Jorge Reitter est psychanalyste à Buenos Aires. Il a publié Edipo Gay. Heronormatividad y psicoanálisis (Letra viva, 2e édition 2024), traduit en anglais sous le titre Heteronormativity and psycoanalysis (Routledge, 2023)[1].

Il est membre de la Escuela Libre de Psicoanalisis.

Voici le très beau texte de son intervention au séminaire Freud à son époque et aujourd’hui, co-animé par Emmanuelle Chatelat, Dominique Marinelli et Dimitri Lorrain[2], le 4 décembre 2024.

La page du séminaire:

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Bonjour à tous,

Je suis très heureux d’être ici avec vous. Malheureusement, je ne suis pas à Strasbourg. Je tiens à remercier tout particulièrement Dimitri Lorrain, qui, depuis qu’il a lu mon livre sur l’hétéronormativité dans la psychanalyse, a toujours fait preuve d’une grande générosité à mon égard. Je peux dire que nous partageons une amitié à la fois intellectuelle et affective.

Lorsque Dimitri m’a invité à participer à ce séminaire, j’ai choisi de proposer un sujet qui, bien qu’il s’écarte légèrement de l’axe principal du séminaire, me semblait pertinent à partager avec vous. Je vais vous lire un travail que j’ai écrit à partir d’un roman intitulé Les plaines (Los llanos), de l’écrivain argentin Federico Falco.

Depuis que j’ai lu Les plaines, je suis tombé amoureux de ce livre. J’ai alors décidé de lire les autres ouvrages de Falco, ceux qui l’ont précédé. J’ai été très déçu : je n’y ai rien trouvé de ce qui m’avait tant ému dans Les plaines. Si vous me le permettez, je vais avancer ce que j’admets devant vous comme une interprétation sauvage : je crois que Falco fait quelque chose de complètement différent dans ce roman. Il devient un autre écrivain que celui qu’il était (et nous verrons que cette mutation est incluse dans la trame du roman), car ce roman est en même temps sa propre sortie du placard. Le roman ne parle pas, ou plutôt ne parle que de manière tangente, de la sortie du placard. Mais, selon mon interprétation sauvage, ce roman est sa sortie du placard. J’ai l’impression que, dans ses ouvrages précédents, Falco fait semblant d’être hétérosexuel, et cela, à mon avis, enlève beaucoup de vitalité à son écriture.

Ce roman semble assez simple et linéaire, mais c’est trompeur : en réalité, de nombreux fils se croisent et s’entrelacent dans sa trame. Mon objectif est d’articuler ces fils autour de la question du placard (closet en anglais) et de son effet sur les deuils – je parle au pluriel, car, comme vous le verrez, ce n’est pas un seul deuil qui est en jeu dans cette histoire. Bien que ce sujet puisse sembler en dehors du cadre strict du séminaire, je pense qu’il peut apporter un éclairage complémentaire à vos réflexions.

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Je vais regretter ce livre. Nous avons parcouru ensemble des chemins de terre et de mémoire.

Je l’ai acheté pour son titre et pour la photo de la couverture. Bien que « llanos » évoque des « pleins », c’est la photo d’un vide qui se trouve sur la couverture. (Dans le texte en espagnol, il y a ici un jeu de mots qui se perd dans la traduction entre « llanos », qui veut dire « plaines », et « llenos », qui veut dire « pleins »). Une piscine au milieu de nulle part. J’aurais pu prendre une photo pareille. « Ici, il n’y a nulle part où poser les yeux. N’importe quel eucalyptus, n’importe quel poteau électrique est bienvenu, car il aide à fixer le regard. » La piscine, qui se fond par son horizontalité dans la plaine, n’arrive pas à retenir le regard, qui se perd au-delà. « Le monde est si vaste qu’il semble qu’il n’y ait rien à voir : seulement le ciel, seulement le champ, toujours semblables à eux-mêmes. »

Vers la fin du roman, Falco écrit : « Le temps passe facilement dans les films, dans les romans. Seules les actions importantes sont comptées, celles qui font avancer l’intrigue. Le reste – les doutes, l’ennui, les longs jours où rien ne change, la tristesse stagnante – disparaît sous le coup des ellipses, des coupures nettes, des résumés rapides. » C’est, en négatif, ce que fait le roman, écrire la tristesse stagnante, les longs jours où rien ne change, ou bien où quelque chose change si lentement qu’on ne le perçoit pas. Et, en même temps, c’est l’écriture d’une métamorphose radicale.

C’est un roman jalonné par les mois et les saisons. De janvier à septembre, de l’été au printemps. « En ville, on perd la notion des heures du jour, du passage du temps. À la campagne, c’est impossible. » Ce sont les mots qui ouvrent le récit. À la campagne et dans le deuil, il est impossible d’oublier le temps. Les premières pages m’ont accablé. La solitude, le paysage, la sécheresse, le potager, la chaleur qui ne laisse aucun répit, le silence. Des tâches souvent condamnées à l’échec. Puis j’ai compris que c’était de cela qu’il s’agissait, ressentir l’oppression et l’angoisse du narrateur.

À la page 31 du livre en espagnol, nous apprenons que Fede, le narrateur, s’est séparé de Ciro. Ou, pour le dire avec ses propres mots, que Ciro les a séparés. Sa vie s’est alors désassemblée. Nous comprenons que, bien qu’il soit rarement mentionné, tout tourne autour de Ciro et de son absence. Cependant, ce n’est pas, du moins dans un sens conventionnel, une histoire gay. Il ne s’agit pas d’un coming out, et l’homosexualité n’est pas un thème notable du livre. C’est une histoire presque sans histoire, un récit propulsé par la perplexité, le désarroi et l’abandon du narrateur à partir du moment où Ciro lui a demandé de quitter la maison. C’est l’histoire des ruines d’un amour.

