Sur la culture de l’inceste et sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles : « A l’air libre » (25 juin 2026) et « En société » (14 juin 2026)
Cher.e.s tou.te.s,
Je voudrais dans ce billet relayer deux émissions éclairantes concernant la culture de l’inceste, et concernant l’apport de la pensée et de la littérature contemporaines permettant de la combattre et d’ouvrir à une société où l’inceste – comme en général les violences sexistes, sexuelles et de genre – n’existe plus, ou tout du moins est devenu quelque chose de largement combattu et de minoritaire.
Ces émissions parlent aussi de manière éclairante de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
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En effet, il est intéressant de revenir sur l’éclairage important sur la culture de l’inceste qu’apporte l’émission « A l’air libre » (25 juin 2026) de Mediapart avec Eva Thomas, Camille Kouchner et Romain Lemire.
Entres autres, Camille Kouchner, relayant ainsi le travail de nombreuses associations féministes et des associations enfantistes, y développe sa réflexion sur la nécessité de modifier le droit. Selon elle, il s’agit de le centrer sur les devoirs parentaux. Il s’agit aussi de prendre en compte la question de l’incestuel (éclairée par le psychanalyste Paul-Claude Racamier) et les travaux anthropologiques récents (ceux de Dorothée Dussy). Elle insiste aussi sur le manque de moyens de la justice.
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Concernant la culture de l’inceste et les débats sur la loi intégrale, il est aussi intéressant de revenir sur cet extrait de l’émission « En société » (14 juin 2026) avec Camille Kouchner, Romain Lemire, Laurence Devillairs (philosophe), Marine Turchi (journaliste) et Youssef Badr (avocat).
Le dialogue entre Camille Kouchner et Romain Lemire y porte sur : la culture de l’inceste et sa formation et sa reproduction de la culture de la domination (telle que l’éclaire l’anthropologue Dorothée Dussy) ; le traumatisme de l’inceste et de sa silenciation ; et leurs travaux littéraires, ainsi que leurs portées.
Dans cette émission, il est aussi question de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Camille Kouchner, relayant toujours le travail de nombreuses associations féministes et des associations enfantistes, y parle de la manière dont cette loi permet de modifier le droit dans le bon sens pour sortir de la culture de l’inceste (et de sa silenciation), particulièrement avec la création d’une infraction pénale de l’inceste. Dans une optique enfantiste et nourrie de l’anthropologie de l’inceste de Dorothée Dussy, elle y relève aussi le fait que cette loi permet de faire en sorte que la sécurité des enfants ne soit pas confiée qu’à la famille, mais aussi que la société, l’école et les pouvoirs publics doivent agir en ce sens. Cela permettra de travailler à sortir notre société de la culture de l’inceste – et de l’adultisme qui la favorise.
Mais, comme elle pense que la priorité publique doit plutôt porter sur la prévention et l’accompagnement, Camille Kouchner pointe aussi les risques de dérive sécuritaire en termes de surenchère punitive de l’État dans la répression de l’inceste. Cette dérive sécuritaire ferait que les enfants et adultes victimes sont en fait silencié.e.s, du fait de leurs liens à leurs parents agresseurs ou silenciateurs.
Il s’agit selon elle de faire en sorte qu’il n’y ait plus d’inceste. Et pour penser la possibilité de cela, elle renvoie à l’anthropologie de l’inceste de Dorothée Dussy et au livre « La culture de l’inceste », dirigé par Iris Brey et Juliet Drouar.
Dans ce passage de l’émission, voici ce que disent deux autres invité.e.s.
Laurence Devillairs y parle du fait que la famille est maintenant, comme les autres institutions, interrogée par le processus démocratique. Ainsi ne peut-elle plus être une « zone opaque et de non-droit » institutionnel et éthique. Et elle insiste sur le fait que les pouvoirs publics doivent mettre les moyens financiers pour qu’ait lieu une telle lutte contre l’inceste – mais aussi contre les violences sexistes et sexuelles.
Youssef Badr y parle du terrible conflit de loyauté dans lesquels sont pris les enfants incestés, quand ils dénoncent leurs parents ayant réalisé des agressions sexuelles sur eux, ou silencié celles-ci.
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Bibliographie :
Iris Brey et Juliet Drouar (dir.), La culture de l’inceste, Seuil, 2022.
Dorothée Dussy, Le berceau des dominations : anthropologie de l’inceste, Pocket, 2021, texte de 2013.
Laurence Duvillairs, Vengeance. Le droit de ne pas pardonner, Stock, 2026.
Camille Kouchner, La Familia grande, Seui, 2021.
Romain Lemire, Clément, Le Cherche Midi, 2026.
Eva Thomas, Le sang des mots : les victimes, l’inceste et la loi, Desclée de Brouwer, 2021.
Marine Turchi, Faute de preuves, Seuil, 2021.
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Pour notre part, nous parlerons de ces questions au séminaire « La psychanalyse face aux maltraitances, aux violences sexuelles et de genre, et à l’inceste » (« Freud à son époque et aujourd’hui », FEDEPSY) :
