Chères amies, chers amis,

Je vous transmets ici un lien vers le passionnant dialogue entre Lionel Le Corre et Jorge Reitter à propos du très bel ouvrage « L’homosexualité de Freud » (PUF, 2017) de Lionel Le Corre, dans lequel il nous éclaire largement sur un ressort fondamental de l’oeuvre et de la pratique de Freud.

(Cet échange a eu lieu le 25 novembre 2021, modération : Georgina Flores Chaires, congrès international en ligne: « Género, feminismos y sexualidades disidentes. Encrucijadas y vías », Universidad Autónoma de Zacatecas « Francisco García Salinas »).

L’intervention de Lionel Le Corre est en français, les échanges sont en espagnol.

Présentation du livre par l’éditeur :

« L’homosexualité de Freud » soutient que l’amitié de Freud avec Fliess, dont les effets de transfert orientent le désir inconscient de Freud et ses symptômes, joue un rôle crucial pour la découverte de la psychanalyse. Ainsi, Freud problématise l’homosexualité masculine à partir de son rejet social pour en produire une définition sophistiquée et élargie participant à (et de) l’autonomie du champ : plus il approfondit sa compréhension du fait homosexuel et en étend la surface définitionnelle, plus le terme « homosexualité » condense de significations englobant choix d’objet et narcissisme, entrée dans la paranoïa, lien social et transfert dans la cure. 1910 est le moment homosexuel de Freud où, du cas Léonard au cas Schreber, il livre des résultats cruciaux sur les ressorts inconscients du désir homosexuel dont les effets contribuent au renouvellement de la métapsychologie par l’introduction du narcissisme.

https://www.puf.com/lhomosexualite-de-freud

Lionel Le Corre est psychanalyste, membre du Cercle international d’anthropologie psychanalytique, chercheur associé au CRMPS.

Jorge Reitter est psychanalyste à Buenos Aires. Il a publié un ouvrage très novateur, Heternormativity and psychoanalysis (Routledge, 2023), version anglaise de Edipo gay. Sur le blog, voir : https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/

Programme du 7ecolloque des jeunes chercheurs/chercheuses sur la privation de liberté

Jeudi 14 mars

14h00 : Ouverture du colloque par le Comité d’organisation

14h20 : Allocution d’ouverture, Madame Claire Hédon, Défenseure des droits

Section 1 : Populations et inégalités en détention
Présidence: Lucie Bony et Camille Lancelevée

a. Diversité et inégalités

14h50 : Les inégalités sociales en prison : parcours, ressources et expériences de personnes entrantes en maison d’arrêt, Clément BEUNAS, Université de Lille (CLERSÉ, UMR 8019)

15h10 : Unité et pluralité des populations privées de la liberté en droits français et colombien, Clara MAFFRE, Université Paris-Nanterre (CDCP) et Université Externado de Colombia (CIPC)

15h30 : Discussion

b. Incarcération et pauvreté

15h40 : Des Sarkis aux badauds : dévoiler les inégalités entre détenus dans les prisons du Niger, Carole BERRIH, Université Grenoble Alpes (CERDAP)

16h00 : Criminalisation de la pauvreté : qui sont les prisonniers kenyans ?, Chloé OULD AKLOUCHE, Université de Bordeaux, (Les Afriques dans le Monde – UMR 5115)

16h20 : Discussion et pause

Section 2 : La carcéralité face aux questions de genre
Présidence : Mathilde Darley et Anne Simon

a. L’incarcération des femmes

16h50 : Profil des femmes incarcérées en Belgique francophone : quitter l’invisibilité pour découvrir les vulnérabilités, Valentine DOFFINY, ULiège (Département de criminologie)

17h10 : La présence de l’enfant auprès de sa mère détenue, Florian WATIER, membre de la Chaire de recherche « Enfance et famille » (C3RD), Faculté de droit de l’Université catholique de Lille

17h30 : Discussion

b. Les personnes transgenres en détention

17h40 : Carcéralité européenne et transidentité : une analyse des politiques carcérales de la prise en charge des personnes trans en Europe francophone, Aurore VANLIEFDE, KU Leuven (LINC) et Quentin MARKARIAN, UNIGE (Département de droit public) et ULB (CRDP)

18h00 : Les personnes transgenres en détention : « un quotidien marqué par l’invisibilisation », Gillian MOUCHEL, ENAP

18h20 : Discussion suivie d’un cocktail d’ouverture

Vendredi 15 mars

8h45 : Accueil des participants

9h00 : Les populations de la privation de liberté : servitude et grandeur de l’analyse démographique, Pierre Victor TOURNIER, docteur en démographie, hdr, Université Paris 1 et directeur de recherche au CNRS (INSHS, Fondateur du Colloque Jeunes Chercheurs sur la privation de liberté)

Section 3 : Populations vulnérables et invisibilisées
Présidence : Xavier Rousseaux et Jean-Manuel Larralde

9h20 : La garantie d’une communication libre pour des personnes privées de liberté ? Le recours aux interprètes en zone d’attente, Maxime MARECHAL, Université Paris Cité (CLILLAC-ARP)

9h40 : La population de Guantanamo : un enjeu au cœur des luttes de (dé)légitimation de l’institution carcérale, Malika DANOY, Université Paris 8 (LabToP/CRESPPA)

