Chères amies, chers amis,

Ici le lien vers la récente, passionnante et lucide interview de Jean-Richard Freymann et de Guillaume Riedlin dans le Magazine ZUT, qui porte sur notre situation en lien aux confinement et au Covid-19:

https://www.zut-magazine.com/categorie/dans-la-ville/faire-societe/covid-19-psy-psychiatrie-freymann-riedlin/

Il y est aussi question entre autres : de la pratique analytique avec les patients, de l’engagement des soignants, du discours collectif autour du Covid-19, du destin des pulsions agressives, de l’évolution des libertés publiques et du lien social…

Chères amies, chers amis,

J’aimerais ici revenir sur l’histoire de la psychanalyse (1), qui nous intéresse pour notre séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui ».

Je relaie ici un lien vers cette très belle conférence d’Elisabeth Roudinesco sur l’histoire de la psychanalyse, comme démarche spécifique.

https://webtv.univ-rouen.fr/videos/utlc-freud-ente-histoire-et-memoire-par-elisabeth-roudinesco/

(Ce après avoir relayé une autre conférence d’elle récemment:

https://dimitrilorrain.org/2020/12/19/elisabeth-roudinesco-une-communaute-qui-ne-parvient-pas-a-regarder-son-histoire-est-condamnee-a-ne-pas-renouveler-sa-conceptualite/)

Parlant de son opus sur Freud (Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Paris, Seuil, 2014), il s’agit pour elle de revenir sur son travail d’historienne, et d’insister sur la nécessité d’une histoire de la psychanalyse, étudiant les archives. Bref, la psychanalyse a besoin d’histoire, pour éviter les effets du dogmatisme et pour répondre à l’anti-freudisme.

Au regard des débats contemporains, elle cherche aussi dans son livre à prendre la mesure des contradictions et des limites du fondateur de la psychanalyse. Ainsi rappelle-t-elle que Freud a soutenu en pratique l’émancipation des femmes, mais a toujours eu une conception conservatrice de la condition féminine. Elle établit aussi qu’il n’a jamais été colonialiste, mais qu’en même temps il n’a jamais rien dit contre le colonialisme.

Il reste qu’il est difficile de rendre ici compte de la richesse de cette conférence, que je vous laisse regarder, non sans rappeler qu’elle a eu lieu en 2016 à l’Université de Rouen, à l’initiative de mon ami très cher Frédéric Forest.

Elisabeth Roudinesco, est Directrice de recherche associée (GHSS, université Paris Diderot), chargée de séminaire à l’Ecole Normale Supérieure.

Cette conférence est animée par Frédéric Forest, chercheur associé au Centre de Recherche Psychanalyse Médecine et Société (CRPMS, université Paris Diderot) et Yolande Govindama, professeur, université de Rouen.

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J’aimerais rappeler qu’en tant qu’historienne de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco est l’auteure d’une oeuvre considérable:

  • Pour une politique de la psychanalyse, Paris : La Découverte, 1977
  • Histoire de la psychanalyse en France, vol. 1, Paris : Le Seuil, 1982 (réédition Fayard 1994)
  • Histoire de la psychanalyse en France, vol. 2, Paris : Le Seuil, 1986 (réédition Fayard 1994)
  • Théroigne de Méricourt. Une femme mélancolique sous la Révolution, Paris : Le Seuil, 1989 ; Albin Michel, 2010
  • Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Paris : Fayard, 1993
  • Généalogies, Paris : Fayard, 1994
  • Pourquoi la psychanalyse ?, Paris : Fayard, 1999
  • L’analyse, l’archive, Paris : Bibliothèque Nationale de France, 2001
  • La Famille en désordre, Paris : Fayard, 2002
  • Le Patient, le thérapeute et l’État, Paris : Fayard, 2004
  • Philosophes dans la tourmente (Canguilhem, Sartre, Foucault, Althusser, Deleuze, Derrida), Paris : Fayard, 2005
  • La part obscure de nous-mêmes : une histoire des pervers, Paris : Albin Michel, 2007
  • Retour sur la question juive, Albin Michel, Paris, 2009
  • Mais pourquoi tant de haine ?, Paris, Seuil, mai 2010
  • Lacan, envers et contre tout, Paris, Seuil, septembre 2011
  • Lacan. Passé, présent. Dialogues, avec Alain Badiou Paris, Seuil, 2012
  • Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Paris, Seuil, 2014
  • Dictionnaire amoureux de la psychanalyse, Plon, 2017

NOTES :

(1): J’ai d’ailleurs comme vous pouvez le remarquer créer un onglet histoire de la psychanalyse, car je vais plus amplement traiter du sujet sur le blog.