Ciro les sépare, et Fede ne comprend rien, il n’arrive plus à écrire. Il ne sait même plus s’il est écrivain. « Avant, j’étais écrivain. » Il décide de louer une maison dans les environs de Zapiola, un tout petit village de la province de Buenos Aires, et de faire un potager. « Ici, personne n’a jamais entendu même mentionner le nom de Ciro. Pourquoi croyais-je qu’en partant la lumière n’allait pas blesser mes pupilles ? » Seul dans la campagne, ou plutôt assiégé par ses fantômes, Fede habite un monde sonore : la campagne nous atteint par l’oreille. Il y a des bruits, mais presque pas de voix. Les rares paroles échangées sont banales : des commentaires sur le temps, des conseils du voisin pour améliorer le potager, de brefs échanges avec l’épicier. Le téléphone portable ne capte pas dans la maison. Les mots significatifs ne se trouvent que dans la mémoire, ils ne se prononcent pas. On n’écoute pas non plus de musique, seulement le son des oiseaux, des insectes, du vent. Des bruits consubstantiels à la solitude extrême du narrateur, partition du désarroi.

Zapiola est un retour au paysage qu’il avait dû « laisser derrière, abandonner, perdre pour pouvoir être. » La plaine est le paysage de son enfance, des week-ends dans la campagne de ses grands-parents. Comme tant d’enfants différents, Fede, à un moment que l’on imagine à la puberté, sent qu’il ne trouve plus sa place. C’est pourquoi « il lisait »  : « parce que lire était ordre, harmonie, la promesse d’un troisième acte où tout s’imbriquerait, où tout aurait un sens. » La promesse d’un monde, lointain, où il trouverait sa place. Un monde qu’il imaginait élégant, parfait. « J’étais convaincu qu’une autre vie m’attendait quelque part. » Il savait qu’il ne pouvait pas gaspiller sa vie à Cabrera. La lecture et les études deviennent plan d’évasion et illusion de maîtrise, incantation magique pour que tout ait un sens, pour enfin trouver un lieu qui ne le rejetterait pas, un lieu où il voudrait revenir. « C’était seulement le besoin de tout garder sous contrôle : le chaos, le non-sens, la peur. » La lecture devient aussi un piège, un appât, une illusion que la trame parfaite pourrait le sauver de la mort et de la peur. Une tentative pour éviter de payer le prix.

« Ou bien je le savais, ou bien je l’ai su un après-midi, soudain un soupçon : et si les garçons me plaisaient ? Et si j’étais l’un de ceux-là ? » « Ne même pas me l’avouer à moi-même ou je me mettrais en danger de mort. » La mort par laquelle il doit passer dans cette seconde plaine pour donner naissance au narrateur de Les plaines. « Une fois, j’ai essayé d’en parler à maman. Non, a-t-elle dit. Son visage s’était assombri. Non, a-t-elle dit, et je n’ai jamais vraiment su ce que signifiait ce refus. Ce n’est pas vrai. Je ne te le permets pas. Je ne le crois pas. Je ne veux pas le savoir. Ne le dis pas. Je ne peux pas. Après, on n’en a plus jamais parlé. Si j’abordais le sujet, c’était comme si cette partie de la conversation n’était pas entendue. Silence. Parler d’autre chose, changer de sujet. » Fede n’a pas insisté. Peut-être sentait-il qu’il n’y aurait pas de réponse, que questionner serait inutile. « Fais ce que tu veux, » a dit le père, « mais ne t’avise même pas de te pointer avec un type au village, ni de raconter ça partout. » Parfois on croit avoir décidé de fuir et on ne voit pas qu’on avait déjà été expulsé. Fede revient à la plaine pour se faire une place, à travers nous, ses lecteurs, là où il avait été rejeté à coups de silence.

« Jusqu’au moment où, de nombreuses années plus tard, j’ai rencontré Ciro, ce sentiment ne m’a jamais quitté. Ne pas être à ma place. Ne pas avoir de lieu. » « Trouver Ciro, c’était trouver quelqu’un avec qui parler, quelqu’un avec qui cesser de faire silence. » Mais les refuges où l’on arrive en fuyant risquent facilement de devenir des prétextes pour éviter la mort et l’insensé. Ciro le lui dit lors de leur conversation au bar : « le refuge est devenu une cage. » « Tu maintenais tellement notre relation que je ne trouvais aucun moyen. » « Je ne peux pas être ta famille, tu en as déjà une. »

Le deuil par Fede de Ciro en entraîne un autre, plus profond, plus radical. « J’étais attiré par ces intrigues si bien ficelées, où le point final se transformait toujours en le soulagement de tous les tourments, la confirmation que toutes les épreuves, tous les conflits avaient valu la peine. » Happy end. Mais un jour, Ciro les a séparés, quelque chose s’est brisé, et maintenant le narrateur ne comprend plus rien et ne peut plus écrire. « Comment écrire parmi les décombres, entre la boue et les flaques, en rassemblant, ici et là, les restes détrempés de ce qui avait été un quotidien, de ce qui avait été une maison ? Comment écrire une histoire parmi les décombres d’une histoire ? » Ne s’agit-il pas de cela, en psychanalyse ?