10h00 : Réprimer des insurgés ou éloigner des indésirables ? Les motivations de la répression légale des journées de Juin 1848 en questions, Gaëtan NORY, Université Paris Panthéon-Assas, Institut d’histoire du droit Jean Gaudemet (UMR 7184)

10h20 : Discussion et pause

Section 4 : Pluralité des régimes carcéraux
Pascal Décarpes et Olivia Nederlandt

10h50 : La détention provisoire saisie par le droit européen, Louise MAILLET, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IREDIES)

11h10 : Le régime carcéral spécial italien pour les détenus mafieux et terroristes à l’épreuve des droits fondamentaux, Eleonora CERVELLERA, Université Paris Nanterre (CDPC)

11h30 : Des prisons bruxelloises à la maxi-prison : entre nouveaux discours carcéraux et cultures professionnelles ancrées, la négociation des pratiques pénitentiaires, Delphine POUPPEZ, UCLouvain (LAAP)

11h50 : Discussion

12h30 Déjeuner libre

Section 5 : La prison…et en sortir
Présidence : Françis Habouzit et Franck Ollivon

a.    Les populations face à l’aménagement des peines

14h30 : Aménager la peine : les enjeux de l’articulation des interventions du CPIP, de l’avocat et du JAP et de leurs relations aux personnes détenues, Enora POLLET, Université Rennes-2 (ESO-Rennes)

14h50 : Privation de liberté au Brésil : le Service APEC comme alternative au traitement des actions criminelles au Brésil, Mariana MORAIS ZAMBOM et Priscila COELHO, Fundação Getulio Vargas (École de droit de Sao Paulo)

15h10 Discussion

b. Les personnes suivies en milieu ouvert

15h30 : Privation de liberté et suivi socio-judiciaire. Quels effets sur les trajectoires des personnes placées sous main de justice en milieu ouvert ?, Lisa COLOMBIER, Université de Strasbourg (CDPF)

15h50 : La fabrique des populations placées à l’extérieur : orientation et sélection des personnes en aménagement de peine sous écrou, Sophie CLAIR-CALIOT, Université Lyon-2 (EVS-IRG)

16h10 Discussion

16h30 : Conclusions, Sergio GROSSI, Chercheur en sciences sociales, Chaire Marie Curie, Chercheur associé à l’ISJPS

17h00 : Clôture du colloque


Disciplines d’inscription des interventions : droit, criminologie et sciences criminelles, sciences politiques, sociologie, anthropologie, histoire et histoire du droit, géographie.

Comité scientifique :

  • Lucie Bony (Géographe, Chargée de recherche au CNRS)
  • Mathilde Darley (Sociologue, chargée de recherche au CNRS)
  • Pascal Décarpes (Expert en criminologie, formateur, chercheur et consultant international, Conseiller scientifique auprès de l’Agence nationale de prévention de la torture, Allemagne)
  • Isabelle Fouchard (Juriste, chargée de recherche au CNRS et contrôleur des lieux de privation de liberté)
  • Francis Habouzit (Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Éric Kania (Docteur en médecine, psychiatre, SMPR des Baumettes à Marseille)
  • Augustin Laborde (Contrôleur auprès du CGLPL, juge-assesseur à la Cour nationale du droit d’asile)
  • Camille Lancelevée (Maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Strasbourg)
  • Jean-Manuel Larralde (Professeur de droit public à l’Université de Caen-Normandie)
  • Benjamin Lévy (Psychologue, chargé d’enseignement à l’Ecole des psychologues praticiens de Paris)
  • Franck Ollivon (Géographe, directeur des études au département Géographie et territoires de l’École normale supérieure)
  • Xavier Rousseaux (Historien, Professeur à l’Université catholique de Louvain, directeur de recherche au FNRS)
  • David Scheer (Criminologue, chercheur à l’Institut national de criminalistique et de criminologie)
  • Anne Simon (Professeure en droit privé et sciences criminelles à l’Université d’Artois)

Informations pratiques

  • Sur place : COMPLET

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, centre Lourcine

1 rue de la Glacière, 75013 Paris

Bât. 1 Suzanne Bastid, 2e étage, salle 13

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Du : Jeudi 14 mars 2024 14:00

Au : Vendredi 15 mars 2024 17:00 

Lieu : En ligne et Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, centre Lourcine, 1 rue de la Glacière, 75013 Paris, Bât. 1 Suzanne Bastid, 2e étage, salle 13

Cher.e.s ami.e.s,

Au regard de ce qui arrive dans le tragique de notre situation contemporaine, je vous mets ici le lien vers la fondamentale réflexion de Stéphane Habib sur l’antisémitisme. Sa pensée, en effet, est d’une très éclairante justesse, dans sa capacité à articuler psychanalyse, philosophie et politique.

Cette conférence, intitulée « Pas plus nouveau qu’ancien : l’antisémitisme, affaire politique », a eu lieu le lundi 6 août 2018, dans le cadre du banquet d’été « Dans la confusion des temps » qui s’est déroulé à Lagrasse du 4 au 10 août 2018.

La réflexion de Stéphane Habib a été publiée dans un très bel ouvrage Il y a l’antisémitisme (Les Liens qui Libèrent) et 2020.