Chères amies, chers amis,

Pour notre réflexion sur l’histoire de la psychanalyse, ici un lien vers un entretien (en anglais) datant de 1988 avec l’historien états-unien Peter Gay :

https://www.njtvonline.org/programs/the-open-mind/the-open-mind-freud-part-i/

Sur Freud, Peter Gay a écrit : « Freud, une vie » (1) et « Un juif sans Dieu. Freud, l’athéisme et la naissance de la psychanalyse » (2). Plus largement, comme historien, il a développé ses recherches sur tout un ensemble de questions (les Lumières, le monde germanique moderne, son évolution et sa culture).

Comme y insiste Elisabeth Roudinesco (3), Peter Gay a écrit une œuvre historique sur Freud qui nous permet de développer une perspective bien tempérée de l’héritage freudien et de l’histoire de la psychanalyse. Or cela nous est utile pour ne pas ériger Freud, Lacan, l’analyste en général, comme les porteurs d’un Savoir de surplomb (un Sujet-Supposé-Savoir, dirait Lacan). Plus encore, cela nous est précieux pour répondre à l’anti-freudisme – ce que Peter Gay fait largement en partant des sources historiques. Bref, nous avons besoin d’histoire en psychanalyse !

Le Freud de Peter Gay est un Freud rationaliste et psychologique, ce qui ouvre à discussion, particulièrement pour une psychanalyse élaborant l’apport de Lacan ! Il reste que son travail d’historien est important pour nous.

Dans cet entretien, entre autres, il développe une réflexion intéressante concernant l’anti-américanisme de Freud, comme quoi les états-uniens seraient « tous », dit-il, selon une certaine « mythologie », « matérialistes », « privés de culture », « obsédés par le dollar ». Pour ma part, connaissant quelque peu les Etats-Unis, je pense que la raison de cette incompréhension me semble due au fait que les états-uniens, même cultivés, insistent toujours sur l’ « ordinaire » – ce qui ouvre, concernant les sujets en subjectivation, à une manière de parler et de penser spécifique, au regard de nos standards européens (4). Or cette insistance sur l’ordinaire est quelque chose vers lequel la culture germanique et européenne du « monde d’hier », très soucieuse de haute intellectualité (ce qui a donné des œuvres culturelles majeures, dont en premier celle de Freud !), orientait peu les sujets. C’est d’ailleurs quelque chose que note Stefan Zweig dans Le Monde d’hier.

Bref, il y a là une différence culturelle, une différence de discours collectif, qui fait que Freud (il n’est pas le seul) a mécompris les Etats-Unis. Il reste que, bien sûr, l’optique souvent post-freudienne et très médicale de la psychanalyse états-uniennes me semble, au regard de l’apport de Lacan, avoir d’importantes limites.

Plus encore, cette vidéo témoigne aussi de cette bonhommie états-unienne que pour ma part j’apprécie beaucoup.

Je finirais ce billet en disant que, pour l’histoire de la psychanalyse, il existe tout un ensemble de travaux historiens nous donnant beaucoup à élaborer (ne citons qu’Elisabeth Roudinesco, Jacques Le Rider, Peter Gay donc, Eli Zaretsky, etc.). Je me base sur leurs travaux dans ma réflexion sur Stefan Zweig et Freud (5).

NOTES :

(1) : Hachette, 1991, publié en 1988 aux Etats-Unis.

(2) : PUF, 1989, publié en 1987 aux Etats-Unis.

(3) : Freud en son temps et dans le nôtre, Paris, Seuil, 2014.

(4) : Sur cette question de l’ordinaire dans la pensée et la philosophie états-unienne, je renvoie à la réflexion de Sandra Laugier, par exemple dans Faut-il écouter les intellectuels ? (2003).