« Parfois, je sens que je ne vais jamais comprendre ce qui nous est arrivé. Et si je le comprenais, la peine prendrait fin et tout cela serait derrière nous. Parfois, je sens que je comprends, que je comprends parfaitement, mais ça fait quand même mal. » Comme le narrateur de Les plaines, celui qui consulte un analyste cherche un sens qui soulage la douleur. Si tout se passe assez bien, cela arrivera, il ne s’agira pas tant d’un sens, mais de sens au pluriel. Fragmentaires, contradictoires, mais aussi curatifs. L’attente de soulagement par le sens n’est pas totalement déçue. Mais il y a un au-delà, au fur et à mesure que l’on traverse le deuil du happy end : la rencontre avec le non-sens inéliminable. La limite de tout sens. « Et parfois, je pense qu’il y a des choses qu’on ne finit jamais par comprendre, qui restent là, flottant autour de nous, prêtes à frapper à tout moment. Que la peine ne s’éteint pas, elle s’éloigne juste pendant quelques heures, quelques jours, puis elle frappe par surprise, inonde, renverse, qu’il faut apprendre à vivre avec ça. » Je le souscrirais comme l’horizon d’une analyse : apprendre à vivre avec ça. Avec le non-sens, avec l’irrémédiable, l’irréparable. Ce qui ne cadre pas. Comme le dit le narrateur, il y a des choses qu’on ne finira jamais par comprendre, les vrais deuils ne se terminent jamais. « Un dessin plein de gribouillis, de ratures, de faux pas, de projets qui s’effondrent, de personnes aimées qui cessent d’aimer, qui disent c’est fini, pars, pars loin. »

Les plaines relate la mutation d’un écrivain. Apprendre à « ne pas demander à l’écriture ce que l’écriture ne peut donner ». Résister à « la tentation d’un monde ordonné. La sensation de contrôle que procure la narration ». « Avant, je pensais qu’il fallait traiter l’écriture comme l’argile. Maintenant, je me demande si l’on pourrait écrire comme on fait un potager ». « Avec l’argile, l’harmonie s’obtient par l’habileté et en appliquant de la force. La beauté implique de poser des limites, d’utiliser les muscles, une certaine violence, un certain effort. Dans un potager, il y a toujours quelque chose qui naît et quelque chose qui meurt. S’il y a de l’harmonie, c’est par pure contingence, elle ne dure qu’un instant ». Le livre même est la réponse en acte à la question que le narrateur se pose : « Comment raconter sans histoire ? Sans ordonner ? Sans essayer de donner du sens ? »

Écrire le conte parfait était, pour cet écrivain qu’était Fede avant que Ciro ne les sépare, l’illusion de conjurer le rejet. La panique que le lecteur abandonne le livre, qu’il le trouve mauvais. Ce rejet tant redouté, on pourrait dire en termes winnicottiens, est le rejet qui avait déjà eu lieu et qui l’avait poussé à fuir son village, celui-là même qui a façonné un lien qui finirait par étouffer Ciro. « C’est toujours cette seule peur, le rejet. De mon père, de ma famille, de mon village. C’est la douleur indicible : le rejet de Ciro ». Une douleur indicible que, pourtant, tout le livre raconte ; même lorsqu’il semble parler d’autre chose, du ciel, de la plaine.

Dans la plaine, un nouvel écrivain prend naissance, qui écrit comme on fait un potager, en composant avec la contingence, au risque que quelque lecteur abandonne le livre, un écrivain qui trouve une façon de raconter sans histoire, sans chercher à donner du sens. Alors, le sens explose dans une profondeur nouvelle, car il devient capable d’accueillir la part de non-sens qui nous absout de toute obéissance. « Aucun mot ne dompte la peine. Aucun mot ne l’effraie. Aucun mot ne parvient vraiment à la dire ». Certes, aucun mot ne la dit vraiment, mais beaucoup parviennent, peut-être, à la dire à moitié, et d’autant plus qu’on renonce à expliquer et à comprendre. C’est l’apprentissage de Fede, c’est aussi celui de tout analysant qui aura porté assez loin l’expérience analytique. Accueillir le non-sens sans mélancolie. La mélancolie est la plus féroce nostalgie d’un sens plein. Le non-sens auquel s’ouvre Fede, et auquel mène une analyse, est une ouverture à toute créativité, à toute invention. « Simplement raconter sans chercher à comprendre en chemin ».

Dans le récit de Fede, Ciro est dur, parfois cruel. « Pars maintenant », lui dit-il, « je ne veux plus de ça. Ne reste pas à attendre. Je ne veux pas revenir avec toi. Je ne crois pas que je voudrai plus tard ». Ciro, qui ne répond pas aux messages désespérés de Fede. Dans la conversation au bar, il lui dit que lorsqu’il l’a vu au bord du gouffre, il l’y a poussé. Chacun tue ce qu’il aime. Fede a la générosité de nous laisser comprendre (même si cela lui est tellement difficile) que Ciro a raison. Il lui laisse le dernier mot. Si Ciro est brutal, c’est parce que Fede, en niant désespérément le non-sens et la mort, ne lui a laissé aucune alternative. Dans son apparente cruauté, Ciro est l’accoucheur qui, en le jetant dans l’abîme, provoque le cri d’où naîtra une voix nouvelle, radicalement humaine dans son dénuement.


[1] Le roman a été traduit chez Gallimard en 2023.

[1] Pour une recension, voir : https://dimitrilorrain.org/2023/01/13/sortie-de-heteronormativity-and-psychoanalysis-de-jorge-n-reitter-routledge-2023/

[2] https://dimitrilorrain.org/seminaire-freud-a-son-epoque-et-aujourdhui/


La projection du biopic Lou Andreas-Salomé (2016) le vendredi 5 septembre à 20h au Cinéma Star ouvre le cycle « (Re)découvrir Lou Andreas-Salomé », que l’association strasbourgeoise À livre ouvert / Wie ein offenes Buch consacre tout au long de la saison 2025/26 à cette intellectuelle germanophone d’origine russe.

Figure hors normes, philosophe, écrivaine, psychanalyste et libre penseuse, Lou Andreas-Salomé a marqué son époque par sa lucidité et son indépendance, tout en restant trop souvent réduite à ses liens avec Nietzsche, Rilke ou Freud.