Dans cette conférence puis dans ce livre subtilement écrit, Stéphane Habib part du fait que « toute forme de rejet de la complexité doit nous mettre en alerte, politiquement – entre autres » (p. 32). Il y établit que l’antisémitisme est une « langue », et que « par la langue de l’antisémitisme, on peut même être parlé » (p. 43). Il y éclaire aussi le fait que l’antisémitisme, c’est fondamentalement « la mise à mort de corps dits juifs » (p. 66) : c’est vouloir la mort des juifs, auxquels il – l’antisémitisme – « reproche tout et son contraire » (p. 20 (1)).

Face à l’antisémitisme, il s’agit de déployer « l’exigence de faire face à ce qui advient » (p. 48 (2)), de ne pas dénier ce qui a lieu, et de « manifester donc, que quelque chose se passe » (p. 49). Il en va là d’une inquiétude, d’une « intranquillité », d’une « détresse », et même d’une « compulsion » (politique, et c’est là où le politique rejoint la psychanalyse (3)) « à parler de cela qui existe. Ce qui se passe. Ce qui arrive » (p. 46).

Bref, il en va de l’exigence de partir du fait que, tel que l’a énoncé Jean-Luc Nancy dans son très important Exclu le juif en nous, « inlassablement, l’antisémitisme se répète » (4)).

Cette nécessité de faire face à la répétition interminable de l’antisémitisme, Stéphane Habib l’élabore psychanalytiquement comme une nécessité de parler interminablement du réel au sens de Lacan : du réel comme impossible, « en tant que revenant toujours à la même place » (p. 59). En ce sens, Stéphane Habib élabore aussi la pensée de l’« il y a » de Levinas, en éclairant l’antisémitisme comme un « il y a », comme un « exister qui retourne quelle que soit la négation par laquelle on l’écarte » (p. 80).

Ainsi, une telle exigence politique, psychanalytique et philosophique, mais aussi historique (5), « vise (…) à se défendre contre l’indifférence, le silence, l’aveuglement, la mutité, la surdité (…) face à tout ce qui se passe bien pourtant. » (p. 47). Elle vise à lutter interminablement contre le « je sais bien… mais quand même », qui se déploie souvent dans la parole subjective et collective, et relève d’un « déni antisémite de l’antisémitisme » (p. 80).

Il s’agit donc, nous y appelle Stéphane Habib, d’« être irréconciliable », de « faire pas sans l’antisémitisme » (p. 61). Pour cela, l’auteur part du fait que la psychanalyse définit le sujet comme un « corps parlant », et il définit l’enjeu du politique comme relevant de la « survie des corps parlants » (p. 59 (6)). Cette survie des corps parlants étant justement à opposer à l’antisémitisme en ce que celui-ci veut tuer les corps parlants juifs (élément personnel de réflexion : parce que les juifs, dans l’histoire de l’Occident, symbolisent la possibilité de la parole ?).

Et j’aimerais finir cette présentation en insistant sur différents points :

1. Sur la manière fort féconde dont Stéphane Habib déconstruit le discours idéologique prônant l’existence d’un « nouvel antisémitisme ». Il nous éclaire ainsi sur la manière dont ce discours idéologique nie la pérennité de l’antisémitisme dans l’histoire, et conserve, en prétendant le dépasser, celui-ci (7).

2. Sur la lucidité de sa pensée – publiée en 2020 donc – concernant ce qui arrive en Israël, et concernant certaines « alliances » d’extrêmes-droite  « contre l’islam », et donc contre, psychanalytiquement  parlant, « les corps parlants musulmans » (p. 31).

3. Sur l’exigence de complexité ici déployée, lorsqu’il est question de survie des corps parlants en général, dont les corps parlants juifs et musulmans – voilà qui résonne, je crois, dans notre situation contemporaine.

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Voici la présentation du livre sur le site de l’éditeur :

Écrire « Il y a…l’antisémitisme », c’est immédiatement faire entendre que ce livre n’est pas une explication de plus, une description de plus ou encore l’écriture d’une histoire de la haine des juifs. C’est un rapport de forces. « Il y a » indique que ce livre n’est pas une démonstration d’existence de l’antisémitisme. « Il y a », pour ce qui arrive et se répète. « Il y a » pour la persistance. « Il y a » pour la rémanence. Et précisément, il y a une structure de l’antisémitisme que décrit pertinemment Stéphane Habib dans cet ouvrage important.

http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Il_y_a_l_antis%C3%A9mitisme-9791020908261-1-1-0-1.html

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Stéphane Habib est psychanalyste, philosophe et écrivain. Il anime un séminaire de philosophie et psychanalyse à l’Institut des Hautes Etudes en psychanalyse (8) dont il est également le directeur. Il est membre de l’Institut Hospitalier de Psychanalyse de Sainte-Anne, à Paris, ainsi que du comité de rédaction de Tenou’a. Et éditeur aux éditions Les Liens qui Libèrent.

Ici un très bel échange avec Audrey Louis autour de sa conception de la psychanalyse:

https://lesenfantsdelapsychanalyse.com/trans-lautre-nom-de-la-psychanalyse-entretien-avec-stephane-habib/

Il a écrit plusieurs ouvrages :

La responsabilité chez Sartre et Levinas, L’Harmattan, 1998.

Levinas et Rosenzweig, philosophies de la Révélation, PUF, 2005.

