbourg
Sculpter l’irrévérence : Geste animal versus design défensif
14 h 45 — Pascal Carlier, docteur en éthologie
Être rusé en animal ou comment les animaux s’adaptent-ils à la nouveauté ? Un point de vue étho-phénoménologique
15 h 45 — Sandrine Israel-Jost, philosophe et enseignante à la HEAR
Fernand Deligny, l’extension du domaine de la ruse ou pour une ruse commune à tout ce qui vit
16 h 30 — Anna Guilló, artiste et professeure des universités à Aix-Marseille Université
Quand on arrive en ville : le rat-l’hostile, la vie elle-même 

Vendredi 25 novembre

9 h — Sandrine Israel-Jost, philosophe et enseignante à la HEAR 
Accueil
9 h 30 — Chris Younès, psychosociologue, docteure et HDR en philosophie à l’École Spéciale d’Architecture
À l’épreuve des métamorphoses des manières de coexister et cohabiter en ville avec l’animal
10 h 15 — Jean Estebanez, géographe et maître de conférences à l’UPEC
Ruses, limites et continuités au zoo : quels rapports à l’animalité ?
11 h — Ivana Adaime Makac, artiste plasticienne
Bombyx mori et stegobium paniceum : vies assistées, vies autonomes. Deux modes d’existence au sein d’une démarche artistique
11 h 45 — Cyrille Bret, historien de l’art et professeur à la HEAR
Usages animaux de l’art. Entre cadrage anthropique et appropriation animale, la lutte des places entre humains et non-humains dans l’interaction artistique
12 h 30 —
Conclusion des journées d’études

.

Jeudi 24 et vendredi 25 novembre
Palais Universitaire — Salle Fustel
9, place de l’Université à Strasbourg
Ouvert au public