Le cycle d’événements, conçu avec la philosophe et traductrice Ondine Arnould dans la continuité du travail autour de la pensée et de l’œuvre de Monique Wittig (1), entend redonner toute sa place à cette voix singulière et inviter le public à (re)découvrir une œuvre encore trop méconnue, à la croisée de la réflexion, de la création et du dialogue.
Au fil de la saison, différents formats – projections, conférences, rencontres littéraires et lectures musicales – proposeront de revisiter les grands champs traversés par Lou Andreas-Salomé : littérature et traduction, psychanalyse et philosophie, questionnements sur le féminin et la création. Ces rendez-vous en partenariat avec 100% Mensch et l’Institut culturel français de Stuttgart, Theaterwelt Kehl et le Historischer Verein de Kehl, ainsi que la BNU, l’Orée 85 et Relatio (Bibliothèques idéales) mettront en dialogue chercheurs, traductrices (Ondine Arnould, Britta Benert, Arthur Hanoun, Esa Hartmann, Laurie Laufer, Lucile Vuillemin),  et artistes (Manon Jürgens, Anne-Catherine Kaiser, Aline Martin et Jennifer Rottstegge) et sortiront Salomé de l’oubli et de l’université pour donner à entendre sa voix, des deux côtés du Rhin.

L’organisateur et contact presse :

A livre ouvert/ Wie ein offenes Buch (https://a-livre-ouvert.org)

Aline Martin, présidente / contact@a-livre-ouvert.org 

A livre ouvert/ Wie ein offenes Buch a pour objet de promouvoir et de développer, dans un esprit d’ouverture et de dialogue, rencontres et partenariats culturels et artistiques des deux côtés du Rhin. Nous réinterrogeons la littérature depuis le Moyen-âge (parce qu’on n’en finit pas d’interroger le langage). Et réinterroger la littérature et le langage, c’est réinterroger l’histoire, la culture pour ne pas être réduit à ce qu’on est, trotzdem.

Ondine Arnould est doctoresse (selon le mot qu’elle a choisi) en philosophie et études germaniques à l’Université de Strasbourg avec sa thèse « Typologie comparée des féminités chez Friedrich Nietzsche et Lou Andreas-Salomé. » Philosophe germaniste et traductrice, elle veut ouvrir les portes de l’œuvre au grand public.

Programme détaillé :

– Vendredi, 5.9.2025, 20h, Lou Andreas-Salomé en images : la liberté envers et contre tout Projection du Biopic, suivi d’un débat collectif

Lieu : Cinéma Star (27 rue du jeu des enfants, F-67000 Strasbourg)

Billetterie ouverte le 24 août via le Cinéma Star

Lou Andreas-Salomé a vécu un destin extraordinaire, en plein chamboulement historique au tournant du 20e siècle en Europe : elle a toujours refusé la soumission, tant aux dogmes religieux qu’aux hommes, sans pour autant revendiquer une révolution politique. Bercée par un fort cosmopolitisme, elle a voyagé au service d’une quête intérieure de l’origine, en particulier en Russie avec Rainer Maria Rilke, son amant puis son ami. Entre fantasmes et élaborations psychologiques, Salomé ouvre des chemins qu’elle n’impose à personne. Cette découverte du « je » qui est le sien, celui d’une femme au tournant de la modernité, a beaucoup à nous apprendre encore aujourd’hui.

Échange avec le public en présence de :

Ondine Arnould, Esa Hartmann, Lucile Vuillemin, Aline Martin,  Jennifer Rottstegge

– Samedi, 11.10.2025, 15h, Traduire Lou Andreas-Salomé : un cosmopolitisme personnel

Table ronde avec lecture d’extraits dans le cadre de “D’une langue vers l’autre”

Lieu : Lieu de l’Europe (8 rue Boecklin, F-67000 Strasbourg)

(Re)découvrir Salomé, mais en quelle langue ? L’intellectuelle écrivait majoritairement en allemand, quoique de manière particulière : son écriture fleuve semble marquée par son cosmopolitisme, à travers une langue allemande somme toute syncrétique, c’est-à-dire qui entremêle plusieurs influences culturelles. Par exemple, comme Novalis, Salomé entremêle le sacré au jargon positiviste. De plus, son écriture imagée s’élabore au moyen de néologismes et de structures grammaticales complexes. Comment rendre cette complexité en français ? Sans compter la difficulté du sujet auquel se confronte centralement la penseuse : revaloriser, et donc tenter de définir, le féminin en tant que fondement nécessaire à l’humanité. Nous trouvons ici une difficulté majeure dans les traductions – souvent difficiles d’accès lorsqu’il s’agit des œuvres romanesques et théoriques de l’autrice –, à savoir, par exemple, que « Mensch » se trouve communément traduit par « homme » en français, générant nombre de confusions. Comprendre Salomé requiert pour le lectorat français d’interroger la traduction de sa langue singulière.

Intervenantes Table ronde : Ondine Arnould, philosophe et germaniste ; Lucile Vuillemin, traductrice ; Britta Benert, professeure en études germaniques, Maître de conférences HDR à l’Université de Strasbourg. Littérature comparée XIXe- XXIe siècles, études germaniques interculturelles.