La langue de l’amour, Hermann, 2016.

– Faire avec l’impossible : pour une relance du politique, Hermann, 2017 ; rééd. Pocket 2020.

Livre qui a obtenu le prix Œdipe le Salon 2018.

Concernant le Banquet du Livre de Lagrasse, voir : https://www.abbayedelagrasse.fr/

NOTES

(1) : Sur ce point, Stéphane Habib élabore sur Delphine Horvilleur, Réflexions sur la question antisémite, Grasset, 2018, p. 20

(2) : C’est là une citation de Claude Lefort.

(3) : Pour sa réflexion sur le politique, on lira Faire avec l’impossible : pour une relance du politique, Hermann, 2017.

Voir la présentation de ce livre par Delphine Horvilleur pour le prix Œdipe Le Salon 2018 :

(4) : Jean-Luc Nancy dans Exclu le juif en nous (Galilée, 2018), p. 9. Stéphane Habib cite cette réflexion.

(5) : Et ce en écho avec les réflexions de Patrick Boucheron dans Prendre dates (2015, écrit avec Mathieu Riboulet, chez Verdier).

(6) : Voir son Faire avec l’impossible, op. cit. Sur ce point, Stéphane Habib élabore J.-C. Milner, Pour une politique des corps parlants – Court traité politique 2, Verdier, 2011.

(7) : Il s’appuie ici sur la déconstruction par Derrida de la dialectique hégélienne.

(8): http://psychanalyse.ihep.fr/

« Un spectre hante l’université française : le spectre de la déconstruction. Crée par Jacques Derrida à la fin des années 1960, il est devenu, dans l’esprit des réactionnaires de tout poil, le mot-valise désignant tout ce qu’ils haïssent dans la pensée, lorsque celle-ci cherche à émanciper davantage qu’à ordonner. Dégénérescence de la culture, mépris pour les grandes oeuvres, délire interprétatif, amphigouri linguistique, danger politique, confusion sexuelle, licence morale : à en croire les ennemis de la déconstruction, tout ce qui va mal dans le monde lui est imputable.
Mais que signifie cette peur ? Que signifie la fixation frénétique d’une frange d’intellectuels pour tout ce qui peut ressembler à une pensée différente, libre, inventive et fondamentalement démocratique ? Que cela signifie-t-il, si ce n’est la volonté de policer la pensée et ses institutions, pour pouvoir mieux, ensuite, policer les corps ? Telle est, en tout cas, l’interrogation qui a présidé au colloque « Qui a peur de la déconstruction » , qui s’est tenu à la Sorbonne en janvier 2023.
Il a fait scandale chez les tenants de la police. En voici les actes. »

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Cet ouvrage a été dirigé par Isabelle Alfandary, Anne Emmanuelle Berger et Jacob Rogozinski. Isabelle Alfandary est professeure de littérature américaine à l’université Sorbonne-Nouvelle. Son dernier livre : Science et fiction chez Freud. Quelle épistémologie pour la psychanalyse ? (Les Editions d’Ithaque, 2021). Anne Emmanuelle Berger est professeure émérite de littérature française et d’études de genre à l’université Paris 8 et professeure invitée à Northwestern et Buffalo (USA).
Son dernier livre, Le Grand Théâtre du Genre (Belin, 2013), a été traduit en plusieurs langues.
Jacob Rogozinski est professeur émérite à la Faculté de philosophie de Strasbourg. Auteur de plusieurs livres sur Artaud, Derrida, la chasse aux sorcières, il a publié en 2022 « Moïse l’insurgé » aux Editions du Cerf.

Ont contribué à cet ouvrage Etienne Balibar, Aurélien Barrau, Seloua Luste Boulbina, Fabrice Bourlez, Danielle Cohen-Levinas, Marc Crépon, Monique David-Ménard, Marc Goldschmidt, Marta Hernandez Alonso, Denis Kambouchner, Ginette Michaud, Avital Ronell, Marta Segarra, Samuel Weber, Raphaël Zagury-Orly.

Ici mon billet relayant le colloques et certains enregistrements:

https://dimitrilorrain.org/2022/12/19/colloque-qui-a-peur-de-la-deconstruction-19-21-01-2023-paris-ecole-normale-superieure-sorbonne/

« A partir de son expérience de psychanalyste, Jean-Marie Jadin interroge les rapports de la pratique et de la théorie psychanalytiques avec les questions qui animent les philosophes depuis toujours, mais aussi avec celles inhérentes à d’autres domaines comme la linguistique, la physique, les mathématiques, la littérature, la poésie et le théâtre.

Il est d’usage d’opposer la philosophie et la psychanalyse. L’ambition de ce livre est de montrer que cette apparente incompatibilité semble relier les deux disciplines au niveau même de leur incomplétude, comme si chacune était très précisément en manque de l’autre.

À partir de son expérience clinique, Jean-Marie Jadin montre que la pratique analytique développe des idées particulières concernant les questions traditionnelles que se posent les philosophes. Et en retour, il éclaire certaines données de la théorie psychanalytique en déplaçant le centre de gravité vers la manière qu’a la philosophie de les traiter.