(5) : https://dimitrilorrain.org/2020/12/04/avec-stefan-zweig-penser-la-vienne-de-freud-et-le-geste-de-freud-une-lecture-du-monde-dhier/

Chères amies, chers amis,

Pour notre réflexion sur Freud et sur l’histoire de la psychanalyse, ici le lien vers les films de Freud conservés par les Archives Sigmund Freud à la Bibliothèque du Congrès de Washington.

https://www.loc.gov/collections/sigmund-freud-papers/articles-and-essays/home-movies-and-other-films/

Bien des documents écrits, visuels, audios et vidéos concernant Freud et l’histoire de la psychanalyse sont accessibles sur le site des Archives Sigmund Freud.

Voir: http://www.freudarchives.org/index.html

Chères amies, chers amis,
Vous trouverez ici le lien vers la 1e séance du séminaire « Articulations philosophie-psychanalyse » (26.1.21), commun à la Faculté de philosophie de l’université de Strasbourg et à la FEDEPSY, et que j’anime avec Jacob Rogozinski.

http://bbb-prod-rp.unistra.fr/playback/presentation/2.0/playback.html?meetingId=dad5849aafd987ee941c30649a6bdf9c35a271e0-1611651337010

J’y donne une intervention sur « La folie du corps et ses destins: une perspective freudo-lacanienne ». C’est une tentative d’introduction à la psychanalyse en général, mais aussi pour les philosophes, et présentement pour les étudiants en philosophie. Je pars bien sûr de l’apport de Freud, de Lacan, et de notre Ecole psychanalytique de Strasbourg.

Nous y étions une bonne quarantaine, et le dialogue fut fort fécond.

Ici le programme du séminaire:
https://dimitrilorrain.org/seminaire-articulations-philosophie-psychanalyse-univ-strasbourg-fedepsy/

Je relaie ici l’excellente intervention, pleine de justesse, de Julie Rolling, pédopsychiatre à l’hôpital de Strasbourg (et membre de la FEDEPSY), concernant l’inceste. Julie Rolling parle ici dans « Arte Junior, Le Mag » dans une émission du 23.1.21 qui vise à informer les 10-14 ans sur l’inceste.

https://www.arte.tv/fr/videos/101871-000-A/de-l-aide-pour-les-victimes-d-inceste/

Chères amies, chers amis,

Pour nos réflexions au séminaire « Freud à son époque et aujourd’hui » (FEDEPSY), je relaie ici une intervention passionnante d’Elisabeth Roudinesco. Elle nous y parle de la nécessité d’une histoire rigoureuse de la psychanalyse, qui traverse les différents mythes liés à Freud et son œuvre, en ce qu’ils structurent la communauté psychanalytique.

Cette réflexion fait écho à son formidable travail d’historienne dans son opus Freud, en son temps et dans le nôtre (Seuil, 2014) qui nous offre une base solide pour toute réflexion sur Freud dans l’histoire.

(« Freud, histoire et mémoire », Les Grandes Conférences Liégeoises, Liège, 2016.)

On ne présente plus Elisabeth Roudinesco. Toutefois, j’aimerais rappeler qu’en tant qu’historienne de la psychanalyse, elle est l’auteure d’une oeuvre considérable:

  • Pour une politique de la psychanalyse, Paris : La Découverte, 1977
  • Histoire de la psychanalyse en France, vol. 1, Paris : Le Seuil, 1982 (réédition Fayard 1994)
  • Histoire de la psychanalyse en France, vol. 2, Paris : Le Seuil, 1986 (réédition Fayard 1994)
  • Théroigne de Méricourt. Une femme mélancolique sous la Révolution, Paris : Le Seuil, 1989 ; Albin Michel, 2010
  • Jacques Lacan. Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Paris : Fayard, 1993
  • Généalogies, Paris : Fayard, 1994
  • Pourquoi la psychanalyse ?, Paris : Fayard, 1999
  • L’analyse, l’archive, Paris : Bibliothèque Nationale de France, 2001
  • La Famille en désordre, Paris : Fayard, 2002
  • Le Patient, le thérapeute et l’État, Paris : Fayard, 2004
  • Philosophes dans la tourmente (Canguilhem, Sartre, Foucault, Althusser, Deleuze, Derrida), Paris : Fayard, 2005
  • La part obscure de nous-mêmes : une histoire des pervers, Paris : Albin Michel, 2007
  • Retour sur la question juive, Albin Michel, Paris, 2009
  • Mais pourquoi tant de haine ?, Paris, Seuil, mai 2010
  • Lacan, envers et contre tout, Paris, Seuil, septembre 2011
  • Lacan. Passé, présent. Dialogues, avec Alain Badiou Paris, Seuil, 2012
  • Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Paris, Seuil, 2014
  • Dictionnaire amoureux de la psychanalyse, Plon, 2017