Lectrices : Aline Martin et Jennifer Rottstegge

Samedi 21 mars 2026 : Lou Andreas-Salomé, Friedrich Nietzsche et Rainer Maria Rilke : la création en question

Table ronde avec lectures d’extraits (1h), suivie d’une lecture scénique et musicale

Lieu : Kulturhaus Kehl (Am Läger 12, D-77694 Kehl

Entrée libre

Un des fers de lance de Lou Andreas-Salomé, tant dans sa vie que dans ses écrits théoriques, n’est autre que la création au croisement du corps, du sacré et de l’art. Le féminin y joue un rôle majeur, non sans ambivalence. L’art et l’esthétique sont pourtant les pans les moins traduits et étudiés de Salomé, malgré une production prolifique. Par cet événement, il s’agit de donner voix à l’intellectuelle, tout en la resituant en sein des relations fécondes qu’elle a pu entretenir à ce propos de manière initiatique avec le philosophe Friedrich Nietzsche, ainsi que durant sa maturité avec le poète Rainer Maria Rilke. En complément de cet approche théorique, il s’agira de créer à notre tour, afin de faire (re)découvrir Salomé dans ses introspections de manière pratique.

Intervenant.e.s Table ronde :

Esa Hartmann : Maître de conférences d’études germaniques et chercheuse associée à l’Université de Strasbourg.

Arthur Hanoun : doctorant en philosophie et psychanalyse à la Sorbonne

Ondine Arnould : Professeure certifiée de philosophie, et docteure membre associée en philosophie et études germaniques de l’université de Strasbourg

Lecture : Aline Martin et Jennifer Rottstegge

Musique : Anne-Catherine Kaiser, piano et Manon Jürgens, chant

Samedi, 11 avril 2026, 16h : Lou Andreas-Salomé et la psychanalyse : une amitié introspective

Médiathèque du Neudorf (place du Marché du Neudorf, F-67100 Strasbourg)

Table ronde avec lectures d’extraits (1h), suivie d’une lecture scénique et musicale

Durant sa maturité et jusqu’à la fin de sa vie, Salomé a été marquée par la découverte de la psychanalyse, notamment lors de sa rencontre avec Sigmund Freud avec lequel elle entretint une relation très particulière de disciple hérétique à la loyauté sans faille. Pourtant le « narcissisme comme double-direction » élaboré par Salomé n’est que peu étudié : on retient le plus souvent la « Lettre ouverte à Freud » comme hommage au Père de la psychanalyse. Un pendant psychanalytique moins connu chez Salomé réside également dans l’amitié que celle-ci a entretenu avec Anna Freud, qui fut marquée par une correspondance très nourrie et une certaine projection de soi en l’autre. S’il ne s’agit pas nécessairement de théorie psychanalytique, la correspondance donne à saisir un geste thérapeutique pratique et plus largement une amitié féminine riche que les lectures, lors de la table ronde ainsi que du spectacle, sauront faire entendre.

Intervenant.e.s Table ronde :

Laurie Laufer : psychanalyste et professeure au département d’Études psychanalytiques de l’UFR Institut des Humanités Sciences et Sociétés (IHSS) à l’Université Paris Cité. Elle est directrice de l’UFR Institut des Humanités Sciences et Sociétés.

Arthur Hanoun : doctorant en philosophie et psychanalyse à la Sorbonne

Ondine Arnould : Professeure certifiée de philosophie, et docteure membre associée en philosophie et études germaniques de l’université de Strasbourg

Lecture : Aline Martin et Jennifer Rottstegge

Musique : Anne-Catherine Kaiser, piano et Manon Jürgens, chant

NOTE:

(1): voit par exemple: https://a-livre-ouvert.org/evenement/la-pensee-wittig-rencontre-quai-des-brumes/

Lieu : Cinéma Star (27 rue du jeu des enfants, Strasbourg)

Billetterie ouverte le 24 août via le Cinéma Star

Lou Andreas-Salomé a vécu un destin extraordinaire, en plein chamboulement historique au tournant du 20e siècle en Europe : elle a toujours refusé la soumission, tant aux dogmes religieux qu’aux hommes, sans pour autant revendiquer une révolution politique. Bercée par un fort cosmopolitisme, elle a voyagé au service d’une quête intérieure de l’origine, en particulier en Russie avec Rainer Maria Rilke, son amant puis son ami. Entre fantasmes et élaborations psychologiques, Salomé ouvre des chemins qu’elle n’impose à personne. Cette découverte du « je » qui est le sien, celui d’une femme au tournant de la modernité, a beaucoup à nous apprendre encore aujourd’hui.

Échange avec le public en présence de :

Ondine Arnould, Esa Hartmann, Lucile Vuillemin, Aline Martin,  Jennifer Rottstegge

Ondine Arnould est Professeure certifiée de philosophie, et docteure membre associée en philosophie et études germaniques de l’université de Strasbourg

Esa Hartmann est Maître de conférences d’études germaniques et chercheuse associée à l’Université de Strasbourg

 Lucile Vuillemin est traductrice

Aline Martin est présidente de l’association A livre ouvert/ Wie ein offenes Buch

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L’organisateur et contact presse :

A livre ouvert/ Wie ein offenes Buch (https://a-livre-ouvert.org)

Aline Martin, présidente, contact@a-livre-ouvert.org 

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Cette soirée s’inscrit dans le cadre du cycle d’événements « (Re)découvrir Lou Andreas-Salomé – Penseuse libre », autour de son œuvre et sa pensée à Strasbourg et Kehl, Saison 2025-26

Chères amies, chers amis,

Mon amie Frédérique Riedlin (psychanalyste, Strasbourg) qui participe à la Convention, m’invite à relayer l’information, donc la voici.

Chères amies, chers amis,

Je tiens à vous informer de la sortie chez Stilus, dans la collection Résonances, de ce très important ouvrage collectif, issu du colloque organisé en 2023 par Jean-Jacques Moscovitz et Benjamin Lévy.