Avec cette vision double, un certain relief sera donné aux thèmes classiques de la philosophie que sont la parole, le temps, la conscience, ou aux moins classiques, comme l’analogie, la perte, la triade de l’imaginaire, du symbolique et du réel, et enfin l’inadaptation de l’homme au monde. Jean-Marie Jadin philosophe en psychanalyste sur les processus qui créent l’inconscient : la condensation et le déplacement. Toutes ces questions formulées dans un langage accessible sont illustrées par de nombreux exemples cliniques. »

Postface de Bernard Baas, Hervé Gisie, Marcel Ritter.

Jean-Marie Jadin est psychiatre et psychanalyste à Mulhouse depuis bientôt cinquante ans. Ancien interne et chef de clinique du chu de Strasbourg, il est aussi l’auteur de plusieurs livres et de très nombreux articles consacrés à la pratique et la théorie psychanalytique.

https://www.editions-eres.com/ouvrage/5120/la-peripherie-philosophique-de-la-psychanalyse

Chères amies, chers amis,

Vous trouverez ici le lien vers la très belle conférence de Jean-Pierre Marcos (psychanalyste, philosophe, Univ. Paris 8) intitulée « Longtemps j’ai joué à me séparer », le 10 juin 2023 à la SPF. Rencontre organisée par  Isabelle Alfandary, Daniel Koren et Monique David-Ménard (1).

En tressant subtilement clinique, théorie, lectures de Freud, Lacan et Winnicott, mais aussi littérature (Proust, Duras, Juan Gelman. Pasolini, Barthes..), Jean-Pierre Marcos élabore sur la séparation, cette question cruciale. Pour le dire dans mes termes, il nous y parle du travail de séparation en lien à la question du départ, et comme métaphorisation d’une disparition de soi, ou d’une perte d’un morceau de soi.

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Jean-Pierre Marcos est psychanalyste, philosophe, Maître de conférence (en philosophie) à l’Université Paris 8.

Il a publié tout un ensemble de textes, entre clinique, théorie et philosophie, tous écrits dans une langue d’une grande finesse, car nourris de littérature et d’art.

Parmi l’ensemble de ses publications, je citerai ici:

  • ouvrage collectif dirigé par lui: La lettre et le lieu. Présence du modèle et action de la structure en psychanalyse(Freud et Lacan), éd. Kimé, coll. Collège International de Philosophie, Paris, 2005

Pour plus de détails: https://philosophie.univ-paris8.fr/Jean-Pierre-MARCOS

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NOTES:

(1): https://www.spf.asso.fr/conferences/

Chères amies, chers amis,

Vous trouverez ici l’enregistrement de la passionnante intervention de David Espinet intitulée « Kunstwerk der Wahrheit. L’esthétique de l’être chez Heidegger », au CREPHAC (Centre de Recherches en philosophie allemande et contemporaine)(1), le 14 juin 2023.

Il y présente la pensée de l’art et l’esthétique de l’être de Heidegger dans son texte de 1935/36 intitulé L’Origine de l’œuvre d’art.  Suite à une introduction d’Edouard Mehl (philosophe, Univ. Strasbourg).

Concernant la pensée de Heidegger en général, c’est ici pour David Espinet l’occasion de mettre en perspective la profonde complexité de celle-ci. D’un côté, en effet, il s’agit de caractériser la pensée de Heidegger comme relevant du déploiement d’un « mythe nazi » au sens de Lacoue-Labarthe et Nancy (2). De l’autre, il s’agit de repérer ce qui dans la pensée de Heidegger a ouvert des chemins nouveaux, donnant à élaborer, et que nombre des penseurs importants (ne citons en France que Lacan, Foucault, Levinas, Derrida, Nancy…) ont mis au travail de manière féconde.

Ainsi, dans le cas de L’Origine de l’œuvre d’art, d’un côté, David Espinet met en effet en lumière comment ce texte déploie une « description » phénoménologique de la puissance de vérité de l’œuvre d’art. De l’autre, il montre comment Heidegger, dans ce texte, « instrumentalise » cette phénoménologie dans une « proclamation » déployant une politique et une mythologie (de la « transcendance » de la « Terre ») spécifiquement nazies.

Pour le dire dans mes termes, David Espinet essaie ici d’éclairer, après d’autres philosophes, et de manière particulièrement convaincante, le double scandale de la pensée de Heidegger : le premier scandale, absolu, de son nazisme fondamental ; mais aussi le second scandale, terriblement inquiétant, du fait qu’une telle pensée peut aussi (et il s’agit ici il me semble de bien peser l’Horreur de ce aussi, en premier lieu au regard de la Shoah (3))… du fait donc qu’une telle pensée peut aussi a pu aussi présenter des ressources – phénoménologiques – pour penser après lui. A mon sens, c’est à l’acceptation douloureuse de ce double scandale que nous invite la réflexion très subtile de David Espinet.

Ce pour nous permettre d’avoir à l’esprit différentes choses : 

– la phénoménologie comme tradition philosophique constitue un apport fondamental – dans le champ de la philosophie mais aussi plus généralement (aussi en psychanalyse avec Lacan) ;

– Heidegger, a participé de cet apport de manière particulièrement ouvrante ;

– oui, dire cela, c’est aussi, à tout instant, lorsque je lis Heidegger, devoir avoir à l’esprit l’Horreur qu’éveille en moi la dimension nazie de cette pensée, mais aussi ce que j’appellerais l’ambiguïté instrumentalisante de celle-ci.