 

Chères amies, chers amis,

Je relaie ici un article de Julie Rolling (pédopsychiatre, Univ. Strasbourg, FEDEPSY), très éclairant pour le grand public!

https://theconversation.com/des-attentats-a-la-covid-19-comment-parler-aux-enfants-des-actualites-traumatisantes-149188

Chères amies, chers amis,

Lorsque je parle de la question de la science, j’évoque souvent la passionnante réflexion du physicien et philosophe Etienne Klein, dans la vidéo suivante. Il y parle de la création scientifique, de la manière dont, se fondant sur le désir, elle peut produire une vérité qui sera empiriquement constatée… des décennies plus tard !

Il en va là, dit-il élaborant Lacan, d’une décision du « désir » (1) – bref, d’un acte de désir où le sujet s’autorise de lui-même, se dégageant du discours scientifique collectif de son époque pour créer un discours singularisé. Ici la vérité, surgissant de la confrontation dans le non-savoir, à un réel énigmatique (2), déjoue le savoir, pour produire un nouveau savoir… qui à son tour, sera déjoué… Il en va ici d’une création discursive, scientifique, singulière.

Voir la vidéo:

(Entretien réalisé par Marc Strauss et Cathy Barnier, à propos des Paradoxes du désir, journées de l’IF-EPFCL).

Cette création scientifique singulière est différente de la découverte scientifique de forme plus récente, elle aussi étonnante, permise par les algorithmes (3).

Plus encore, dans sa réflexion plus générale, Etienne Klein nous rappelle le fait que le philosophe Koyré explique que le pari de la physique moderne consiste à vouloir « expliquer le réel par l’impossible » (4). Et nous connaissons l’importance de la réflexion de Koyré sur la science pour Lacan, qui d’ailleurs fait de la psychanalyse une forme de science particulière (5).

Bref, voici une contribution fondamentale à notre interrogation (psychanalytique et plus générale) sur la science et sur les Lumières, sur le technoscientisme (6) et sur le discours collectif de l’ « innovation » – qu’Etienne Klein critique de manière éclairante.

En somme, la psychanalyse, science du singulier héritière des Lumières (7), a bien des choses à nous dire sur la science, aussi !

Concernant Etienne Klein – pour ceux qui ne le connaissent pas, car enfin c’est un contemporain capital ! -, notons la sortie récente de deux contributions fondamentales sur la situation actuelle de la science, aussi au regard du Covid-19: Je ne suis pas médecin, mais je…, Gallimard, coll. «  Tracts de crise » n°25, mars 2020 ; Le Goût du vrai, Gallimard, coll. «  Tracts », n°17, juillet 2020.

Notons aussi sa belle réflexion sur les Lumières (8), sur la nécessité de construire un futur dans notre société absorbée par le présentisme. Sur cette question fondamentale, voir par exemple:

« A quelle distance sommes-nous des Lumières ? »

Forum France Culture, L’année vue par les sciences, à la Sorbonne le 14 février 2015. Leçon de clôture par Étienne Klein : « A quelle distance sommes-nous des Lumières ? »

Voir aussi son blog:

http://etienneklein.fr/

NOTES:

(1): Concernant cette expression de « décision du désir », évoquons ici la réflexion de S. Lippi dans l’ouvrage du même nom.