Présentation de l’éditeur:

« Cet ouvrage reprend les interventions d’un colloque qui a eu lieu à l’Ecole Normale Supérieur, rue d’Ulm, en 2023 et qui portait sur l’actualité des liens entre la psychiatrie et la psychanalyse.
Pour l’ensemble des auteurs la référence fondamentale est une conception de la psychiatrie qui tient compte de la fonction du transfert, de l’usage de la parole, et favorise un accueil de la folie en reprenant le legs d’une tradition clinique laissant une place à ce qui chez chacun existe de plus singulier.
Dans ce sens, et sans récuser les avancées de la biologie, une question essentielle traverse cet ouvrage : il s’agit de démontrer d’une part les abus d’une approche protocolaire de la santé mentale et d’une fixation identitaire promue par des nouvelles catégories cliniques et d’autre part les bénéfices d’une politique de soin fondée par une éthique qui laisse une chance à chacun dans le contexte où il vit.
Face à une clinique fondée par le discours médical, les auteurs démontrent à partir de leur engagement institutionnel l’importance et l’intérêt qu’il y a à conserver, comme boussole pour leur pratique, la parole des sujets et la référence à la psychanalyse. »

Contributeurs: Hervé Bentata, Ahmed Bouhlal, Patrick Chemla, Guy Dana, Nicolas Dissez, Hélène Godefroy, Nizar Hatem, Lysiane Lamantowicz, Patrick Landman, Daniel Lemler, Benjamin Lévy, Albert Maître, Jean-Jacques Moscovitz, Eugène Perla, David Poirot-Gozlan, Martin Roth, Louis Sciara, Marie Selin, Annie Staricky, Sarah Stern, Dominique Tourès-Landman, Jean-Jacques Tyszler. Postface : Jean-Jacques Moscovitz.

La collection Résonances est dirigée par Anita Izcovich.

Chères amies, chers amis,

Je tiens à vous informer du très beau passage à la radio, dans l’émission « Un jour dans l’histoire », de Jonathan Dumont (Univ. Liège). Il y présente son passionnant récent ouvrage d’histoire de la Renaissance.

https://www.rtbf.be/article/comment-un-chroniqueur-de-charles-quint-a-invente-la-communication-politique-et-sa-verite-alternative-11466066

(Pour l’écouter, il suffit de créer un compte RTBF, ce qui est très simple.)

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Présentation de l’éditeur:

Le 5 janvier 1515, en la grande salle du palais du Coudenberg à Bruxelles, Charles de Habsbourg atteint sa majorité politique, devenant pleinement souverain des Anciens Pays-Bas. Débute ainsi, de 1515 à 1517, une ascension fulgurante qui va lui conférer une envergure continentale. Jonathan Dumont nous éclaire ici sur la manière dont l’avènement de Charles a été mis en récit et commenté dans les Anciens Pays-Bas, durant les années qui précèdent l’élection impériale (1519), en particulier dans l’œuvre de Rémi Dupuis, dernier « indiciaire de Bourgogne ». Son œuvre, tout entière dédiée à la célébration de Charles de Habsbourg, est le témoin privilégié du passage de la dynastie de Bourgogne-Habsbourg à une autre échelle de pouvoir. Tout en proposant une étude historique et littéraire des textes de Dupuis, cet ouvrage fournit également au lecteur une édition de son œuvre conservée, jusqu’ici inédite.

https://www.droz.org/france/product/9782600065559

Jonathan Dumont est Docteur en Histoire, Art et Archéologie (Université de Liège, 2010, Belgique). Ses travaux se concentrent sur l’histoire politique et l’histoire des cultures politiques dans l’Europe tardo-médiévale et renaissante, principalement en France, dans les Anciens Pays-Bas et dans la Monarchie des Habsbourg.

Il est actuellement Associate Researcher à l’Institut für Mittelalterforschung (IMAFO) de l’Österreichische Akademie der Wissenschaften (Vienne, Autriche) et Chargé de projets à l’Université de Liège (Belgique).

Il a notamment publié :

Écrire un avènement. Charles de Habsbourg dans l’œuvre de Rémi Dupuis (Genève, Droz, 2024, coll. Cahiers d’humanisme et Renaissance, 201), 320 p. URL : https://www.droz.org/europe/product/9782600065559.

– J. Dumont, Lilia Florent. L’imaginaire politique et social à la cour de France durant les Premières Guerres d’Italie (1494-1525), Paris, Honoré Champion, 2013, 632 p. (coll. Études d’histoire médiévales, 15 ; URL: https://www.honorechampion.com/fr/champion/8202-book-08532475-9782745324757.html)

– Marie de Bourgogne/Mary of Burgundy. Reign, ‘Persona’, and Legacy of a Late Medieval Duchess/Figure, principat et postérité d’une duchesse tardo-médiévale, éd. M. Depreter, J. Dumont, E. L’Estrange, S. Mareel, Turnhout, Brepols, 2021, 475 p. (coll. Burgundica, 31; URL: http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503588087-1)

– La Paix des Dames. 1529, éd. J. Dumont, L. Fagnart, P.-G. Girault, N. Le Roux, Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2021, 440 p. (coll. Renaissances; URL: https://pufr-editions.fr/produit/la-paix-des-dames/).

Il prépare en ce moment deux autres volumes, l’un avec éloïse Adde sur Naturalisation and Legitimation of Power (1300-1800), pour Micrologus Library, l’autre avec Sonja Dünnebeil et Andreas Zajic sur Grey Eminences in Action. Personal Structures of Informal Decision-Making at Late Medieval Courts,pour Böhlau (coll. Norm und Struktur).

Bio-Bibliography

Jonathan Dumont is PhD Doctor in History, Art, and Archaeology (Université de Liège, Belgium, 2010). His research focus on late medieval and renaissance political history and history of political cultures in the early Habsburg Monarchy.

He is currently Research Associate at the Institut für Mittelalterforschung (IMAFO) of the Österreichische Akademie der Wissenschaften (Vienna, Austria) and Project Manager for the Université de Liège (Belgium).