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David Espinet est Professeur d’histoire de la philosophie allemande moderne et contemporaine et directeur adjoint du CREPHAC.

Parmi ses publications :

– « Heidegger lecteur de Kant. Points de vue privés et publics à partir de 1930 », in : Archives de Philosophie 81/2 (2018).

– « Politiques du bonheur. Kant, Derrida et Blumenberg », in : Archives de Philosophie 79 (2016), p. 759-774.

– « Justice, amitié, bonheur. Derrida et l’éthique kantienne », in : Les Cahiers philosophiques de Strasbourg 39/1 (2016), p. 25-41.

– Ereigniskritik. Zu einer Grundfigur der Moderne bei Kant (Sonderbände Deutsche Zeitschrift für Philosophie vol. 39), Berlin / Boston, De Gruyter 2017

 Phänomenologie des Hörens. Eine Untersuchung im Ausgang von Martin Heidegger, Tübingen, Mohr Siebeck, 2009, 2e édi. 2016

Pour plus de détails, voir :

https://philo.unistra.fr/personnes/enseignants-chercheurs/david-espinet/

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NOTES

(1) : https://philo.unistra.fr/recherche/crephac-ur-2326/

(2) : Ph. Lacoue-Labarthe et J.-L. Nancy, Le mythe nazi, L’Aube, 1991

(3) : Voir le texte de David Espinet : « Quand ne pas dire c’est faire. L’écoute heideggérienne et l’o(n)to-polémologie du silence », in Sophie-Jan Arrien / Christian Sommer (dir.), Heidegger aujourd’hui. Actualité et postérité de la pensée de l’Ereignis, Paris, Hermann 2021, p. 125-153

Chères amies, chers amis,

Ici le lien vers la très belle interview d’Emmanuel Salanskis sur RCJ le 23.10.2015 concernant son livre Nietzsche (Paris, Les Belles Lettres, coll. « Figures du savoir », 2015).

Dans cet ouvrage, il propose une mise en perspective novatrice de l’œuvre du philosophe allemand, dans sa grande créativité, ses apports si fondamentaux, mais aussi sa complexité, ses angles morts, ainsi que la dimension inquiétante (eugéniste) de sa pensée. Pour cela, la lecture très subtile et accessible d’Emmanuel Salanskis situe Nietzsche dans son contexte (entre autres en traitant de la relation entre sa pensée et celle de Freud). Elle nous donne aussi une analyse très éclairante des réinterprétations du philosophe allemand par Heidegger, Deleuze, Foucault, Derrida, de la relation de Nietzsche au judaïsme, ou encore de sa reprise falsifiante par le nazisme.  

Ici une citation de cette interview : « Nietzsche n’est pas paralysé par cette vieille exigence de Platon qui était de ne pas se contredire. (…) (Il) veut toujours considérer ses idées comme des hypothèses. Nietzsche est un philosophe expérimental. Il revendique des expériences de pensée et, du coup, il se sent très libre d’abandonner une idée quand il a constaté qu’elle n’est plus opérante, ou qu’il a développé une interprétation qu’il trouve meilleur. »

Quatrième de couverture : « Friedrich Wilhelm Nietzsche (1844-1900), philosophe allemand, est connu pour avoir proclamé « la mort de Dieu », théorisé « la volonté de puissance » et enseigné « l’éternel retour de l’identique ».
Ces formules célèbres ont souvent masqué la nature de l’entreprise que Nietzsche s’est assignée.
Récusant toute vérité définitive, sa philosophie est une constante expérimentation qui multiplie les perspectives. Elle s’organise pourtant à partir d’une unique problématique culturelle qui remet en question le partage entre théorie et pratique : il s’agit, en mettant à profit la connaissance de l’histoire et des sciences de la nature, d’« élever » l’homme, tant au sens d’un élevage zoologique que d’une élévation de valeur, pour en faire un être plus épanoui et plus puissant qu’il ne l’a été jusqu’à présent sous l’emprise des valeurs judéo-chrétiennes. Nietzsche propose ainsi une véritable « transvaluation de toutes les valeurs », qui se veut tout autre chose qu’un retour à la barbarie des origines.
Après l’analyse des tensions et des ruptures à la faveur desquelles Nietzsche devient Nietzsche, cet essai présente les concepts qui structurent son projet biologico-culturel. L’étude de quelques postérités décisives peut alors montrer, pour finir, le caractère à la fois fécond et dangereux de la réflexion nietzschéenne. Celle-ci reste présente dans la pensée philosophique contemporaine, en particulier chez les auteurs qui revendiquent une démarche « généalogique ». »

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Emmanuel Salanskis a approfondi sa réflexion sur Nietzsche dansPourquoi une Généalogie de la morale ?Le projet de Nietzsche, ses sources et son horizon, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2023.