(2): Ce réel ou cette réalité énigmatique n’est pas le Réel de la psychanalyse, tel que l’a caractérisé Lacan. Mais enfin Etienne Klein nous dit bien ici quelque chose du désir, et de la créativité scientifique singulière comme désirante, différente du discours collectif scientifique, qui est utile mais à trouer par de nouvelles créations. Sur ce geste historique de création scientifique, je renvoie au grand classique d’Ernst Cassirer, Le Problème de la connaissance dans la philosophie et la science des Temps modernes t. 1 et t. 2.

(3): Sur celle-ci, je renvoie à mon billet « La biologie bouleversée avec la résolution du problème du repliement des protéines par Alpha Fold ? »: https://dimitrilorrain.org/2020/12/11/la-biologie-bouleversee-avec-la-resolution-du-probleme-du-repliement-des-proteines-par-alpha-fold/

(4): Etienne Klein, « Discours sur l’origine de l’univers », 2016, p. 137. Koyré en parle dans son « Etudes d’histoire de la pensée scientifique », 1966, p.166.

(5): Par ex. dans J. Lacan, « Le Séminaire, livre XX., Encore, 1972-1973 », Leçon du 8.5.73.

(6): Sur le technoscientisme, voir J.-R. Freymann, « L’inconscient pour quoi faire? ». Arcanes-érès, 2018.

(7): Sur la psychanalyse et les Lumières, voir E. Roudinesco, « Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre »; A. Didier-Weill, « Un mystère plus loin que l’inconscient ».

Chers amis,

Je relaie ici une excellente vidéo, toute en nuance, de Science Etonnante sur une découverte importante qui va sans doute bouleverser la biologie et avoir à terme d’énormes conséquences en termes de médicaments, de traitements, etc. Cette découverte a été faite par l’algorithme (‘ »Intelligence Artificielle ») de Deep Learning intitulé Alpha Fold, de « Deep Mind », entreprise appartenant à Google.

D’un côté, voilà un pas de plus qui nous fait rentrer encore un peu plus dans un nouveau monde, où les algorithmes, et les entreprises géantes de l’Internet qui les utilisent, modifient la forme même de la science et de ses applications.

De l’autre, voilà aussi sans doute une découverte scientifique majeure. En même temps, la découverte par l’algorithme demande maintenant des recherches scientifiques de forme plus traditionnelle à partir de ce à quoi il ouvre (aussi en termes de nouveaux médicaments). Sur ce point, je vous renvoie à la vidéo relayée. Scientifiquement, l’algorithme ouvre à de nouvelles choses, mais il n’est pas tout puissant – contrairement à ce qu’avance souvent un certain discours courant, relevant de la foi en un Savoir Absolu, sur la dite « Intelligence Artificielle » (écrite avec majuscules!).

Bref, tout ceci est complexe et ambivalent, comme toujours avec l’humain.

Une remarque: on parle souvent d’ « Intelligence Artificielle », afin d’insister sur le fait que cette utilisation des algorithmes imiterait le cerveau humain. Mais il y a débat pour savoir si l’emploi du terme « intelligence » est ici pertinent. Pour parler d’intelligence en un sens humain, à mon sens, il faut qu’il y ait du langage humain. Or la recherche algorithmique ne se base pas sur du langage humain. Bref, l’être humain est avant tout un être de langage, un être de parole, un « parlêtre », comme le dit Lacan.

Mais la nouvelle science avance à sa manière. Et ce débat sur la pertinence du terme « Intelligence Artificielle » n’enlève rien au caractère radicalement nouveau de ce que la technologie algorithmique et la science utilisant les algorithmiques impliquent.

Plus encore, la technologie algorithmique n’est pas sans implications économiques et politiques, sociales et culturelles, mais aussi subjectives, psychiques et discursives. Sur ce point voir, en premier lieu, mais pas que, les réflexions de Bernard Stiegler (1) et d’Ars Industrialis, qu’a fondée ce dernier (2).

Voir aussi sur cette découverte:

– sur l’excellent « Journal de la Science » de France culture:

https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-sciences/le-journal-des-sciences-du-mardi-01-decembre-2020

-sur Nature:

https://www.nature.com/articles/d41586-020-03348-4

NOTES:

(1) De Bernard Stiegler, voir par ex. son livre « Dans la disruption ».

(2): Voir par ex. : http://arsindustrialis.org/vocabulaire-algorithme-programme