He has notably published:

Écrire un avènement. Charles de Habsbourg dans l’œuvre de Rémi Dupuis (Genève, Droz, 2024, coll. Cahiers d’humanisme et Renaissance, 201), 320 p. URL : https://www.droz.org/europe/product/9782600065559.

– Lilia Florent. L’imaginaire politique et social à la cour de France durant les Premières Guerres d’Italie (1494-1525), Paris, Honoré Champion, 2013, 632 p. (coll. Études d’histoire médiévales, 15; URL: https://www.honorechampion.com/fr/champion/8202-book-08532475-9782745324757.html).

– Marie de Bourgogne/ Mary of Burgundy. Reign, ‘Persona’, and Legacy of a Late Medieval Duchess/ Figure, principat et postérité d’une duchesse tardo-médiévale, ed. M. Depreter, J. Dumont, E. L’Estrange, S. Mareel, Turnhout, Brepols, 2021, 475 p. (coll. Burgundica, 31; URL: http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503588087-1).

– La Paix des Dames. 1529, éd. J. Dumont, L. Fagnart, P.-G. Girault, N. Le Roux, Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2021, 440 p. (coll. Renaissances; URL: https://pufr-editions.fr/produit/la-paix-des-dames/).

He is preparing, with éloïse Adde, a collective volume on Naturalisation and Legitimation of Power (1300-1800), for Micrologus Library (Florence, SISMEL-Edizioni del Galluzzo), and another one with Andreas Zajic on Grey Eminences in Action. Personal Structures of Informal Decision-Making at Late Medieval Courts,for Böhlau (coll. Norm und Struktur).

Chères amies, chers amis,

Je tiens à vous informer de la sortie chez Chronique Sociale de ce passionnant ouvrage interdisciplinaire, auquel j’ai eu la chance de participer.

En librairie le 6 décembre.

Présentation de l’éditeur:

« L’évolution des moeurs, même ardemment souhaitée, n’est jamais socialement aisée, car cela brouille des repères souvent anciens et parfois perçus comme intangibles. Ainsi, si la majorité des citoyennes et citoyens estiment aujourd’hui pertinents les droits au divorce, à la contraception, à l’interruption volontaire de grossesse, au mariage pour tous, à la procréation médicalement assistée pour toutes, lors des débats préliminaires, les polémiques et les idéologies les plus conservatrices étaient pléthoriques. Toutes ces mutations ébranlent également bien des certitudes ancrées profondément dans le corps social et relatives aux stéréotypes de genre. De fait, la famille n’est plus une, mais plurielle. Ses évolutions sont marquées, entre autres, par l’abandon des diktats de la masculinité et de la féminité, de la paternité et de la maternité, des sexualités hétéronormées. Désormais ces catégorisations ne sont plus étanches et leur porosité nous invite à repenser de manière concomitante la famille et le genre. C’est l’objectif de cet ouvrage collectif. »


Ouvrage coordonné par Thierry Goguel d’Allondans (anthropologue, Univ. Strasbourg) et Jonathan Nicolas (psychologue, Univ. Strasbourg).

Prologue d’Irène Théry. Avec des contributions de : Arnaud Alessandrin, Anne-Sophie Brun-Wauthier, Aude Certin, Sébastien Chapellon, Daniel Coum, Alain Ducosso Lacaze, Thierry Goguel d’Allondans, Morgane Gouyon-Réty, Romuald Jean-Dit- Pannel, Emmanuel Gratton, Dimitri Lorrain, Aline Martin, Claire Metz, Jonathan Nicolas, Dominique Samson-Wittig, Anne Thevenot, François Vialla.

https://www.chroniquesociale.com/comprendre-les-personnes/1413-refaire-famille.html

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J’ai eu le plaisir d’y écrire un texte (entre philosophie et études littéraires, nourri des études féministes, queer et sur le genre les plus ouvrantes, et élaborant bien sûr largement avec la psychanalyse) sur le superbe livre de Maggie Nelson, « Les Argonautes » (Éditions du sous-sol, 2018). Pour le dire trop vite, ce dernier en effet articule les questions de la transition de genre et du faire famille.

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Chères amies, chers amis,

Voici le programme de cette journée de formation, au cours de laquelle j’aurai le plaisir d’intervenir.

Mercredi 27 novembre 2024 – 8h30-12h30 / 14h-17h – par ZOOM

Le temps conventionnel ou chronologique n’est que l’aspect le plus visible de l’iceberg de la ligne du temps qui ne dit rien des « instants qui font éternité ».

Notre époque et les moyens d’information et de communication qui en découlent nous plongent dans une actualité qui s’inscrit dans une forme d’immédiateté. Dans ce contexte, le temps du travail analytique, processus plus ou moins long où l’analysant s’essaie à l’introspection et à l’association libre, constitue un espace/temps suspendu lui permettant d’entrapercevoir ce dans quoi il est pris. Dans cet espace-temps de la séance analytique le sujet révèle l’entrelacs de différentes temporalités rythmées par l’inconscient. Ainsi, à partir de la temporalité liée au transfert et à la répétition, en passant par la temporalité des rêves ou par le temps figé du traumatisme, nous explorerons ces temporalités et la manière de travailler avec le psychisme, en particulier en essayant de comprendre comment le temps (expériences de vie, moments de vie, etc.) influence l’élan désirant ou les conflits internes.