Quatrième de couverture : « Ce livre vise à redécouvrir le projet de recherche collectif, interdisciplinaire et fondamentalement ouvert que Nietzsche a présenté dans la Généalogie de la morale en 1887. Paradoxalement, la généalogie nietzschéenne a en effet été méconnue par les premiers interprètes qui en ont fait un philosophème à part entière : en particulier par Gilles Deleuze, dont le Nietzsche et la philosophie, paru en 1962, a présenté à tort la généalogie de la morale comme un concept propre à Nietzsche. Ce n’est pas ce que nous dit Nietzsche et il est essentiel de l’entendre. Car non seulement Nietzsche se reconnaît des prédécesseurs en matière de généalogie, comme l’Allemand Paul Rée et l’Anglais Herbert Spencer, mais son intervention personnelle dans ce champ consiste bien souvent à corriger des hypothèses antérieures trop « azurées ». Il faut donc lire les auteurs que Nietzsche a lus pour mesurer ses dettes, discerner ses originalités et saisir les enjeux de son travail. On mesure ainsi le sérieux philologique de son entreprise, qui en accroît à vrai dire la portée philosophique, y compris dans une perspective contemporaine. Suivant cette orientation générale, le présent ouvrage se décompose en une série d’études qui se focalisent successivement sur la préface et sur les trois traités. Un premier chapitre interroge la fonction que Nietzsche attribue à une généalogie de la morale : le généalogiste produit une critique méthodique de notre morale judéo-chrétienne, en s’appuyant pour cela sur les sciences historiques et les sciences du vivant, mais sans renoncer à la spécificité de son regard de philosophe. Un deuxième chapitre montre ensuite comment Nietzsche remet en question notre croyance spontanée en un concept stable de moralité qui aurait traversé l’histoire. Au lieu de postuler a priori ce prétendu universel, il convient de retracer l’histoire réelle du vocabulaire moral pour en faire un fil conducteur généalogique. Le troisième chapitre analyse dans cette perspective l’émergence de la catégorie de « faute », telle qu’elle est reconstituée par Nietzsche au moyen d’une distinction anthropologique centrale entre faute et responsabilité : des millénaires durant, on a puni sans présupposer la moindre faute intentionnelle de l’individu, contrairement à notre principe juridique moderne du nulla poena sine culpa (« pas de châtiment sans faute »). Enfin, un dernier chapitre s’intéresse à la généalogie des idéaux ascétiques esquissée par le troisième traité, qui repose sur une autre distinction terminologique cruciale de Nietzsche entre sens (Sinn) et signification (Bedeutung) : ce que signifie généalogiquement le vaste succès de l’idéal ascétique est, ni plus ni moins, le fait global qu’il a jusqu’à présent été le seul à donner un sens à la souffrance humaine. »

Emmanuel Salanskis a aussi codirigé « Nietzsche : le projet de la Généalogie de la morale » dans Les Cahiers philosophiques de Strasbourg, n° 51/2022-1, textes réunis par Emmanuel Salanskis et Anne Merker, Presses universitaires de Strasbourg, 2022. 

https://journals.openedition.org/cps/5403

Quatrième de couverture :« La Généalogie de la morale est un livre dont l’importance philosophique est largement reconnue : elle est probablement devenue l’ouvrage le plus célèbre de son auteur, voire celui auquel on réduit Nietzsche, au risque d’oublier les textes qui précèdent ou qui suivent cet « écrit polémique » de 1887. Or une telle valorisation de la Généalogie au détriment des œuvres qui l’entourent a souvent procédé de perspectives extérieures à Nietzsche, qu’on tentait de projeter sur le livre. Peut-on au contraire prendre au sérieux la Généalogie de la morale sans chercher à la réinscrire dans un cadre philosophique extra-nietzschéen ? Peut-être conviendrait-il de prêter attention au projet de recherche collectif que la Généalogie de la morale esquisse elle-même : celui d’une « histoire de la morale réelle », que la philosophie est invitée à retracer en dialogue avec les sciences humaines et les sciences de la vie. »

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Emmanuel Salanskis est maître de conférences en philosophie, doyen de la Faculté de philosophie, membre du Centre de recherches en philosophie allemande et contemporaine (CREPHAC).

 Pour plus de détails sur ses recherches, activités et publications :

https://philo.unistra.fr/personnes/enseignants-chercheurs/emmanuel-salanskis/

Chères amies, chers amis,

Je vous mets ici le lien vers deux interventions de Philippe Descola sur ABC Penser. Son oeuvre est maintenant devenue un grand classique de l’anthropologie et de la pensée contemporaine, qui a modifié notre regard sur le monde. Titulaire de la chaire d’anthropologie sociale au Collège de France, longtemps directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale fondé par Lévi-Strauss, il est un penseur (entre autres) de l’écologie, de l’anthropologie de la nature (en dialogue avec son ami Bruno Latour) et de l’anthropologie de la figuration. Philippe Descola a consacré sa vie d’anthropologue à étudier comment les humains composaient leurs mondes. Parti d’Amazonie il a tourné son champ de recherche vers l’Europe, afin de comprendre comment nous, les modernes, avions pu rendre la terre de moins en moins habitable.Il s’est aussi engagé pour un changement social et politique allant dans le sens d’une véritable bifurcation écologique.

Ici plus de détails: https://www.college-de-france.fr/fr/chaire/philippe-descola-anthropologie-de-la-nature-chaire-statutaire

Ici son intervention sur ABC penser à propos de son anthropologie de la nature, nous déprenant du grand partage entre nature et culture, pour étudier la composition des mondes et le rapport entre non-humain et humain:

Et là son intervention sur sa pensée et son parcours:

Ici encore son intervention à l’Université de Strasbourg le 7 novembre 2019, « L’animisme dans tous ses états, une approche comparative », proposée par l’Institut d’ethnologie de la faculté des sciences sociales de l’Université de Strasbourg dans le cadre du séminaire ethnologie et archéologie (2019-2020):

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Parmi ses ouvrages:

·  Les Lances du crépuscule : relations Jivaros. Haute-Amazonie, Paris, Plon, 1993

·  Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005

·  Diversité des natures, diversité des cultures, Paris, Bayard, 2010

·  L’Écologie des autres. L’anthropologie et la question de la nature, Paris, éditions Quae, 2011

·  avec Tim Ingold, Être au monde. Quelle expérience commune ?, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2014

·  La Composition des mondes. Entretiens avec Pierre Charbonnier, Paris, Flammarion, 2014

·  Les formes du visible, Paris, éditions du Seuil, 2021

·  Philippe Descola et Allessandro Pignocchi Ethnographies des mondes à venir, Paris, Seuil, 2022

A noter aussi, l’ouvrage en son hommage: Geremia Cometti, Pierre Le Roux, Tiziana Manicone & Nastassja Martin (2019) – Au seuil de la forêt : hommage à Philippe Descola, l’anthropologue de la nature, Poullaouen, Tautem

https://www.prehistoire.org/offres/gestion/actus_all_515_40231-1/au-seuil-de-la-foret-hommage-a-philippe-descola-l-anthropologue-de-la-nature-geremia-cometti-pierre-le-roux-tiziana-manicone-nastassja-martin-2019.html

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Parmi ses élèves, j’aimerais évoquer Geremia Cometti (anthropologue, Univ. Strasbourg):

J’aimerais ici évoquer

deux textes de moi sur Michel-Ange, liés au fait que j’ai eu la chance de largement collaborer avec Philippe Descola et avec le Laboratoire d’anthropologie sociale.

Chères amies, chers amis,

Je vous informe de la sortie du récent ouvrage de mon amie Muriel van Vliet, aux réflexions toujours subtiles et passionnantes.

Quatrième de couverture:

« L’anthropologie de l’art est une discipline relativement récente, qui naît au carrefour de plusieurs sciences humaines à la fin du XIXe siècle et qui se développe au XXe siècle jusqu’à connaître sa floraison actuelle. On entend par ce terme les études qui abordent l’art au travers du prisme de la diversité des cultures, donc constamment tourné vers d’autres formes telles que le langage, le rituel, la technique et la science avec lesquelles il interagit. « 

L’ouvrage présente les anthropologies de l’art: de Aby Warburg, Ernst Cassirer, Erwin Panofsky, André Leroi-Gourhan, Gottfried Semper, Michel Leiris, André Malraux, Claude Lévi-Strauss, Philippe Descola, Tim Ingold, et revient sur le rapport de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution du patrimoine africain.

Voir: https://www.editions-apogee.com/ateliers-populaires-de-philosophie/690-l-anthropologie-de-l-art.html

Muriel van Vliet est ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Paris (Ulm), agrégée de philosophie, actuellement membre de l’équipe de recherche de Philosophie des Normes à l’Université de Rennes 1 (UFR de philosophie). Enseignant la philosophie en classes préparatoires aux Lycées Chaptal et Renan de Saint-Brieuc, elle dispense aussi des cours d’esthétique et d’anthropologie de l’art à l’Université de Rennes 1 et de Rennes 2. Soutenue en 2011, sa thèse replace l’esthétique au sein de la philosophie de la culture et a été publiée en 2013 aux Presses Universitaires de Rennes sous le titre La forme selon Ernst Cassirer – de la morphologie au structuralisme. Outre le philosophe Cassirer, ses travaux portent sur Erwin Panofsky, Aby Warburg, Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Maurice Merleau-Ponty, André Leroi-Gourhan, Georg Simmel, Edgar Wind et Gottfried Semper – avec toujours en arrière-plan la morphologie du poète et penseur allemand que fut Johann Wolgang von Goethe.
Au travers de ses recherches, elle s’interroge de manière générale sur la production de signes, symboles et images, au travers d’une approche anthropologique qui ne sépare jamais ses diverses activités symboliques, qu’elles soient techniques, langagières, scientifiques, rituelles, religieuses ou artistiques.
Parmi ses publications, on peut citer Cassirer et l’art comme forme symbolique (Presses Universitaires de Rennes, 2011) ; « De la Philosophie des formes symboliques d’Ernst Cassirer à l’Anthropologie structurale de Claude Lévi-Strauss » (revue Philosophie, Éditions de Minuit, 2012), « Rituel et mythe chez Warburg, Cassirer et Panofsky – La place du corps dans la pensée mythique » (revue Appareil, 2014) ; « Ernst Cassirer, historien des idées politiques et philosophe critique » (Revue Française d’Histoire des Idées Politiques, n°40, 2014) et l’article « Symbole » dans L’interprétation – Un dictionnaire philosophique (Vrin, 2015). Elle a récemment coordonné le dossier sur André Leroi-Gourhan de la revue Regards croisés (n° 9/2019). 

Elle participe à la revue la Part de l’oeil: http://www.lapartdeloeil.be/fr/revues.php

Voici sa page Youtube, Le blog de Proxagora, cours de philosophie: https://www.youtube.com/@murielvanvliet/videos