Pour ce faire, les apports de S. Freud sur les expériences infantiles passées et de J. Lacan sur les différents temps logique (temps pour voir, comprendre et conclure) nous guideront lors de cette journée de formation…

Julie Rolling

8h30 à 12h30:

Dimitri Lorrain (psychanalyste, philosophe) : Logique sociale de l’immédiateté, jouissance et subjectivation
Emmanuelle Bornancin (enseignante) : Du temps détraqué au temps analytique : quelle jointure entre désir et souvenir ?
Philippe Breton (Psychanalyste, professeur émérite à l’Université de Strasbourg, docteur en psychologie, Strasbourg) : Par quels glissements successifs, et avec quelles conséquences pour la clinique psychanalytique, nos sociétés en sont-elles venues à faire l’apologie de l’instantanéité et de l’interactivité ?

14h à 17h:

Philippe Choulet (Philosophe, professeur de philosophie, Strasbourg): titre transmis ultérieurement
Stéphane Muths (Philosophe, professeur de philosophie, Strasbourg) :
Retour vers le présent : l’image du corps et son rapport au temps dans les expériences dissociatives chez l’adolescent.
Jean-Richard Freymann (Psychanalyste, psychiatre, président de la FEDEPSY, Strasbourg) : Les temps analytiques

Animateurs de la formation : Frédérique Riedlin et Nicolas Janel

Responsable de la formation : Philippe Lutun 06 07 80 13 22

Pour tout renseignement : Apertura-Arcanes – 16 avenue de la Paix-Simone Veil 67000 Strasbourg arcanes.apertura@gmail.com – 03 88 35 19 93 (mardi après-midi et mercredi) http://www.apertura-arcanes.comhttp://www.fedepsy.org

Chères amies, chers amis,

Je tiens vous à informer de la rencontre organisée par le laboratoire Sulisom autour de cet Opus, portant sur Freud, dont le sous-titre est: « l’invention freudienne d’un style de raisonnement ». La rencontre sera animée par Anne Thevenot (Univ. Strasbourg, Sulisom) et Jonathan Nicolas (Univ. Strasbourg, Sulisom), et elle se déploie dans le cadre des « Rencontres avec des psychologues écrivains ».

Le lieu de cet événement est l’amphithéâtre Viaud.

Voici la présentation du livre par l’éditeur:

« Parmi les critiques adressées à la psychanalyse depuis son invention, les plus radicales visent ses méthodes de recherche. Aux yeux de ses détracteurs, les études de cas échoueraient à légitimer les concepts disciplinaires ainsi qu’à convaincre de leur intérêt clinique.

Cet ouvrage apporte une contribution nouvelle à un débat centenaire. Par une relecture originale de la casuistique freudienne s’inspirant des Science studies, Guénaël Visentini démontre la pertinence du modèle de pensée par cas élaboré par Freud au contact de ses patients et la rigueur du geste l’ayant conduit à faire de l’écriture par cas un genre scientifique à part entière.

Au cœur d’un champ du soin aujourd’hui gouverné par les chiffres, raisonner par cas reste une spécificité du psychanalyste. La transmission plus explicite de ce style de pensée aiderait les praticiens à mieux se repérer vis-à-vis de la singularité de chaque patient sans négliger ce que sa vie psychique a de typique, voire d’universel. Il en va de l’éthique de la psychanalyse. »

https://www.puf.com/penser-et-ecrire-par-cas-en-psychanalyse

Ici une recension de cet ouvrage, par Géraldine Quintin-Val dans Cliniques méditerranéennes:

https://shs-cairn-info.scd-rproxy.u-strasbg.fr/revue-cliniques-mediterraneennes-2024-2-page-293?lang=fr#s1n4

Guénaël Visentini est maître de conférences en psychologie à l’université de Strasbourg, psychologue clinicien et psychanalyste. Ses recherches portent sur les défis pratiques et théoriques de la psychanalyse face aux mutations contemporaines du champ du soin. Il est l’auteur de Pourquoi la psychanalyse est une science (Puf, 2015) et de L’efficacité de la psychanalyse. Un siècle de controverses (Puf, 2021).

Il fait partie du board de la revue Inanalysis:

https://www.inanalysis.org/

Chères amies, chers amis,

Je voudrais vous informer des activités du Laboratoire du temps qui passe.

Le Laboratoire du temps qui passe est un espace de dialogue entre psychanalyse, histoire et sciences sociales. Chaque séance réunit un interlocuteur venant chacun de l’un de ces champs autour d’une thématique qui invite les participants dans les points d’écart et de jonction entre ces discours.

La visée est de questionner nos disciplines depuis leurs seuils, leurs postulats enfouis, les logiques héritées et leurs transmissions silencieuses, en vue d’éclairer de nouvelles perspectives quant à l’inconscient, au social, à l’actuel de nos pratiques.

Les séances ont lieu les jeudis soirs à 20h30, avec:

14 novembre: Révolutions permanentes avec Sophie Wahnich, historienne, et Mathieu Bellahsen, psychiatre.

5 décembre: L’intolérable du traumatisme avec Marie Caroline Saglio, anthropologue et psychologue, et Richard Rechtman, psychiatre et anthropologue.

16 janvier: Wilson, Freud et Moi avec Georgy Katzarov, psychanalyste, et Patrick Weil, historien.

13 février: Retour sur les cliniques de l’écriture avec Philippe Artières, historien, et Guénaël Visentini, psychanalyste.

13 mars 2025: Forces du non gouvernable

10 avril 2025: Carte blanche  avec Nicolas Dutent, Adjoint à la délégation à la création au CNL, poète, critique et essayiste : poésie, histoire et psychanalyse

Jeudi 15 mai 2025: Une histoire de la peur et de l’angoisse

Jeudi 19 juin 2025: Délirer, Avec Patricia Janody, psychiatre et psychanalyste, philosophe, écrivain, et Aude Fauvel, Maître d’enseignement et de recherche en histoire de la médecine, Université de Lausanne

Pour rejoindre le séminaire , en présence à Paris ou en zoom, contacter Elizabeth Serin:  lizabird@gmail.com

Séminaire associé à Espace analytique